Tu comprends enfin ce que tu viens faire là. Oui coco, tu as été arrêté. Tu es méchant et tu es considéré comme un fou par la plupart des « gens du dehors » comme on les appelle ici. Mais ne t’inquiète pas. Méchant ? On l’est tous ici ! Fou ? Hum, je pourrais te dire pareil mais certain tenteront de te persuader qu’ils ont un mental sain… Bienvenue à Alvena mon mignon ! Je suis Monsieur le Directeur et je t’interdis de m’appeler autrement. Je suis le maître dans cette prison, et je me dois de t’informer de certaines choses. Ici ne sont enfermésque des hommes. Les motifs de leur présence sont divers et variés mais pas leur sexe. Même si la plupart des membres du personnel sont des femmes, attends toi à ne prendre la douche qu’avec des réservoirs de testostérone ! Bon je t’avoue qu’on est au XXIeme siècle, la loi sur l’homosexualité est passée,ça devrait t’éclairer sur l’orientation sexuelle de la plupart des détenus…

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Engel Blass ▬ You're way too young to be broken.

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MessageSujet: Engel Blass ▬ You're way too young to be broken. Sam 22 Nov - 21:52






let's play a little drinking game ;


▲▼

INFO Ϟ Engel c'est une gueule d'ange paumée, violente, énervée. Qui a besoin d'aide, c'est sûr - et qui n'en trouvera probablement pas ici.

ACCUSE DE Ϟ Possession de stupéfiants ; tentative d'homicide.
NOM Ϟ Blass.
PRENOM Ϟ Engel.

AGE Ϟ 19 ans.
NATIONALITE Ϟ Français ; d'origine allemande.
ORIENTATION Ϟ Hétérosexuel.

Incarcéré depuis.. Ϟ Un mois.
Incarcéré pendant Ϟ Perpétuité.
GROUPE Ϟ Détenu.
CAPACITÉS Ϟ Blassy sait se battre à mains nues, quoi qu'il préfère taper sur plus faible et plus petit que lui. Pour autant, il ne se laissera pas faire si on l'ennuie. Il donnerait n'importe quoi pour une cigarette, sinon.

it's one drink for everytime ;


Engel est un gamin paumé. Rien de plus. S'il avait eu des parents aimants et une famille fonctionnelle, sûrement serait-il devenu l'ado le plus gentil qui soit ; un peu désabusé certes, mais pas méchant du tout. Sauf que la vie en a décidé autrement. Sauf qu'Engel s'est drogué. Sauf qu'Engel s'est mis à boire et à se battre et à entraîner sa seule amie au monde dans ses conneries. Alors forcément, ça a mal fini. Ça ne pouvait pas se passer autrement, hein, franchement. Il a dégringolé la pente jusqu'en bas et les portes de la prison se sont refermées sur lui. Maintenant il est dans une sacré merde et c'est tant pis pour lui.
Blassy, c'est un adolescent violent. Il aime taper pour se calmer, pour le plaisir ou juste parce qu'il n'a rien d'autre à faire. Il s'en prend généralement à plus petit et plus faible que lui et n'a pas peur de se faire traiter d'enfoiré pour ça ; il prend ce qui l'arrange et laisse le reste à la benne. Opportuniste à la manque, il va là où il veut aller et déteste qu'on s'en prenne à sa liberté – que ce soit d'agir ou de penser. Il n'a rien d'un enfant et sait parfaitement comment marche la société, aussi n'hésitera-t-il pas à faire quelques sacrifices s'ils peuvent lui apporter des choses dont il a besoin. Avec des limites, bien sûr. Ce n'est pas un mec qui dira oui et Amen à tout et n'importe quoi – bien au contraire. Il gueule pour un oui pour un non, essaie de se faire respecter, s'en fout de s'en prendre à des caïds pourvu que ça lui fasse du bien à la fierté et à l'ego. C'est un peu un suicidaire raté, si on veut.  Il veut vivre mais ne sait clairement pas comment s'y prendre pour ça. Sûr qu'aller provoquer des mecs qui font vingt centimètres de plus que lui c'est clairement la meilleure idée qui soit pour vivre vieux et heureux.
Quoi qu'il en soit, Engel c'est aussi un garçon qui n'a rien d'un violent tueur en série ; il sait se montrer gentil, compréhensif, parfois. Il aide ceux qui lui ressemblent et ne crache pas sur les mains tendues pourvu que ce soit fait de façon à ménager sa fierté. C'est également quelqu'un d'assez droit, qui ment peu et n'aime pas le faire. Uniquement des petits mensonges, des mensonges pieux, des mensonges censés aider et non faire mal.
Mais surtout, Engel est solide comme un roc. Peu importe à quel point il tombe, il se relèvera toujours. Toujours.
Engel est, comme son nom l'indique joyeusement, une petite gueule d'ange. Un mètre soixante treize pour quelques soixante kilos, cheveux blonds coupés courts sur l'arrière avec un peu de longueur sur le front, grands yeux bleus... Pour sûr, on a envie de dire qu'il est mignon plutôt que beau. Il fait à peine son âge et cela lui a plusieurs fois causés des ennuis ; ironique sachant qu'avant il faisait deux, voire trois ans de plus que ses treize ou quatorze ans. La roue tourne, comme on dit.
C'est un garçon à la carrure fragile, pas franchement impressionnante malgré les muscles secs que l'on peut deviner sous ses manches longues – il ne porte quasiment que ça, dès qu'il en a l'occasion ; généralement, on ne le prend pas franchement au sérieux avant de s'être pris ses phalanges osseuses dans la mâchoire. Il a le corps élancé, fin, avec des épaules et des hanches plutôt étroites. On ne peut pas dire que ce soit un modèle de musculature ou quoi, aucun doute là-dessus. C'est que même s'il est rapide et plutôt agile, le garçon fatigue vite et n'a pas une très bonne endurance : d'autant plus que s'il se retrouve en face à face avec quelqu'un de plus grand et plus lourd que lui, il n'a pas grandes chances de s'en tirer indemne non plus.
Pourtant, son joli visage, il y tient. Son menton est fin et volontaire, sa mâchoire peu marquée et plutôt discrète : elle s'imbrique dans l'alignement de son visage sans faire de fausses notes. Son nez est assez long, droit, légèrement recourbé sur le bout. Il a des yeux que l'on pourrait qualifier de grands sans que ce soit particulièrement notable pour autant ; bleu ciel, ils sont surmontés de cils épais qui lui confèrent un regard assez doux – vite contrecarré par ses sourcils blonds, toujours un peu froncés. Son expression au naturelle est celle de quelqu'un de blasé, désintéressé, qui n'en a pas grand chose à faire de grand monde. Sa tignasse blonde, rarement très bien entretenue, tombe en mèches rebelles sur son front. Ternes, ses cheveux n'ont jamais eu les soins qu'ils auraient mérité ; de fait, ils ne sont pas aussi beaux qu'ils pourraient l'être. A priori, ce n'est pas prêt de changer.  Notons également quelques cicatrices, notamment sur les mains et au niveau des chevilles. A force de frapper ou de se défendre bêtement en levant les bras, il s'est pris quelques méchants coup de verre cassé ou autres bêtises qui ont laissé de petites marques. Rien de bien grave, heureusement ; ça ne le défigure pas pour autant. Mais bon. Les coups de poings dans les miroirs, par exemple, ça ne pardonne pas.
▲▼



You're way too young to be broken,
You're way too young to fall apart.

« Alors, paraît que t'es un mauvais garçon? »

Engel détourna vaguement son regard vers la fille. La détailla de haut en bas, et se remit à contempler le vide. Examen passé, terminé. Raté ? Difficile à dire. En tout cas elle a été jugée, la petite. Elle l'a vu à la façon dont il l'a regardée, à son regard froid et perçant. Mais elle se démonte pas. Elle reste plantée là, le sourire aux lèvres, comme si elle s'attendait à recevoir une merveilleuse nouvelle. Ça énerve Engel, cette présence, là, tout près de lui, alors il tique de la lèvre. Il pourrait lui dire de se casser, mais... nah. Il sait comment marchent ces gens-là. Donnez leur ce qu'ils veulent et ils vous foutent la paix.

Il tira une bouffée de sa cigarette, souffla la fumée dans l'air froid de ce mois de janvier.

« Peut-être bien. Ça dépend de ta définition du terme. »

Les mots sont tellement vagues. Et lui, il n'aimait pas les mots. Il les savait traîtres. C'était tellement facile, tellement simple de leur donner le sens que l'on voulait ; les actions parlaient pour elles-même, au moins. Il préférait ça.

« Du genre pas fréquentable. Les gens pas fréquentables disent que t'es pas fréquentable. Les autres disent le contraire, par contre. Je trouve ça marrant. »

Inutile, inutile, inutile. Il inspira une nouvelle bouffée, savoura la sensation, inhala le poison sans se préoccuper de ses pauvres poumons. Il prend son temps, Engel. Il est jamais pressé. Il est là, adossé à un mur, son casque autour de son cou, une clope à la main, comme s'il était seul au monde. Et s'il y avait pas eu cet air désabusé sur son visage, on aurait pu lui donner seize ans et dire qu'il était un petit gars bien tranquille, en train de fumer pour se déstresser, pour oublier les cours – qu'il devait réviser correctement, à tous les coups. Les beaux cheveux blonds, le visage fin, presque androgyne, les grands yeux très clairs, ça pardonne pas. S'il avait été brun, grand, peut-être qu'on aurait pensé qu'il était pas clair, pas du genre sympa et sociable. Mais il était mignon, et voilà.

C'était pratique, parfois. Comme ça, on lui posait pas de questions. On lui fichait la paix. Il avait qu'à sourire et faire semblant de rien, et on faisait même pas attention à lui. D'un autre côté, si ça s'était vu, qu'il avait des problèmes, on aurait pu l'aider.

Mais voilà, Engel a treize ans tout juste, et il veut de l'aide de personne.

« Eh ben certains doivent mentir.
-Sûrement, sûrement. Moi c'est Leila. Toi ?

-Engel.

-Oh, ça fait un peu étranger. Non ?

-Ouais. Peut-être. »

Il repose ses yeux bleus, fatigués, sur la fille qui se tient devant lui. Plus vieille que lui, sans aucun doute, mais ça ne se voit pas franchement. Parce qu'il a grandi vite et fait plus que son âge, parce qu'elle est au contraire plutôt petite. Il lui donne quinze ans à tout casser. Pas particulièrement jolie, pas laide non plus. Et elle a l'air d'y tenir, à sa conversation, en plus. Allez savoir pourquoi, allez savoir comment, mais ses yeux trop maquillés et sa bouille un peu ronde lui semblent sympathique. Les opposés s'attirent, comme on dit. Dans ce cas, la formule exacte serait 'se supportent'.
Il se redresse, dit rien quand la fille le suit. Si ça l'amuse de le suivre partout en espérant faire ami-ami il va pas casser sa joie, hein ?

Jumping off of the edge or asleep in your head,
Everything's turning dark to you.

« Ta mère est où, hm?

-Aucune idée. Elle doit se saouler dans un coin.

-Et... Ton père?

-Au travail. Il rentre le week-end. Tu vois, genre.

-Ah. Genre, okay. »

Engel, allongé sur son lit, observe le plafond d'un œil las. Il laisse Leila parcourir sa chambre de long en large, ne dit rien quand elle soulève les quelques bricoles qui reposent sur son bureau. De toute façon, il a pas grand chose à cacher. Rien qu'elle aurait envie d'aller raconter, en tout cas. Quel ado normalement constitué irait prévenir la police pour deux trois paquets de clopes, et quelques cigarettes contenant potentiellement autre chose que du tabac ? Aucun. Zéro. Elle fronce les sourcils de temps en temps, mais finit par hausser les épaules et passe à autre chose.
Le lit grince quand elle s'assoit à côté de lui sur le matelas. Lui ne bouge pas.

Finalement, sa vie aurait pu tenir dans ces deux phrases toutes bêtes. Ma mère se saoule dans un coin. Mon père rentre que le week-end. Il essayait de se souvenir, parfois, comment c'était avant ; parce qu'évidemment, comme pour tout, il y avait un 'avant' et un 'après'. Quand il était encore petit, ses parents s'entendaient à la perfection et s'occupaient bien de lui. Et puis, il ne savait pas trop quand, il ne savait pas trop pourquoi, sa mère avait commencé à boire. Elle avait arrêté de voir ses amies, elle avait commencé à crier sans raison. Elle et son père avaient commencé à s'engueuler régulièrement, et si au début ils faisaient attention à ne pas le faire devant lui, ils avaient bien vite abandonné. Et depuis, maman continuait de boire, papa continuait d'éviter le sujet. Il s'en foutait. Il faisait comme si de rien n'était. Au lieu d'essayer d'arranger les choses. Ben tiens. C'était tellement plus simple, de fuir.

En attendant, celui qui souffrait dans l'histoire, c'était Engel. Le beau petit gamin tout blond, adorable, qui avait commencé à écouter la musique à fond pour plus entendre ses parents crier. Qui n'en pouvait plus de devoir revenir de l'école en marchant parce que sa mère était trop bourrée pour conduire et se rappeler de son existence. Qui avait dû très tôt apprendre à faire réchauffer des trucs au micro-onde, parce qu'elle faisait à manger qu'une fois sur deux. Le mignon petit chérubin dont les notes avaient commencé à chuter très tôt. Qui avait commencé à fumer à douze ans. Qui ne disait pas non contre un joint de temps en temps.

Qui, en bref, dérivait sans que personne s'en soucie.

« En tout cas elle est sympa, ta chambre.

-Te fatigue pas.

-T'as raison. Elle est horrible et impersonnelle, ta piaule. Je vais t'aider à arranger ça. Allez, bouge toi, Blassy. Faut pas se laisser abattre. »

It's on the tip of my tongue,
You know you're way too young to have someone lie to you.

Le plan de Leila, la jolie Leila qui respirait la joie de vivre et le chocolat, c'était de remettre Engel d'aplomb, de lui faire prendre un nouveau départ. Il l'entendait sans vraiment l'écouter, comme on prête une oreille distraite aux paroles d'un enfant qui vous explique qu'il va inventer une machine à remonter le temps. Il y croyait pas vraiment, et avait pas spécialement envie de s'y mettre non plus. Il était bien, là, dans son état semi-apathique, à regarder le plafond et le ciel sans penser à quoi que ce soit, à se défoncer et à rire bêtement pour le reste de la soirée.
Sa mère le faisait bien, elle. Chacun son truc. Si elle buvait en cachette dans la cuisine, il avait qu'à fumer discrètement dans sa chambre, et quand elle lui crierait dessus sans raison, lui il rirait comme le dernier des arriéré. C'était parfait. Et quand papa rentre, le week-end, personne boit et tout le monde joue à la famille parfaite. Merci de ta présence, papa, t'es d'une grande aide, sérieux. Ta femme boit et ton fils se défonce avec ta paye, bravo.

« Écoute, la ferme. »

Le ton désagréable et ferme du blond ferma la bouche de Leila, ne serait-ce que quelques secondes. Il l'avait blessé, mais là, il en avait rien à foutre.

« On se connaît depuis..., allez, cinq mois ? Maxi. Tu me connais pas. Va jouer au bon samaritain ailleurs, tu me les brise.

-Mais... !

-La.ferme.Leila. »

Les larmes lui montèrent aux yeux. Il la regarda sans rien dire. Il s'en fichait. Et plus que les larmes de sa seule amie, ce fut cette pensée qui lui donna la nausée. Il n'en avait vraiment, profondément, réellement, strictement rien à faire qu'elle pleure.

« T'es injuste avec moi. Je suis aussi paumée que toi, je te signale ! Sauf que moi, au moins, j'essaye de m'en sortir !

-J'ai pas envie de m'en sortir, répondit-il dans un haussement d'épaule nonchalant. Je me sens très bien comme je suis. »

Il commença à s'en aller, abandonnant la brune, perdue et hébétée, sur le trottoir. Elle ne mit pas longtemps à le rattraper, et se plaça à côté de lui. Ses yeux auraient pu lancer des éclairs, ça ne l'aurait même pas étonné. Et là, elle saisit son bras. Pas violemment, même pas méchamment. Juste pour le forcer à s'arrêter, parce qu'elle savait que c'était pas le lui demander qui aurait servi à quelque chose. Sa réaction fut vive, nette et précise. Il attrapa son poignet de sa main libre, et serra. Serra, serra, serra, serra. Jusqu'à ce qu'elle n'émette d'incohérents petits bruits plaintifs.

« Ne.me.touche.jamais. Sans mon accord. Compris ? »

Elle acquiesça, il lâcha. La marque de ses doigts s'était imprimée sur sa peau claire, et cette fois les larmes roulèrent le long de ses joues rondes.

« Tu me connais pas, répéta-t-il calmement. Je t'assure. Tu me connais pas. »

It was the second I lit your first cigarette,
I forget who you used to be.

Il voyait Leila de temps en temps, en semaine. Et puis le week-end, des fois, quand elle arrivait chez lui ou qu'ils se croisaient en ville. Alors, même si elle ne semblait pas s'en rendre compte, elle ne pouvait pas prétendre le connaître. Impossible. Personne ne connaît personne, et personne ne connaît Engel.

Les types de sa classe vous diraient que c'est un mec un peu solitaire, mais pas méchant. Dans la lune, sans arrêt, et assez moyen en classe. Rien de bien particulier à son sujet, quoi.

D'autres types, mais faudrait déjà que vous cherchiez plus loin, vous diraient que c'est un mec paumé. Qui se donne des airs alors qu'en fait, il fait que traîner seul et fumer un truc ou un autre. Qu'il a des problèmes dans la vie, ça c'est clair, mais qu'il est pas du genre à s'épancher. Alors ils en savent pas plus.

Et puis quelques uns, quelques unes, pourraient vous dire que c'est quelqu'un de violent, d'instable, qui arrive autant à se contrôler lui-même que sa vie. A savoir : pas du tout, ou en tout cas très mal. Mieux vaut pas l'énerver, hein. On sait jamais. Il a beau avoir quatorze ans et des poussières et stagner à un mètre soixante treize, il est pas inoffensif non plus.

En somme, personne ne le connaissait complètement. Ses parents pensaient qu'il était un peu perturbé, mais que ça n'avait rien d'anormal vu la situation et son âge, la crise d'adolescence, tout ça. Hormis eux et Leila, il n'était proche de personne. De vagues connaissances au niveau scolaire, quelques mecs avec qui il allait fumer de temps en temps. Rien d'extraordinaire. Pas de quoi alerter la police ou les services sociaux. Parce que quand il s'énerve il frappe les murs ou les poubelles, et que même si ça arrive de plus en plus souvent personne le remarque vraiment. Peut-être que, dans le fond, si quelqu'un s'était rendu compte qu'il commençait à partir dans une direction sérieusement nulle, il aurait encore été temps de l'aider à se remettre sur le droit chemin.

Mais non. Lui et sa gueule d'Ange passent inaperçu, et personne s'inquiète. A part peut-être Leila. Mais elle le suit partout, elle l'imite trop, et il sait que c'est mauvais. Elle passe de plus en plus de temps chez lui, elle parle de ses parents, qui divorcent, elle parle de sa petite sœur tellement mieux qu'elle, elle lui explique qu'il est sûrement la seule personne au monde qui la comprenne.
Et lui il acquiesce, cet idiot, il enfonce le clou. Il lui tend une cigarette, il regarde la fumée sortir de sa bouche dans un volute de fumée blanche. Il l'écoute rire quand il décide de partager un joint avec elle, il lui sert un verre pour fêter des conneries.
Elle arrête définitivement d'essayer de le 'sortir de là', et préfère visiblement le rejoindre dans son trou.

And I bit my lip, the second you sipped,
The poison that was mixed for me.

« T'as vu ? Il a cru que j'étais ta copine ! Alors moi, bah, je lui ait dit carrément pas, tu vois, on est juste un genre de... de comment tu dis, déjà ? Enfin bref! »

Elle glousse bêtement, et il lui sourit en réponse. Son bras autour de sa taille, il l’entraîne à travers la salle bondée. Elle est obligé de crier pour se faire entendre par-dessus la musique de la fête, il est obligé de se concentrer pour entendre ce qu'elle dit. Mais dans le fond, ça n'a aucune importance. Rien n'a d'importance. Comme Engel se plaît à le dire, tout est inutile. Inutile, inutile, inutile. Alors pourquoi se prendre la tête?

Il a quinze ans, maintenant, et Leila en a dix-sept. Son corps semble fermement décidé à ne plus grandir, et lui qui était parmi les plus grands étant plus jeune, il commence à se plaindre de l'inverse. Il est toujours aussi mince, toujours aussi mignon, toujours aussi las et instable. Leila, elle, a perdu du poids. Beaucoup de poids. Ses joues rondes sont maintenant légèrement creusées, et sous son maquillage n'importe qui pourrait voir les traces de la fatigue. Ça fait rien, il l'aime bien comme ça aussi.
Ils couchent ensemble, de temps en temps, mais c'est rien de sérieux. Ça leur fait oublier leurs vies pourries, leurs résultats nuls et le monde qui s'écroule sous eux. Ça, et l'alcool. Ses parents commencent à sérieusement s'inquiéter à son propos, mais il s'en moque complètement. Il les envoie paître. Sa mère, qui essaie d'arrêter de boire, son père, qui rentre plus souvent. Tout le monde, ils peuvent tous aller se faire voir.

Son esprit vogue en électron libre quelques secondes, et quand il se reprend Leila n'est plus là. Envolée, disparue. Il la retrouve plus loin, en train de parler avec un garçon, dans le fond de la salle. Il s'approche tranquillement, adresse un signe de la main à son amie, envoie une droite au garçon, qui se retrouve par terre. Lui met un coup de pied, histoire de, attrape la main de la brune et se barre avec elle, en courant, en riant.

« Attend, Engel, attend, je me sens mal, attend. S'il te plaît. »

Il s'en fiche de foutre sa vie en l'air. Mais quand il la voit être prise de haut-le-cœur, comme ça, dans ces vêtements qui n'auraient pas dû lui ressembler, avec ses jambes trop minces, il sent comme une vague pointe de culpabilité l'envahir.

I know it might seem frightening
To have the world fall apart right under your shoes.
I know, cause I've been there too.

Et puis ça a dérapé.
Ça devait déraper.
C'est pas comme s'il aurait pu vivre comme ça une éternité, hein.
La drogue, les coups à la tire, tout ça.
Frapper les autres quand il sait qu'il a l'avantage, aller en cours après avoir fumé un peu plus que du tabac.
Ça devait déraper, forcément.

Ses parents commençaient à se méfier. Ils avaient bien compris qu'il ne faisait plus aucun effort à l'école, et en avaient marre de le voir revenir dans un état pas possible – quand il revenait – les soirs où il aurait dû rester chez lui. Ils avaient parlé avec les parents de Leila, aussi. Pour faire le point, trouver quelque chose pour aider leurs enfants. Ils eurent l'interdiction formelle de se revoir. Plus le droit, interdit. Mauvaise influence l'un sur l'autre, apparemment. N'importe quoi.
Alors un soir, il décida d'aller chez elle quand même, histoire de. Si c'était lui qui avait bousillé sa vie, comme l'avaient si bien dit ses parents, il devait avoir le droit de s'expliquer avec elle, alors. Au moins ça. Il se rend chez elle en catimini, discrètement, lance un caillou à sa fenêtre, comme dans les vieux films. Elle lui ouvre, et son visage s'illumine instantanément d'un sourire. Elle referme. Une seconde plus tard, elle est dehors. Il la serre contre elle, maladroitement, attrape sa main pour aller parler plus loin. Et puis là, c'est la cata. Voilà Miss Monde qui sort, qui les rejoint sur le trottoir. Qui menace d'appeler ses parents, qui l'insulte, qui l'accuse d'avoir changé sa sœur. Et puis c'est Leila qui se met à insulter Miss Monde, et puis ça commence à crier, tout ça.
Il vous dirait sûrement qu'il a craqué, qu'il sait pas, qu'il a pas réfléchi, qu'il a pas fait exprès. Toujours est-il que, en un quart de seconde, il attrape la fille par les épaules, la pousse sur la route.
Et bam. Un aller simple pour Alvena.

Parce que, évidemment, il fallait que ses parents sortent à ce moment-là. Et il fallait que la fille se fasse faucher par une voiture.

Évidemment.




you've made me go insane.

PSEUDO Ϟ Nii'
AGE Ϟ20 ans.

J'AI CONNU LE FORUM Ϟ Partenariat o/

AVATAR Ϟ Happy Tree Friends | Cuddles | Engel Blass
LE MOT DE LA FIN Ϟ LOLILOL. PATATE.



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Dernière édition par Engel Blass le Dim 23 Nov - 20:49, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Engel Blass ▬ You're way too young to be broken. Dim 23 Nov - 18:01

Hey ^^ pour te valider faudra juste que tu remplisses la case "durée d'incarcération" =)

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MessageSujet: Re: Engel Blass ▬ You're way too young to be broken. Dim 23 Nov - 20:32

Oups, léger oubli. Voilà, c'est fait ♥

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MessageSujet: Re: Engel Blass ▬ You're way too young to be broken. Dim 23 Nov - 20:46

Bienvenue en tout cas :O

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MessageSujet: Re: Engel Blass ▬ You're way too young to be broken. Dim 23 Nov - 21:00



Bonjour/Bonsoir,

Félicitations ! Tu es validé Engel Blass! Tu es placé dans la cellule O#002
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MessageSujet: Re: Engel Blass ▬ You're way too young to be broken.

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