Tu comprends enfin ce que tu viens faire là. Oui coco, tu as été arrêté. Tu es méchant et tu es considéré comme un fou par la plupart des « gens du dehors » comme on les appelle ici. Mais ne t’inquiète pas. Méchant ? On l’est tous ici ! Fou ? Hum, je pourrais te dire pareil mais certain tenteront de te persuader qu’ils ont un mental sain… Bienvenue à Alvena mon mignon ! Je suis Monsieur le Directeur et je t’interdis de m’appeler autrement. Je suis le maître dans cette prison, et je me dois de t’informer de certaines choses. Ici ne sont enfermésque des hommes. Les motifs de leur présence sont divers et variés mais pas leur sexe. Même si la plupart des membres du personnel sont des femmes, attends toi à ne prendre la douche qu’avec des réservoirs de testostérone ! Bon je t’avoue qu’on est au XXIeme siècle, la loi sur l’homosexualité est passée,ça devrait t’éclairer sur l’orientation sexuelle de la plupart des détenus…

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Safe and washable [Pv Aleksandr]

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MessageSujet: Safe and washable [Pv Aleksandr] Ven 21 Nov - 23:10

  • Une envie de vomir te prenait, violente, affreuse, intense. Tu avais envie de disparaître, de t’enraciner dans la terre, de cesser d’exister pendant quelque instant. Tu ne supportais plus rien, rien autour de toi. Ni le moindre bruit, ni la moindre personne. Ces bruits autour de toi contrastant avec le silence d’autre fois te déchiraient les tympans, ils étaient violents, un peu comme si l’on avait enfermé une mouche dans ta boite crânienne. Ça bourdonnait, ça piquait, ça t’agaçait. Tu voulus te débarrasser de ce trop de bruits autour de toi, te lever, leurs crier de tous se taire, de fermer la gueule car tu avais besoin du silence, car tu t’étais habituer à lui comme on s’habitue aux médicaments que l’on doit prendre. La dernière semaine avait été très dure pour toi, tu t’en rappelais comme si elle datait de plusieurs années lumières. Une semaine te séparant de ta liberté, la semaine passée tu rodais encore dans les rues comme un bohémien, et aujourd’hui…Aujourd’hui regardes toi. Tu avais perdu la notion du temps, ce n’étais peut être même pas une semaine, ça aurait pu être des années que ça aurait été pareil. Tu te rappelais des évènements passés comme on se rappelle d’un rêve, avec cette petite surprise et incrédulité. C’était-il y’a quelques jours, on t’avait enfermé en cellule d’isolement. Pourquoi ? Parce que tu avais battu un autre prisonnier. Toi, Draco, Toi qui n’avais jamais écrasé un escargot sur ta route, toi qui préférais qu’on lui fasse mal à le faire, tu avais frappé un autre. Pourquoi avais-tu fais ça ? Car il t’avait traité de fils de pute sans savoir que tu l’étais vraiment ? Pourquoi est ce que ça t’avais énervé ? Tu n’as jamais aimé ta mère –en apparence- qu’on t’insulte ne te dérangeait pas, peut être que tu le cherchais au fond ? Tu avais peur de ce que tu devenais, c’était peut-être de l’influence ou de je-ne-sais-quoi. Mais c’était foutrement effrayant, c’était vraiment vraiment effrayant, tu avais peur de ce que tu devenais. Tu avais peur que cet endroit te changes, tu t’accrochais comme à un mince fil d’espoir. Tu avais peur de faire naufrage, tu avais besoin d’une accroche pour ne pas sombrer. Étais-ce trop tard ?

    Tu étais là, plateau en face de toi, la nourriture dégueulasse de la prison te donnait la gerbe. Tu avais perdu énormément de poids, même si tu étais déjà maigre. Sous tes yeux d’énormes cernes violacés avaient pris place, comme signant tes nombreuses nuits d’insomnie. Tu ne trouvais pas le sommeil, tes pensées te tenaient debout. Ces voix dans ta tête ne cessaient pas de te faire culpabiliser, de te tuer à petit feu de l’intérieur, de te détruire. Tu essayais de lutter, tu avais bon te boucher les oreilles, ça n’y faisait rien, c’était ton cerveau qu’il fallait boucher.

    « T’es qu’une mauviette toi au fait, hein ? »

    Ouai, j’suis une mauviette, j’suis même pas capable de contrôler mes pensées, et puis merde, j’en ai vraiment marre de cet endroit !


    La lumière t’agressait les paupières, tu avais du mal à regarder autour de toi, tu ne le fis pas. Tu étais assis, seul dans la cantine. Tu n’avais pas envie de manger et pourtant tu plongeais ta fourchette dans la nourriture suspecte. Ton visage était encore plus pâle que d’habitude, tes cheveux, tu les avais coupés plus courts ce matin, ils t’énervaient à virer au blond/gris comme ça. Les cheveux comme ça, le regard un peu plus vide, tout ça te donnait un air plus vieux qui ne t’allait pas si mal.

    Tu soupirais, passa une main dans tes cheveux l’air agacé, tu voulais qu’on te fiche la paix, arrêter de réfléchir, mais ce n’était pas gagné. Pendant ton séjour dans la cellule individuelle tu avais cru que tes pensées allaient te tuer, c’était incroyable que tu sois ici, là. Tu n’y croyais vraiment pas, c’était comme un rêve.

    Tu regardais ton plateau avec dégoût, avant de déposer la cuillère sur la table, décidément , tu n’étais pas d’humeur à manger.

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MessageSujet: Re: Safe and washable [Pv Aleksandr] Sam 22 Nov - 19:01

On va manger? J'crève la dalle là!

Okay.

Perso, ça m'arrangeait, j'étais en train de me faire laminer. Troisième partie que je perdais, je n'étais pas en veine aujourd'hui, encore heureux qu'on ne jouait pas pour de l'argent. Les cartes disparurent dans la poche de Olaf tandis qu'on se levait et tous les cinq on se dirigea vers la cantine en se chambrant.
Elle bien remplie, une fois nos plateaux remplis on fouilla la sale du regard un endroit où on aurait la paix. Et mes yeux tombèrent sur une table quasiment vide, si on exceptait le mec esseulé au bout. Du fait du changement de coupe, il me fallut quelques secondes pour reconnaître BB. Je fus content de le voir, vraiment, j'savais qu'il avait passé quelques jours au cachot, pour une baston en plus j'aurais adoré voir çà, mais j'ignorais quand ils le laisseraient sortir. Pas qu'il m'est manqué. Enfin si peut-être un peu.

D'un pas décidé qui obligea les autres à me suivre, je me dirigeais vers la table, posant mon plateau en un grand bruit sur la place d'en face, lui faisant lever la tête. Oh shit. Un sourire railleur n'atteignant pas mes yeux froids sur les lèvres, je m'exclamais :

Hello Draco! C'était sympa la cellule d'isolement?

Il était là depuis une semaine, une pauvre PUTAIN de semaine mais à le voir, ça aurait pu être des siècles. Sérieux, je me demandais comment il tenait encore debout, c'était plus qu'un sac d'os sans vie. J'reconnaissais plus le garçon qui s'était endormi dans mes bras dans cette pâle copie plus grise et moins bleue, sauf que si, il c'était lui, il avait toujours ce truc qui m'attirait comme un papillon l'était par la lumière grésillante des néons. Il fallait juste le réanimer et c'était à moi de m'y collait car personne d'autre ne le ferait. Ça m'ennuierait qu'il se perde définitivement à l'intérieur du vide que reflétait ses yeux.

Sans attendre sa réponse, je m'avachis sur la chaise, cette armoire à glace d'Olaf prit celle à côté de la mienne. Mes camarade regardaient Blue Boy avec curiosité, ils devaient se demander ce que je lui trouvais. Question intéressante. Je piochais un aliment non identifié du bout de ma fourchette, le mâchonnant sans enthousiaste. Mouais, les cuisiniers avaient réussi leur mission, faire quelque chose de mangeable et de consistant mais pour le goût, on repassera. Olaf, fidèle à lui-même, ne put s'empêcher de faire une remarque très spirituelle. Les marques que m'avaient laissé le brun ne lui avait pas échappé:

Fallait le dire que t'étais désespéré à ce point-là, j'serai ravi de m'occuper de ton cul.

Soyez cool avec lui, il vient d'arriver et se demande encore ce qu'il fout ici. Et Olaf... va te faire foutre bien profond.

Mais quand tu veux Sacha!

Il réussit à m'arracher un sourire amusé et je me sentis moins en rogne contre cet abruti qui avait l'air d'avoir déjà abandonné. Les laissant se marrer, je me penchais vers Draco pour que lui seul entende:

Mange, j'voudrais pas avoir à te nourrir à la cuillère. Je me redressais, continuant moins sérieusement, avec un sourire de nouveau ironique: Tu m'avais caché que t'étais un vrai dur, j'te laisse seul et tu te fais une baston sans m'inviter, c'est pas sympa.

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MessageSujet: Re: Safe and washable [Pv Aleksandr] Dim 23 Nov - 1:30

  • Puis, tes yeux avaient croisés les siens.

    Sur le coup, tu n’avais pas compris, peut être que tu ne l’avais même pas reconnu, qui sait. Tu étais dans une sorte de bulle et elle avait explosé, comme ça, ploc. Un bruit désagréable de plateau, qui heurte la table avec fracas, qui se pose et qui te fais lever la tête par reflexe. Et pourtant, tout à l’heure, tes reflexes avaient été comme alourdis, lents, morts. Tes gestes te semblaient irréels, différents, comme si la manière dont tu tenais la fourchette et le couteau avait un quelconque secret. Les sons prenaient du temps à atteindre tes oreilles que le silence avait meurtris, les images défilaient lentement sous tes yeux que la lumière agressait et la nourriture n’avait plus aucun goût. Ou peut être qu’elle n’a jamais eu de goût dans cette satanée prison que tu haïssais tant. Tu voulais te réveiller de ce mauvais rêve, de ce cauchemar dans lequel tu étais coincé, tu avais encore un peu d’espoir, mais le réveil tardait à venir et ça te mettais hors de toi. Là, ici, face à toi, Sacha te semblait irréel. Ses yeux bleus étaient irréels, ils étaient étranges, ils étaient touchants, ils secouaient quelque chose à l’intérieur de toi et tu ne savais quoi. Pour une fois, tu ne baissais pas les yeux, tu soutenais ce regard alors qu’un sourire s’était dessiné sur ses lèvres. Ce sourire, putain que tu l’aimais et que tu le détestais à la fois. Tu avais envie qu’il cesse, qu’il cesse de sourire, de capturer le moment présent. Tu avais envie de te lever, de t’en aller, de te casser, de ne plus le voir car ça provoquait ce trop d’émotions à l’intérieur de toi et que tu ne savais les gérer. Mais tu ne fis rien de ça, tu restais planté dans ton siège alors qu’il prenait son aise, alors qu’il avait cet air narquois collé au visage. Toi, tu avais ce regard agressif, un peu comme un chat, tu étais différent, énormément. Le petit Draco apeuré s’était évaporé, laissant place à un garçon froid au teint livide et aux yeux vides. Et pourtant, quelque chose s’était remuée quand l’océan de tes yeux rencontra les siens. Un spectre, un fantôme oublié, quelque chose d’indécent. Puis, il y’avait eu sa voix, tu sais, celle que tu connais si bien, celle qui te faisait frémir. Elle avait quelque chose de sexuel, c’était étrange, mais ça sonnait tellement sexuel à tes oreilles, tu ne savais pas pourquoi, sa voix te faisait rougir jusqu’aux oreilles malgré ton air encore blasé. Puis, il y’avait le message, cette putain d’ironie. Tu ne savais pas quoi répondre, alors tu ne dis rien, tu te tus. Tu n’aurais jamais cru que l’information se répandra aussi vite, mais que veux tu, ici on est à Alvena. Il te fallut un peu de temps pour réaliser les quatre corps étrangers à coté de Sacha. Tu les vis prendre place, tu ne résistais pas, même si tu étais très mal à l’aise. Tu ne savais pas qu’Aleks était quelqu’un de sociable. Tu te fis tout petit dans ta chaise, comme un peu désolé d’existé, comme si tu gênais et pourtant, c’était lui qui était venu.

    -Ah, Aleksandr.

    C’était la première fois que tu disais tout son prénom, comme ça. C’était un mélange entre de la surprise et on ne sait quoi. Tu étais heureux de le revoir, tu ne pouvais t’empêcher de le regarder, tu le trouvais encore plus beau, bordel. Tu avais pensé à lui souvent quand tu étais en cellule d’isolement, tu t’étais même branlé en pensant à lui, mais ça, c’était un secret et il ne fallait pas le dire. Tu sentais les petits camarades d’Aleks te regarder, et cela t’énervait, tu ne supportais pas qu’on te regarde comme si tu n’étais qu’un monstre de foire, comme si tu n’étais qu’un meuble, qu’une chose qu’on regarde avec curiosité.

    -Si tu veux vraiment savoir, c’était assez sympa - oh mais ça t’es le mieux placé pour le savoir- ouai, j’ai sympathisé avec quelques rats là-bas, ils me manquent déjà.


    Puis s’en était parti avec une conversation des plus intéressantes entre la brute et Aleks. La remarque vaseuse du dit Olaf, tu la trouvas de trop, mais tu te tus. Tu ne répondis pas à la provocation, tu ne portas aucune attention aux « amis » d’Aleks. Tu te contentas de regarder le contenu de ton plateau avec un certain dégoût.

    Il te dit de manger, suivi d’une remarque qui ne t’enchanta guère. Tu ignora sa demande formulée en un ordre trempant ta fourchette dans ce qui devait être de la purée sans pour autant manger. Tant pis si tu perdais encore du poids, tu n’en avais qu’à faire, tu n’allais tout de même pas manger..ça. Tu finis par répondre tout de même, plus pour toi-même :

    -J’sais pas ce qui m’avait pris.


    Toujours avec ta voix de tapette qui sonnait faux.

    Toujours avec tes manières de putes, si fidèle à toi-même et pourtant si différent. D’un air agacé tu roulas des yeux. Tu avais envie de te tirer, tu lui lanças un regard déçu, ennuyé, las. Putain, qu’est-ce que tu cherchais au juste ? Tu étais si excité, pour le revoir hier, qu’est ce qu’il y’a Draco ?

    Tu plongeais ta main dans tes cheveux rendus un peu trop courts, ils poussaient trop vite de toute façon, tu allais bientôt retrouver ta couleur noire, ça au moins. Le maquillage te manquait, les produits cosmétiques tout ça te manquait.

    Tu regardais vers le coté, laissant tomber ta fourchette sur la table ;

    -J’ai plus faim, je m’en vais.


    Si tu étais une femme, on aurait pu dire que tu avais tes règles.

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MessageSujet: Re: Safe and washable [Pv Aleksandr] Dim 30 Nov - 18:50

... Tu me fais quoi là BB ? Ta crise d'ado? T'as pas un peu passé l'âge?

Avec une curiosité non feinte, je regardais le brun en face de moi. Je ne comprenais pas sa réaction. Elle m'intriguait tout comme elle m'irritait.
Déjà parce que je ne supportais pas que l'on m'envoie balader, encore moins aussi ouvertement. Quoiqu'il y en a qui ne s'était jamais gêné pour le faire. Ce qui au fond ne m'avait toujours convenu, le monde serait quand même super emmerdant si tout le monde me suivait comme le nouveau Messie. Puis, il n'y aurait jamais eu personne pour m'empêcher de trop déconner. En plus, jamais ils n'avaient dépassé la limite en me tenant tête devant mes hommes. Et BB n'en était pas un, n'en ferait jamais parti, par conséquent il ne m'avait pas juré une obéissance à toute épreuve. Bien qu'à cet instant, cela m'aurait arrangé, fallait vraiment qu'il se remplume, bientôt il pourrait passer à travers les barreaux. Pas sûr que ça marche comme technique d'évasion.
Surtout parce que j'avais l'air de le faire chier. Avec son air de pouffe, j'comprends que ses amants habituels soient pas tendres avec lui s'il les regarde ainsi, là tout de suite j'avais très envie de lui en foutre une. Comme si je n'étais qu'une épreuve de plus dans une journée qui n'était que trop pénible. Alors que j'étais content de le revoir, même en mode dépressif. J'étais... hum non, ni vexé ni blessé, faut pas exagérer, j'suis pas une midinette non plus.
Pourtant, l'espace d'un moment, ses yeux s'étaient animés quand il m'avait vu. Je n'ai pas réussi à comprendre, trop plein d'émotions en trop de temps avaient défilé dedans. Mais ce n'était pas de l'indifférence ou du mépris ou de la fatigue, çela avait été tellement plus fort. Alors pourquoi?Avais-je une fois de plus déconner, sans m'en rendre compte pour ce coup?

Je baissais les yeux sur mon assiette, aplanissant ma purée dans mon assiette de ma fourchette, j'trouvais que ça faisait plus envie quand elle était toute plate. Je ne le regardais plus, on aurait pu croire à me voir que le contenu de mon plateau était infiniment plus passionnant que ce type. Je ne fis même pas l'effort de sourire cette fois-ci, je fus sec, il me tapait sur le système là. Je ne le laisserai pas quitter cette salle tant qu'il n'aurait pas fini son assiette. Ne pas bouffer affaiblit et s'affaiblir dans une prison est définitivement une très mauvaise idée.

J'crois pas non... Tu restes, tu manges, et t'arrête de faire ta diva Blue Boy. T'as vraiment une sale gueule.

Sauf qu'il n'était plus si bleu. Sa teinture partait, ses iris sans éclat avaient cependant des reflets métalliques. Il semblait plus dur, je ne sais pas s'il en a conscience. Il semblait plus gris, je n'en pouvais plus de cette couleur, elle n'est plus que pour moi la couleur du vide.
Dur et vide, comme une coquille, une carapace. De celles où l'on s'enferme pour se protéger du monde extérieur alors que l'on ne fait que s'emprisonner une nouvelle fois. De celles qu'elles suffisaient de briser. T'as déjà craqué en te battant avec l'autre, il suffisait juste de recommencer. J'voulais le vrai Draco, pas le masque qu'il sert aux autres. J'trouvais ça insultant.
Avec un petit sourire en coin, je lui demandais sur le ton de la conversation :

Ah, t'es sans doute pressé de retrouver tes codétenus. Deux violeurs c'est çà? Cool, ils vont être contents de te retrouver, enfin pas forcément, t'es si maigre qu'ils risquent de te casser en deux. Mais c'est peut-être leur style les pétasses anorexiques, t'en penses quoi?

J'avalais une bouchée et je reposais ma fourchette. Ma joue posée sur ma main, je levais enfin les yeux vers lui.


HJ:
 

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MessageSujet: Re: Safe and washable [Pv Aleksandr] Jeu 4 Déc - 18:41

  • « Putain, putain, putain, mais qu’est ce qui me prend, qu’est-ce que je fais, pourquoi est-ce que j’agis comme ça. »

    Une petite partie de toi te criait ça, tu ne comprenais pas, tu ne comprenais pas ta façon d’agir, tu ne comprenais rien du monde qui t’entourait. Un peu comme un gosse, un peu comme l’enfant que tu étais. Tout autour de toi était agaçant, tout t’horrifiait, tout te donnait envie de te planquer quelque part, de t’évader quelque part. De te lever, de crier, de faire cesser le bruit. Oui, il y’a plusieurs types de bruits, il y’a ce bruit sonore, ce bruit de fond qui après devient pareil à du silence. Vous savez, quand votre tête se focalise sur autre chose, ce bruit n’est plus car il n’a plus aucune raison d’exister. Mais en ce moment, il était là, le bruit était redoutable, il te meurtrissait les oreilles, il te rendait fou, fou après ce silence vide que tu avais dû vivre pendant une semaine, une semaine entière. Tes sens s’étaient aiguisés, tu entendais les bruits des couverts, les rires vulgaire, les bruits de respiration. Tu avais envie de plaquer tes deux mains contre tes oreilles, tu souffrais, dans ton regard c’était de la souffrance muette, c’était ça, ce que lui ne comprenait pas. Tu ne pouvais lui expliquer, il ne comprendrait pas, il pensera que t’es une putain de mauviette, mais oui, il l’a toujours pensé. Tu n’as jamais nié l’être, ça non plus, car tu sais que tu l’es, que tu l’étais, que tu le seras. Plusieurs années qu’il était en taule, plusieurs et il n’avait pas craqué, ou du moins, pas comme tu le faisais. Deux semaines et tu te sentais déjà fou. Tu le lui avais dit, tu lui avais dit que tu avais peur d’après, de quand il ne sera plus là. Tu lui avais dit que tu avais peur de ta tête, de tes pensées, de ce qui se passait à l’intérieur de toi. Tu avais cru être clair, tu avais cru qu’il avait compris, que tu n’étais pas le genre de gens faits pour la solitude même si elle t’allait si bien. Même si elle t’aimait, même si elle te collait à la peau. Et peut-être qu’il l’avait fait, peut-être qu’il l’avait compris, peut être très bien, c’était de ta faute. Tu n’aurais jamais du frapper ce garçon, tu n’aurais jamais dû rester aussi longtemps à l’intérieur, ça t’avait transformé, t’es foutu mon petit. Tu t’étais perdu car tu l’avais perdu. Oui, tu l’avais perdu ce point de repère, tu l’avais même peut être perdu à jamais, et plus jamais tu ne trouveras quelque chose, quelqu’un pour le remplacer. Une bouée pour t’accrocher. Tu te voyais faire naufrage, tu te voyais couler vers le fond. Tu ne tendais même plus le bras hors de l’eau, tu te plaisais dans cette vision. Pourquoi ? Car tu savais que ça allait arriver un jour ou l’autre. Car tu savais qu’il n’y avait pas de sortie de secours, ou qu’il n’y en avait plus.

    Toi qui hier, n’avait qu’une envie, le revoir, le revoir, le revoir. Tu en mourrais d’envie, tu avais presque hâte, tu t’étais repassé la nuit passée à coté des milliers de fois comme une adolescente amoureuse et pourtant, là, aujourd’hui, tu étais comme refroidi, il y’avait quelque chose. Comme quelque chose qui t’empêchait de lui sourire, comme si quelque chose avait changé, comme si tu ne pouvais faire confiance. C’était impossible, inconcevable, impossible, impossible, impossible.

    I.M.P.O.S.S.I.B.L.E

    « Je ne peux pas retourner en arrière, le mal est fait. Le fait est là, je n’y peux rien ! Non, non non non ne me regarde pas avec cet air déçu Aleks, je n’y peu rien, tu le sais autant que moi, je suis enfoui à l’intérieur, c’est mon corps qui veut que j’agisse ainsi, c’est ma tête, je ne peux rien contre ma tête, nous le savons tout les deux ! »

    Encore une remarque, mais tu n’avais pas envie de manger, tu n’allais pas manger ça, tu savais que tu allais le vomir. Tu as toujours eu des complications niveau alimentation, tu n’as jamais vraiment aimé manger, alors te forcer, ça c’était non, un non capital. Tu faisais partie de ces garçons (ou plutôt de ces filles, vu que tu ne te considérais pas tout à fait comme un vrai garçon à cette époque) qui faisaient attention à leurs poids, jusqu’à en faire une obsession. Là, ce n’était pas une question de poids, tu savais que tu devais avoir l’air odieux, mais tu t’en foutais. Tu ne voulais pas, c’est tout. Ça commençait à te gonflait qu’il insiste ainsi, même si tu savais que c’était pour toi à la fin, même si tu le savais au fond, mais tu ne pouvais pas t’en empêcher, tu étais bizarre aujourd’hui. Tout était un peu différent.

    Tu levais les yeux lentement vers lui, un moment, sans réagir, défiant son regard. Puis tu eus un sourire qui finit en un rire de putain, dévoilant deux rangées de dents parfaitement blanches. Toi, Draco, tu ne baissais pas les yeux pour une fois, tu semblais assez assuré et moqueur, comme si ce qu’il venait de te dire ne te touchait pas le moindre du monde. Etait-ce vrai ?

    « Si c’est un essai pour me vexer, c’est bien mignon, Darling. »


    L’air amusé tu fis semblant de réfléchir un moment. Tes yeux se posèrent sur la table, tu ne savais pas pourquoi tu avais à agir comme ça avec Aleks, c’était Sacha, bordel ! Tu lui faisais confiance, tu lui faisais confiance, tu lui faisais confiance…Et pourtant…Tu étais sur tes gardes et tu lui offrais cette horrible partie de toi, tu sentais en toi le désir de provoquer, le désir d’être Toi du dehors, toi Draco Strand que tant d’autres ont rencontré de l’autre coté des barreaux.

    « Humm..Peut être mais tu sais les brunes ce n’est plus tendance, je devrai me décolorer pour mieux plaire à mes chers « codétenus » tu ne trouves pas ? »


    Tu passas une main machinalement dans tes cheveux qui étaient maintenant trop courts recouvrant à peine la nuque. Tu disais ne pas vouloir que l’on te traite comme un objet et pourtant c’était toi qui te traitais comme tel avant que ce ne soit eux qui le fassent. Tu n’avais rien à reprocher, rien, rien, rien.

    « Maintenant, tu m’excuseras mais je dois aller poursuivre ma vie sexuelle « trop intéressante » si tu vois où je veux en venir. Au revoir, Aleks. »

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MessageSujet: Re: Safe and washable [Pv Aleksandr] Dim 7 Déc - 0:49

C'est vrai, je n'avais rien compris. Je n'avais pas saisi à quel point le silence te faisais peur. A quel point tu te faisais peur. Tu me l'as dit et je n'ai pas compris. Pourtant, j'aurais dû. Car si mes pensées ne m'effraie pas, mes souvenirs me tourmentent. Quand le sommeil tarde à venir, quand l'ennui me guette, elles sont là. Si Alvena ne m'a pas, si personne ne me troue la peau avant, c'est elles qui me tueront. J'suis pas le genre de mecs destinés à crever paisiblement.
Mais je n'ai pas compris, parce que je ne peux pas imaginer que ça pouvait détruire aussi vite. Je te l'ai dit, je n'ai pas d'imagination et peu d'empathie. Je n'avais pas deviné combien tu étais fragile. Pour moi, la cellule d'isolement est un calvaire. Et un apaisement. Le solitude me manque autant que l'espace. Là-bas, je me torturais autant que je me ressourçais. Car je me retrouvais enfin seul avec moi-même, quitte à m'affronter. Je faisais le point. Je pouvais dormir de tout mon soûle sans crainte.
Tu ne fonctionnes pas comme moi, et c'est ça qui m'attire chez toi. Un jour, je réussirais à te percer ton mécanisme, pour, enfin, te comprendre.

Blue Boy m'offrait une nouvelle nuance de sa personne, dans toute sa vulgarité. Je la haïs immédiatement. A cet instant, plus que jamais, je voulus lui faire mal. De lui démolir sa belle gueule. De serrer son cou, fort, très fort, jusqu'à étouffer son rire.
Avant je l'aurais fait, gardien ou pas gardien, bleu ou pas bleu. Mais tu dois grandir Aleksandr, tu ne peux pas resté ce gosse dominé par sa colère.
Je le laissais donc faire show, impassible. Il me provoquait, j'en avais conscience. Je l'avais touché, il voulait le faire à son tour, réaction classique. Ce n'est pas pour autant que j'allais le laisser se foutre de moi sans rien faire. Surtout devant les mecs qui m'accompagnaient. Un rictus amusé me défigura lorsqu'il arrêta de parler. S'il voulait jouer à çà, il n'avait pas choisi le bon partenaire.

Tu veux vraiment te tirer alors qu'on vient à peine d'arriver? Et moi qui pensait que t'étais un gars bien élevé. Ta mère doit être très déçue.

Il ne pouvait pas le savoir, mais j'avais un ton semblable quand un de mes gars essayait de m'entuber après avoir fait une connerie ou trahi le clan. Joyeusement acide, il faisait son petit effet, qu'il soit accompagnée de coups ou non. Puisque c'est ce que ce ton cachait, du sang, des cris, et des larmes.
Habilement, je sortis mon poignard made in Alvena. Une simple cuillère subtilisée ici-même, que j'avais aiguisée sur les barreaux de mon lit jusqu'à ce que le manche soit effilée comme un rasoir. Discret. Efficace. Mortel. L'air de rien, je l'appuyai contre le genou du brun, juste assez pour qu'il le sente, pas assez pour entamer la peau.

Mange Drake. Au moins çà... Mon autre main qui jusqu'alors soutenait toujours ma tête prit la pomme que j'avais choisis en dessert pour le déposer à côté du sien tandis que je me redressai. Et çà. Sauf si t'as envie de visiter l'infirmerie après les cachots.
Une menace à peine voilée.

Tu n'as pas à avoir peur de moi. Jamais.

C'est ce que je lui avais dit l'autre jour, ou un truc du genre. Je ne mentais pas, pas cette fois. Pour cette raison, je ne lui ferais rien, peu importe sa réaction. Mais je voulais qu'il sache que je pouvais le faire. Que j'étais le type de gars à le faire.

Après, tu pourras aller te faire foutre chez qui tu veux, j'en n'ai rien à battre. Mais si t'es si pressé de te faire sauter, on peut s'en charger, hein les gars?

C'était délibérément désinvolte et inutilement cruel. Mais il jouait la pute, soit, je le trais en pute. On verra bien s'il appréciera longtemps ce genre de traitement en taule.

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MessageSujet: Re: Safe and washable [Pv Aleksandr] Ven 12 Déc - 18:25

  • L’endroit t’étouffait, le souffle court, les yeux rivés devant toi, tu n’arrivais presque plus à respirer, il fallait que tu sortes au plus vite. Ton regard était plein de détresse et de confusion, tu n’aurais pas voulu agir ainsi avec Aleks, jamais, mais c’était plus fort que toi. Tu portais une main jusqu’à ton front te massant légèrement la tempe, une affreuse migraine te prenait. Tu ne supportais plus autant de bruit d’un coup, autant de bouleversements. Ton métabolisme devenait de plus en plus lent, tes gestes logorrhéiques et les paroles n’atteignaient ta tête qu’après un certain temps. C’était pour être pour ça que tu n’arrivais pas à t’énerver, tu étais froid comme glace. Tu avais même l’impression que tu n’étais plus, ça te donnait des frissons dans le dos et faisait couler sueur froide sur ton front. D’un coup tu te mis à stresser, tu avais comme un nœud au fond de tes tripes, tu voulais vomir, sortir, te casser, dormir. N’importe quoi, mais ne pas rester là, ne plus avoir à supporter son sourire moqueur. Aleks ne t’avait jamais semblé aussi cruel, mais tu l’avais provoqué, tu l’avais cherché et tu le trouvais. Mais si seulement il pouvait comprendre, comment tu te sentais. Ça, c’était tout ton genre, allumer le feu et puis se demander d’où venait la fumée. Tu n’aurais jamais dû rester aussi longtemps, ni ouvrir ta grande gueule, tu aurais dû te taire, tu savais que tu allais tout foutre en l’air, dès le début. Tu aurais dû, tu aurais dû, tu aurais dû, mais tu ne l’avais pas fait, tu ne faisais jamais ce qu’il fallait faire, jamais. Et puis merde Draco, merde ! va-t’en avant que ça ne s’aggrave. Mais non, il fallait que tu restes planté ici comme un con, à le regarder dans les yeux sans ciller, à le regarder te blesser, te faire mal, car oui, ça te faisait mal, ça prenait juste du temps à se former à l’intérieur de toi. C’était un sentiment de quelque chose, quelque chose qui était sur le point d’exploser. Tu n’arrivais pas à mettre le doigt dessus, ça t’échappait, ça t’échappait et ça te mettait hors de toi.

    « Ne me regarde pas, ne me regarde pas, ne me regarde pas.


    Arrête avec ce regard, arrête, arrête, arrête ! Arrête de me regarder comme si tu t’en foutais, comme si tout ça n’était qu’une histoire d’enfant pour toi. Comme si pour toi ça ne signifiait rien, comme si pour toi JE ne signifiais rien ! Comme si je n’étais qu’une page de plus que tu t’apprêtais à tourner. Je ne t’ai pas connu comme ça, non, non, non. Je refuse de le croire…Mais..est-ce que je t’ai connu un jour ? Je ne dois pas penser ça, je ne dois pas me rendre malade encore une fois, me faire du mal encore plus, je le sais que cette fois je ne pourrais pas le supporter alors…S’il te plait, regarde-moi encore une fois avec ces yeux qui renfermaient toute la haine du monde, avec ces yeux qui m’ont fasciné tant autrefois. Et ne m’offre pas ce regard vide et creux, cette face impassible, ce regard de glace qui m’arrache le cœur, je ne le supporte pas. Il me donne envie de chialer, de crier, de disparaître. Et je me sentais disparaître, disparaître écrasé sous le poids de ma honte parfaitement camouflée, sous mes airs de catin et mes soupirs bruyants, je tentais de brouiller mes pensées. Mais ton regard, il me blessait, mon cœur saignait, comme si chaque syllabe que tu prononçais était une aiguille qui s’enfonçait un peu plus en lui. J’avalais le venin de tes mots, sans ciller, comme de pierre. Je souffrais, je voulais que tu te taises ou que tu disparaisses avec moi Et je suis ici, à t'aimer, à te détester un peu plus à chaque instant.. »

    Le mot « mère » te fis frissonner, tu n’en dis rien, tu te tus. Le jeu de la provocation avait trop duré et devenait à présent ennuyeux et amer. Ses mots sonnaient comme le glas annonçant ta propre mort et ils étaient durs à encaisser, alors tu pleurais, intérieurement bien sûr, mais tu le faisais avec toute la force qui te restait.

    Puis, tu sentis le metal contre ton genou, tu levais les yeux vers lui, un peu surpris, qu’est ce que ça signifiait ?

    « Mange »

    C’est ce qu’il avait-dit, il t’ordonnait de manger, tu refusas. Tu ne voulais pas, tu ne voulais pas !

    « Et çà. Sauf si t'as envie de visiter l'infirmerie après les cachots. »

    Tu soupiras, tu ne répondis pas, tu feignais être mort, peut être que tu l’étais, un peu, au fond. La mort t’irait si bien Draco, parce qu’elle aussi était bleue et un peu grise. Grise et un peu bleue. Tu refusais de croire que c’était Aleks. Il était beau en ce moment, il était beau quand il menaçait, il était beau quand il TE menaçait. L’on aurait dit qu’il était fait pour ça.

    « Après, tu pourras aller te faire foutre chez qui tu veux, j'en n'ai rien à battre. Mais si t'es si pressé de te faire sauter, on peut s'en charger, hein les gars? »

    Sa remarque fut de trop. Tu te sentis humilié, tu lui lanças ton regard le plus haineux, la glace avait fondu.

    Tu déposas ta main sur la sienne, la tienne était incroyablement froide, tu appuyas légèrement jusqu’à sentir la lame violer la peau, tu gémis doucement de douleur, le sang devait couler, tu imaginais déjà sa couleur rouge, celle de Sacha…Le rouge.

    Il te voyait enfin, il voyait enfin la pétasse que tu étais, il venait de le réaliser. C’était fini maintenant, tout était fini car il l’avait découvert. Les masques viennent de tomber et on te traite comme on l’a déjà fait.

    « Tu sais quoi ? Tu ne me fais pas peur Sacha. »


    Tu ôtais ta main, la sienne par la même occasion. Tu te levais brusquement regardant ta main teintée de rouge.

    « Tu vois ? La douleur ne me fait pas peur. Je n’ai pas peur d’avoir mal, mais je vais te dire une chose et après, tu pourras me suivre pour me cogner ça m’est égal. »

    Tu ne savais même pas ce que tu faisais, mais tu le faisais. C’était comme si ton cœur s’exprimait tout seul, des choses que tu ne pensais peut être pas hier et sûrement pas demain, des choses que tu ressentais à cet instant précis.

    « Tu es un connard Aleksandr. Quand je t’avais vu j’avais pensé que je connaissais déjà deux Aleksandr, et que les deux étaient des salauds, et que toi…tu étais peut être différent. Mais en plus d’être un parfait connard, tu es un putain d’aveugle ! »

    Je t’aime, je t’aime, je t’aime. Peut-être pas comme ça, peut-être pas comme j’aurai aimé le faire, mais je t’aime d’une certaine manière, d’une manière étrange qui n’implique pas de l’amour et ni même de l’amitié. Et même en prononçant ces mots je t’aime encore, mais s’il te plait, ouvre les yeux.


    Ça ressemblait plus à une scène de rupture amoureuse, une scène débile, voila ce que c’était. Tu te retournais, et tu partis, tu disparus dans le cadre de la porte de la cantine, bousculant les autres sur ton passage. Une fois dehors tu te touchais la joue, il y’avait quelque chose d’humide, qui coulait tout son long. Etait-ce une larme ?

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MessageSujet: Re: Safe and washable [Pv Aleksandr] Sam 13 Déc - 18:11

Sa main me glaça d'un coup, jusqu'à l'épaule. Mes polis se hérissèrent sur ma peau, à croire que j'avais plongé mon bras dans de l'eau froide. En un sens, c'était le cas, son iris d'un bleu liquide étaient glacée et elle me gelait jusqu'à l'âme.
Et pourtant, son regard était brûlant comme jamais. Il était beau ainsi, parce qu'il était vivant. Parce que c'était Draco qui se dévoilait, pas la pute qu'il montrait aux autres.

Il ne rencontra aucune résistance lorsqu'il s'enfonça la lame. J'aurai pu l'en empêcher. Je ne le fis pas. Je le laissais s'opposer à moi, à sa façon. Et la douleur lui allait si bien. J'avais envie d'embrasser cette bouche entre-ouverte jusqu'au sang pour lui arracher d'autres gémissements. BB était putain de désirable. A cet instant, j'avais oublié où nous étions, il n'y avait que nous deux.
Du rouge sur sa main, de la haine dans les yeux. Cependant, j'eus l'impression que sa voix devint de moins en moins en colère et de plus en plus triste. Plus que ces mots, ce fut elle qui m'ébranla. Au point que je ne réagis pas tout de suite lorsqu'il s'enfuit de la cantine. Me laissant seul avec ma colère. Et comme... vide.
J'étais toujours en rogne mais c'était contre moi maintenant. J'avais été trop con pour ne pas réagir à ses provocations. Trop con et trop fier. Je lui avais dit que s'il avait besoin d'aide, il pouvait compter sur moi. Et à la première occasion de respecter mes paroles je n'avais fait que le défoncer un peu plus alors qu'il était déjà bousillé. Uniquement parce que son attitude envers moi m'avait touché au vif.
Il se plantait, j'avais vu que le cachot l'avait fait souffrir, je n'avais juste pas compris pourquoi. Et je l'avais poussé dans ses derniers retranchements pour le faire réagir, car c'est comme çà que moi, je fonctionnais. Encore une fois, j'avais été incapable de me mettre à la place de quelqu’un, de me mettre à sa place, malgré mes fanfaronnades comme quoi je voulais le comprendre. Et le pire c'est que j'étais sincère sauf que... son mécanisme de défense m'avait agressé. Et j'avais sorti le mien. On m'agressait, j'agressais en retour. Pitoyable.
Mais je le laisserais filer comme çà. Pas sur ces derniers mots, pas dans l'état où il se trouvait.

L'arme retrouva sa place dans ma poche, encore souillée du sang du brun. Sans me préoccuper des autres, je me levais d'un bond pour le suivre. Il n'était pas parti loin.
Je m'arrêtais à un pas de lui. Il pleurait. Pas beaucoup, pas à gros sanglots et c'était pire. Et encore plus en sachant que c'était de ma faute. Ne sachant pas trop comment réagir, je choisis de rester neutre.

C'est vrai, je suis un connard.

Avançant d'un autre pas, je pris doucement sa main blessée, pour qu'il puisse se dégager s'in ne voulait pas que je le touche. Ce que je comprendrais. Cette fois, je ne m'énerverais pas, quoi qu'il dise, quoiqu'il fasse.

Et même si je ne veux pas te faire mal, je le ferai.

Toujours aussi délicatement, je la portais à ma bouche pour nettoyer sa plaie de mes lèvres, de ma langue. Suçotant et léchant doucement le liquide pourpre, savourant sa saveur métallique. J'aurais voulu pourvoir faire disparaître ses larmes de la même manière.
De mon autre main, je sortis une bande de tissu plus très blanc de ma poche. C'était celle du bandage qu'il m'avait fait dans ma cellule. J'avais tenu ma promesse, je m'étais occupé de ma coupure, aujourd'hui elle n'était plus qu'une cicatrice sur mon épaule. Et ce premier pansement, je l'avais gardé, je ne saurais dire pourquoi.
Comme il l'avait fait quelques jours avant, je bandais sa plaie tout en parlant. Ce n'était pas très hygiénique mais cela empêcherai le sang de couler, au moins jusqu'à ce qu'il reçoive de vrais soins.

J'suis bon qu'à çà. A blesser les autres, à me blesser. A blesser ceux qui s'en font pour moi. Ceux à qui je tiens.

Je lâchais sa main et je le regardais très sérieusement. Bizarrement, il m'avait fallu plus de courage pour le dire que pour tabasser quelqu'un. Ce n'était pas des excuses, cela faisait longtemps que je n'attendais plus le pardon de quiconque. C'était des explications, très maladroites, j'étais incapable de m'exprimer autrement.

Ce n'est pas parce que je t'ai blessé, que je te blesse, que je te blesserai que je ne tiens pas à toi Blue Boy.
Alors parle-moi.
Ne me rejette pas.
S'il te plaît.


Mais je ne mentais pas quand je t'ai promis que je te tirerais d'ici. Ou quand j'ai dit que tu pouvais me parler si un truc ne va pas. Et ça ne va pas Drake, regarde-toi. T'as pas seulement l'air claqué, t'as l'air détruit. Qu'est-ce qui s'est passé, qu'est-ce qui a changé au cachot?

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MessageSujet: Re: Safe and washable [Pv Aleksandr] Sam 20 Déc - 0:12


  • Tu te sentais mal, mal, mal, tu avais envie de retourner au cachot en ce même instant, tu voulais tellement que rien ne soit arrivé. Tu n’aurais pas dû essayer de manger, de toute façon ça n’avait pas marché, tu aurais du  voir Aleks quand il était seul pour minimiser les dégats, tu n’aurais jamais du lui répondre, mais tu avais tout fait faux, et maintenant il allait peut être se mettre à te haïr et c’était ta plus grande peur. D’un autre côté, tu te sentais bien et soulagé, soulagé car tu avais dit ce que tu vais sur le cœur, car oui, Aleks avait été très con sur ce coup ci, et tu le lui avait dit. Tu as toujours été quelqu’un de franc, tu disais à tes bons coups qu’ils étaient bandants et à ceux qui n’avaient pas assurés qu’ils le faisaient mal. C’était même une de tes rares qualités qui t’avais valu beaucoup d’ennuis durant ta vie. Tu ne pouvais parfois pas te taire et là tu le regrettais même si ça te faisais du bien. Tu ne savais pas si tu le pensais réellement, ce que tu avais dit. Oui, sur le coup il avait été un parfait connard, un salaud même, il t’avait fait mal et il t’avait fait pleurer et pourtant, pourtant tu ne lui en voulait pas, jamais plus qu’à toi-même. Ta tête te faisait souffrir, tellement, tellement que tu croyais que tu allais la perdre. Tout était si lent, tout se passait trop lentement ou alors si vite que tu n’arrivais pas à en saisir le sens. Tu croyais que tu allais tomer dans les vapes. Tu sentais quelque chose d’humide contre tes joues,  des larmes, un flot de larmes qui coulait..coulait…coulait, sans arrêt. Tu ne savais pas ce que c’était au juste, tu ne savais pas si c’était à cause de la drogue, car tu étais foutrement en manque, que tu voulais juste quelque chose pour te défoncer, mais rien ne suffisait. Même les médicaments que tu volais à l’infirmerie n’y faisaient rien. Pourtant, tu avais tenu tellement bien au début, tu t’étais dit que tu n’étais pas fait pour ça, que c’était à cause de cette saloperie de drogue que t’étais là maintenant, que c’était à cause de ça, et que maintenant tout était fini pour toi, que tu ne toucherais plus jamais à cette merde. Et pourtant, pourtant tu savais que si là, on t’en proposait, tu en reprendras sûrement, pour un énième voyage, juste pour aller mieux en espérant que la dose soit suffisante pour te tuer. Tu te sentais tellement mal et anxieux, trop, trop, trop anxieux. Tu avais l’impression que ta tête allait exploser ! Tu voulus t’enfermer pendant un moment seul, et pleurer, et te vider, puis dormir et ne plus jamais te lever.
    Ce n’était pas juste Aleks, ce n’était pas juste ça, c’était ça et autre chose. C’était juste la goutte qui fit déborder le vase, tu avais perdu ton sang froid, tu t’efforçais de te taire depuis le matin, tu t’efforçais de te contrôler, de ne pas crier, de ne pas éclater en sanglot, de cesser de trembler, d’agir comme un putain de malade, comme un taré. Mais ça, tu l’es, un malade, tu étais malade, « homesick » toi qui n’a jamais eu de « chez soi » tu avais le mal de la vie d’au dehors. Et à chaque fois que tu entendais tinter les clés ça te donnait envie de mourir, ça te rappelait à quel point tu n’avais plus aucune liberté ça ne faisait que redoubler tes larmes. Et puis, tu sentis une présence dans ton dos, la sienne. Tu n’aurais pas cru qu’il te rattraperait, jamais, jamais, jamais. Ça te touchait, tu te demandais pourquoi, tu savais qu’il n’allait pas te faire du mal, ni te frapper, mais tu avais quand même agi étrangement, mais il y’avait une raison, bien sûr que y’en avait une.
    Il saisit ta main blessée dans la sienne et tu frissonnais mais tu ne la retirais pas,  tu te rendis compte que ta main tremblais légèrement, tes joues étaient humides et tes yeux pleuraient encore comme deux robinets qu’on avait oublié de fermer. Ton regard s’était adoucis, tes yeux étaient bouffis et ta man incroyablement froide, un peu comme celle d’un mort.

    Ses lèvres contre la plaie, un brasier incendiant le glacial de ton être. Tu eus envie de pleurer encore plus fort, tu avais honte, tu ne cessais pas. Tu te mordis la lèvre inférieure sentant ses lèvres, sa bouche sur ta peau.

    « Mon cœur me jouait des tours, à ce moment, je crus qu’il s’était mis à battre, un peu plus fort, un peu plus fort et ça faisait mal, mais c’était agréable, je reniflais comme un gosse tandis qu’il me tendait la main, on était seuls, et c’était magnifique »


    Tu le laissais faire, tu te laissais faire, bercé. Tu étais beaucoup plus calmé maintenant, Aleks avait ce pouvoir de te calmer, mais pas quand il était avec ces copains qui te fichaient la trouille, quand vous étiez seuls et quand tu n’avais pas peur de te tenir nu devant lui. Tu avais envie de le prendre dans tes bras, tu ne lui en voulais pas, tu t’en voulais à toi-même d’agir ainsi, d’être ainsi, et u avais peur, tellement peur qu’il commence à croire que tu étais un taré, ou un fou. Ou alors il découvre que tu es et étais vraiment.
    Tu fus touché par ce qu’il disait, par ces mots qu’il prononçait, ça démontrait qu’il était désolé. Tu n’aurais pas souhaité qu’il s’excuse, tu as toujours détesté les excuses, surtout venues d’un homme, alors tu lui étais reconnaissant, de ne pas l’avoir fait. Tu détestes les excuses car tu n’y crois pas et puis pourquoi s’excuser, c’est idiot, c’est pour les gens faibles comme toi, et puis c’est naze.

    Son regard était tellement sérieux, que je dus baisser le mien, puis je le replongeais dans le sien, je ne pleurais déjà plus et j’avais honte de l’avoir fait mas à quoi bon avoir honte, au diable la fierté,

    Tu regardais ta main bandée, puis tu glissais l’autre sur sa joue, tu la caressais gentiment, tu fis descendre ton doigt jusqu’à ses lèvres,  puis le long de son cou. Juste après, tu l’embrassas, et putain ce que tu en avais eu envie dès que tu l’avais vu, tu avais eu envie de l’embrasser, c’était comme ça,  mais c’était aussi pour qu’il se taise, aussi. Ce baiser avait le goût de tes larmes mélangé à celui de ton sang, mais c’était bon, et puis Aleks t’avais tellement manqué que ça t’avais fait mal.

    Tu reculas ensuite, d’un pas, un léger sourire aux lèvres, tu semblais être un peu plus détendu, mais tu avais toujours cet air à coté de la plaque dans le regard ;

    «  Shh, tu vois que je peux aussi être un parfait connard ? »

    Tu te passas une main dans les cheveux puis soupiras d’un air songeur. Qu’est ce qui avait changé au fait ? C’était drôle, quand tu étais seul avec Aleks ça allait mieux au fait car tu n’avais pas peur, mais c’était quand tu étais seul ou quand tu te sentais seul que c’était le pire, tes pensées te tuaient à petit feu et ça te rendait tellement anxieux, c’était insupportable, invivable, inconcevable et ça ne pouvait pas durer. Tu devrais trouver une solution pour ça, tu le savas, mais tu ne voyais aucune solution à part celle d’arrêter de penser. Ta tête te faisait tellement mal à force de le faire, tellement, tellement, tellement.

    Tu eus un sourire un peu en coin, tu étais heureux de retrouver Sacha, tu étais heureux qu’il se fasse des soucis, mais tu ne voulais pas qu’il te prenne pour un malade. Tu le refusais. Ta manière de passer à un état à l’autre était vraiment surprenante, c’était encore un des effets de la drogue, tes sauts d’humeurs ;

    « Je t’avais déjà dit que je n’avais pas peur d’avoir mal, alors blesse moi  Sacha, je ne t’en voudrai jamais, même si tu ne me comprends pas et même si tu me blesses je suis tellement habitué, et puis je suis tellement fragile en ce moment que ne pas me blesser serait un miracle. »


    Tu pris une brève inspiration, tu ne voyais que dire, que faire, tu te sentais nerveux, tu ne savais plus ce que tu venais de dire. La nausée avait disparu en même temps avec les bruits. Mais comment expliquer ce que toi tu ne comprenais pas ? Comment le faire sans pour autant passer pour un débile mental ?

    « Qu’est ce qui n’a pas changé au cachot, plutôt. C’est compliqué Sacha, vraiment, je ne sais même pas si je comprends, pourquoi est-ce que j’agis ainsi, cet endroit me rend fou. En partie c’est le silence, il me bouffe et je n’ai plus l’impression d’être.  J’ai l’impression qu’il me dévore, de fondre en lui, de ne plus être, c’est désagréable et frustrant. Mais d’un autre coté je sais que je suis là, et que je le serais et ça me donne envie de crever. Cet endroit est si moche, tout est si silencieux et bruyant à la fois. Je ne supporte plus le bruit, ni les regards qu’on jette sur moi, ni rien, je ne supporte pas être autant entouré de gens qui me fichent la trouille. Et puis…C’est vraiment dur à expliquer, bordel ! »


    Tu cherchais une manière de dire la chose d’une façon subtile, à ne pas avoir l’air bizarre ;
    « Et puis je sais pas, je suis dégoûté, je ne suis pas fait pour être en cage. Là bas c’est vraiment effrayant, quand tu perds la notion du temps, et que finalement tu ne sais pas si c’est une semaine que t’as passé ou une année entière…Le problème c’est ma tête, je crois que je suis foutu, que c’est fini pour moi, c’ptêt parce que j’étais un camé, chais pas. T’as ces bruits dans ma tête que je n’arrive pas à faire taie, ils me torturent, ils ne se taisent jamais, ils veulent ma mort, une fois que je suis seul ça recommence et… Voilà. J’en peux plus d’être ici même si dehors c’est bien pire, j’veux pas retourner là bas. Mais une fois je suis seul ça recommence et..Je perds vraiment les pédales. J’suis pas fou Aleks, je t’assure, c’est juste très étrange. »

    La migraine recommençait, tu étais tellement faible, tu n’avais rien mangé depuis un moment, ton corps s’était affaibli, tu n’en revenais pas que tu avais raconté ça à Sacha. Tu posais ta main sur ton front en fermant les yeux, ta tête tournait, tournait, tournait et tu voulais vomir.
    Tu prononçais d’une voix plus basse ;

    « Heureusement que tu les tiendras tes promesses, on doit sortir d’ici, j’compte pas passer le restant de mes jours à pleurer sur mon sort. Une nuit de plus dans le cachot et je perds carrément la raison. »


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Dernière édition par Draco Strand le Sam 4 Avr - 0:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Safe and washable [Pv Aleksandr] Lun 5 Jan - 0:04

Personne n'est fait pour être enfermé Drake. Pas quand on a goûté la liberté avant et c'est notre cas à tous ici. Peut-être te crois-tu unique, mais tu ne l'es pas, non, non, désolé darling. Chacun lutte contre soi-même ici, quand il ne lutte pas contre Alvena. Ceux qui le nient sont des menteurs et ceux qui ne mentent pas... fuis-les, car ils ont un sacré pète au casque.
Nous avons tous des voix silencieuses et silences assourdissants dans nos têtes, tu ne les entends pas? Pourtant ils sont là, ils tiennent compagnie à nos peurs et au temps qui passe. Je te l'avais dit l'autre jour, après t'avoir sauté et avant que tu t'endormes dans mes bras, tu ne t'en rapelles pas? Ou peut-être avais-tu cru comprendre alors que non, tout comme je n'avais pas compris à quel point tu étais fragile. A l'époque, tu n'avais pas connu le cachot, bienheureuse ignorance hein? Pourtant, ce n'est que l'expérience de la prison poussée à l'extrème. Dans le cachot, pas d'échappatoire possible, rien que nous.
Je comprends Draco.Cette fois, je t'ai compris.


Je le laissais me toucher, neutre. Ma partie consciente me disait de le repousser, que l'on ne se câlinait pas en public, encore moins ici. Mais il avait la main si froide et pourtant c'était si bon, cette main sur moi, une caresse, un contact qui m'a tant manqué. Au moins, il avait arrêté de pleurer, c'est déjà çà, bien que sa bouche ait encore cette humidité salée. Moins agréable, cependant je réagis enfin, mes lèvres s'entre-ouvrient pour lui répondre.
Puis le contact fut rompu, un petite sourire sur nos deux visages. On est tous des connards Blue Boy.
M'appuyant confortablement contre le mur, j'attendis les explications de Draco. Et ce fut un vrai flot de paroles qui sortaient de sa bouche, que j'écoutais sans l'interrompre une seule fois, je ne me connaissais pas de telles capacités d'écoutes. C'était un peu brouillon, en accord avec son air à côté de la plaque qu'il trimballait depuis ce matin, mais je saisis l'idée principale. C'était pas compliqué, j'avais le même problème. Et un peu plus d'avance sur lui pour le résoudre, après tout, tout le monde n'avait pas eu la chance unique d'avoir l'entraînement que donner les insomnies dûes au meurtre de... Bah, mais ce n'est pas le sujet.


Mon immobilité prit fin quand je le vis blèmir, il aurait fallu un nouveau mot pour décrire l'absence de couleur de sa peau. Un pas et je fus près de lui, le bras passé autour de sa taille. Je lui souris, un sourire tout ce qu'il y a de plus amical bien que mon regard soit toujours aussi sérieux.

J'ai déjà blessé suffisamment de personnes comme çà, pas besoin de te rajouter à la liste. En plus tu le fais très bien tout seul. Viens.

Le serrant contre moi un peu pour le soutenir, beaucoup pour sentir son odeur et son corps, je l’entraînais dehors, dans le jardin.


Le ciel était un mélange d'azur et de gris, l'air était frais, c'est ce qui fallait à Drake pour reprendre contact avec la réalité. L'heure du repas n'était pas encore finie, on avait quasiment l'endroit pour nous, autant en profiter. Nous nous installâmes dos contre le mur, mes jambes allongées dans l'herbe verte. Ceux qui s'occupaient du jardin faisaient du bon boulot, j'en profitais à chaque fois que j'avais décidé de me dépenser ici. Mais c'était plus rare que je vienne ici juste pour parler, voir le ciel entre les grillages avaient un effet déprimant à la longue. Un peu comme quand tu le fixais trop longtemps entre les barreaux.
Une pomme apparue dans ma paume comme par magie, celle que je lui avais proposé à la cantine et que j'avais embarqué. D'autorité, je lui mis dans sa main.

Prend. Tu vas vraiment me claquer entre les doigts sinon. Quoique l'idée de te faire du bouche à bouche ne me déplaît pas.

Blue Boy eut droit à un petit clin d'oeil charmeur puis je me tus quelques instants. Je  pensais encore à ce qu'il m'avait dit et à ce que je pourrais faire pour l'aider. Et la conclusion n'était pas joyeuse. Je ne pouvais pas faire grand-chose, à part l'écouter et le repêcher si il sombrait trop. Alors que je me rendais compte j'aurais voulu faire plus, tellement plus.
Soupirant, je lui fis par du résultats de mes réflexions.

Si un jour tu retournes au cachot, j'te ferai parvenir mon MP3. Ca marche bien avec moi quand j'pense trop. J'peux rien faire d'autre pour t'aider. A toi de te démerder avec tes voix.
Gentillement, je lui caressais sa joue encore mouillée, en une imitation de son geste de tout à l'heure. Je ne voulais pas qu'il se méprenne à cause de la dureté de mes paroles. Quoiqu'il arrive, je ne le laisserai pas tomber. Sauf que j'étais pas psy, je galérais déjà suffisamment avec mes problèmes pour pouvoir guérir les autres des leurs. Cependant, je pouvais toujours essayer de le soulager un peu.

Mais tu peux arrêter de chialer sur ton sort maintenant et m'aider à monter un plan pour qu'on s'évade. Ca t'occupera toujours l'esprit. Je sais que tu n'es pas fou Drake, c'est pareil pour moi. Pour beaucoup de personnes ici d'ailleurs, t'auras qu'à tendre l'oreille la nuit.

Car si ça fait neuf mois bientôt dix que je planche sur moyen de se tirer sans avoir trouver, c'est pas demain que je risque d'avoir une illumination. Faut qu'il apprenne aussi à compter sur ses propres moyens, il n'y aura pas toujours quelqu'un avec lui et s'envoyer en l'air par le sexe ou la drogue ne résout rien. Même si c'est super cool. Quoique pour la drogue, j'sais pas trop, en vendre m'a coupé l'envie d'en consommer genre définitivement.  
Mais ce n'était pas le cas de BB. J'me demandais si la situation serait plus simple pour lui si il pouvait en reprendre, gérer à la fois l'emprisonnement et le sevrage étant chaud. C'était dans mes moyens, j'pourrai bien la lui filer gratos. Sauf que non, je savais déjà que je ne le ferais pas. Ce qui ne m'empêcha pas de lui demander:

Imaginons que quelqu'un soit en mesure de te fournir de la drogue ici. Serais-tu prêt à retomber? Et à quel prix?




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MessageSujet: Re: Safe and washable [Pv Aleksandr] Dim 11 Jan - 1:02

  • Et au fond, tu avais tourné le dos en espérant qu’il te suive. Tu lui avais offert ton dos en priant, qu’il s’en aille, qu’il te suive, qu’il saisisse ton bras, qu’il te retourne. Tu chialais, tu les avais bien sentis ces larmes n’est-ce pas ? Ces larmes de tristesse, d’autre chose ? Larmes salées, ou larmes amères ? Tu n’en savais que dalle. La dernière fois que tu avais pleuré remontait à quelques jours avant ton arrivée ici, et la dernière fois que tu eus envie de pleurer remonte à ta première rencontre avec Aleks, mais tu ne l’avais pas fait, question d’ego. Etrange venant de la part d’une personne qui ne s’estimait pas. En effet, tu te sentais sale, souillé, et ça te collais à la peau. Ce n’était pas ce genre de chose que l’on pouvait faire disparaitre avec du parfum ou quelque chose que l’on pouvait laver avec de l’eau. C’était plus compliqué, pour toi. Tout était si compliqué, c’était pour ça que tu refusais qu’Aleks te touche, car tu avais des sentiments pour lui. Des sentiments brumeux et étrange. Tu l’aimais d’une manière étrange, tu voulais qu’il soit là, qu’il te prenne dans ses bras et en même temps tu ne voulais pas qu’il te touche, car tu avais honte de ton corps. Car tu n’aimais pas te retrouver nu devant lui, car tu te sentais si repoussant, car tu avais peur de le perdre. Tu ne l’avais certes pas pour « le perdre » mais il était là. Et tu voulus qu’il le soit à jamais, tu ne voulais pas qu’il s’en aille, tu voulais qu’il reste et il le fit. Il avait quelque chose, dans sa manière d’agir, une sorte de gentillesse masquée qui te donnait envie de mourir. De te fondre dans son regard bleu, quelque chose qui te faisait honte. Tu avais l’impression de ne mériter ça, tu avais l’impression d’avoir agi comme un con et tu t’en voulais. Un con, tu l’avais été et pourtant. Pourtant il t’avait laissé l’embrasser, et tu rougis. Parce que toi, tu n’embrassais pas. Parce que tu ne mélangeais pas les histoires de lit et « les autres » et pourtant là tu l’avais embrassé comme l’autre fois, ça signifiait bien quelque chose n’est ce pas ? « Je t’aime bien » ? « Merci d’être là pour moi » ? C’était plus qu’il était comme ta nounou en ce moment, cette pensée tu la chassas, tu ne le considérais pas comme étant un amant, il était différent de tes amants. Et puis merde, c’était Aleks, c’était Sacha, et puis c’était tout. Tu n’avais pas envie d’y penser pour le moment ça t’effrayait. Pas envie de te prendre la tête maintenant qu’il était là, tu auras tout ton temps pour y penser, le soir. Dans ta cellule froide et sous les draps tâchés. Là, juste là ce n’était pas important, au diable, au diable les pensées.

    Il te serra dans ses bras, tu pus humer son odeur et la garder dans une petite partie de ton esprit. L’étreinte était tellement rassurante, tellement..tellement […] Que tu voulus ne jamais y mettre faim, tu te sentais si bien d’un coup, et le feu à l’intérieur de toi s’était apaisé un peu, grâce à lui. Tu avais un peu honte, que quelqu’un ait autant d’effet sur tes humeurs, mais tu te sentais si mou, si faible, et tu n’avais pas la force de protester.
    Puis, changement d’endroit. D’un coup le vent, le ciel, l’air, la verdure. C’était étrange, cette liberté provisoire, cette illusion de liberté, cette liberté mensongère. Tu fermais les yeux un moment, l’air te faisais du bien, tu eus l’impression de respirer pour la première fois depuis longtemps. Tu gardas ton air paumé, un peu à coté de la plaque.

    Il faisait beau, il fallait le dire, même s’il y’avait encore du gris, mais aussi du bleu. Il n’y avait pas grand monde, au fait, vous étiez seuls et tant mieux. Tu n’avais envie de voir personne, d’entendre personne, juste lui. C’était con mais, tu t’étais habitué à sa présence rapidement.

    Il te tendit la pomme, et tu le regardas d’un air surpris, puis tu souris face à son clin d’œil, son attention te touchait énormément, tu comptais donc faire un p’tit effort. Tu la fins tourner entre tes mains d’un air un peu vague. Tu le laissas parler sans brancher, juste en hochant la tête comme une poupée en regardant la pomme. Tu murmuras un léger merci entre tes lèvres.

    « ..Merci vraiment Sacha, je veux dire, d’être là, enfin, je trouve ça vraiment gentil et personne n’a jamais été comme ça avec moi. J’veux dire, c’est peut-être pas ton intention d’être « gentil » mais ça me touche. Bon, tu vois ? J’suis pas très doué avec les sentiments juste merci d’être là. »


    Puis, sa main contre ta joue, tu rougis et posa ta main sur la sienne. Il avait presque l’air doux, tu le trouvais vraiment beau et admirable, mais c’était étrange.

    Lorsqu’il continua, dérivant ainsi sur le « plan de fuite » tu hôchais la tête de nouveau. Alvena avait bon avoir l’air d’être une des prisons les plus strictes de la France, ce n’était pas celle d’Alcatraz non plus. Fuir était possible, même largement possible, et tu le savais, tu le savais très bien. Il suffisait seulement d’observer, oui, tu étais déterminé maintenant. Tu ne te rappelais pas de l’entrée de la prison, mais tu avais déjà quelques idées en tête, il suffisait juste de trouver la bonne, de trouver le fil, et de laisser le temps faire ce qu’il avait à faire. T’oublier dans la masse, disparaitre, encore observer et enfin monter un plan. A deux c’était certes plus rassurant, tu étais sûr que tu pouvais trouver quelque chose, mais quoi ?

    « Don’t worry, on trouvera bien quelque chose, mes années perdues devant les reportages télévisés serviront peut être à quelque chose..qui sait. Haha. »


    L’emploi du « On » était un peu bizarre, enfin, à toi ça te faisais un effet étrange. Tu croquas dans ta pomme et mastiqua longuement avant d’avaler avec difficulté. Mais tu le fis, tout de même. Puis, sa question te fis hausser un sourcil, tu le regardas d’un air surpris, puis tu regagnas ton air naturel. C’était étrange qu’il te posais cette question là maintenant alors que ça n’avait rien à avoir avec le sujet de discussion, mais ce qui te surprenais plus c’était justement la question, à laquelle la réponse était justement trop claire et nette. Tu haussas les épaules d’un coup avant de commencer en rigolant légèrement :

    « Eh, atta Sacha, t’es sérieux là ? T’as pas un peu oublié ce que je suis ? »

    C’était douloureux, mais valait mieux le prendre à la légère, et le répéter autant qu’il le faut même si ça faisait mal. Car tu ne voulais pas de déception, car tu ne voulais pas de regrets, car tu voulais qu’il te vois en tant que toi, Draco. Car comme il l’avait dit tu étais une pétasse, tu l’avais déjà été, et tu l’étais toujours et ça n’allait sûrement pas changer. C’était triste, c’était comme ça.

    « J’ai jamais dit que j’arrêterai la drogue Sacha. Je ne vois même pas pourquoi et s’il y’a une chose que je ne regrette pas c’est bien d’avoir commencé. Donc oui, évidemment que je recommencerai. Je sais pas si t’en as déjà pris, mais une fois fait t’es foutu, t’es plus en mesure d’arrêter. Ceux qui disent qu’ils l’ont fait doivent mentir, c’est pas faisable. »

    Tu avais déjà essayé un bon nombre de trucs, tu fumais même énormément avant ton arrivée ici, seulement, le tabac, tu n’as jamais eu du mal à l’arrêter ça. La drogue c’était une autre histoire. Tu évitas de le regarder, tu regardais fixement, devant toi, pour ne pas avoir à rencontrer ses yeux, peur d’y lire quelque chose que tu ne voulais pas voir ;

    « Tu ne sais pas ce que j’ai fait pour ma dose avant mon arrière ici, Sacha. Je pense que des mecs comme moi, tu en avais connu alors visualise juste le pire. Je suis prêt à tout ça et plus. Et puis, tu ne crois tout de même pas que j’ai tenu deux semaines ici sans rien, hein ? »


    C’est juste là que tu avais osé le regarder dans les yeux ;

    « Mais..pourquoi cette question ? »

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MessageSujet: Re: Safe and washable [Pv Aleksandr] Mer 4 Fév - 18:30

Un type a écrit:
Je n'aime pas dire du mal des gens, mais effectivement elle est gentille.

C'est une citation d'un film français un peu nul, que tu n'as jamais vu, mais qu'un type t'avait sorti une fois. Draco vient de te la rappeler. D'où tu viens, dire à quelqu'un qu'il est gentil, c'est limite une insulte. Un mot que l'on lâche ironiquement pour qu'il soit ensuite balayer d'un rire moqueur ou d'un Mais putain, qu'est-ce tu dis, j'suis pas gentil, ferme ta gueule, tu dis que de la merde. (barrez la (les) mentions inutiles). Et tu ne faisais pas exception à la règle.
Car tu ne t'es jamais considéré comme quelqu'un de gentil. A raison. Tu es dur, égoïste, parfois cruel. Tout le contraire de la gentillesse. Tu peut être sympathique, voir même intentionné pour de rares élus, mais jamais cela n'ira plus loin.
Tu fus donc absurdement touché lorsqu'il te remercia pour cette chose que tu n'avais pas. Personne ne l'avait fait tout comme tu ne l'avais jamais fait, entre toi et tes amis c'était inutile, vos regards suffisaient. Et tu ne comprenais pas pourquoi, comment, ce gars arrivait à provoquer ces réactions chez toi, d'une simple phrase, voir d'un simple mot, auquel tu répondais d'un geste désinvolte de la main.
Ce n'est rien, pas la peine de me remercier.
Tu n'en voulais pas pas de ses remerciements, tu ne les méritais pas, tu agissais ainsi parce que tu ne pouvais pas agir autrement. C'est tout.

Contrairement à ce que que semblait penser Drake, je n'étais pas, mais alors absolument pas inquiet. Un cerveau comme le mien ne pouvait que finir par trouver comment se tirer d'ici. Il lui fallait juste un peu plus de temps que je ne l'avais pensé au début, c'est tout. Mais à deux, cela ne pouvait qu'aller plus vite, notamment avec BB qui donnait l'impression de savoir se servir de sa tête. Il valait mieux car l'échec n'était pas une option envisageable. Et si je devais m'enfuir sans lui, eh bien je le ferai. Ce ne serait pas la première promesse que je briserai. Quoique là, ça m'emmerderait tout de même profondément. Je l'aimais bien moi le british.
Hélas.

Ce qui expliqua pourquoi je fus content de le voir croquer sa pomme, genre jamais une pomme ne m'avait rendu aussi heureux. Je ne comprends pas pourquoi on traite si durement les pommes, entre le serpent et la sorcière, c'est bon comme fruit. Et tandis que mon esprit déviait sur la drogue, l'idée me vint que Blue Boy était une putain de Snow-White d'un conte aussi glauque que desaxée. Ce qui faisait de moi un ... chasseur? nain? prince?
Pas eu le temps de m'appesantir là-dessus que BB enchaîna, me faisant serrer les poings de frustration. Oui, bien sûr, j'étais pas le seul gars à en vendre dans la prison, j'ai vraiment été trop con de ne pas y avoir penser avant. J'en ai connu des camés, j'aurais dû prévoir qu'il en trouverait, ils trouvent toujours pour çà. Ceux qui disent que la drogue développe la créativité, l'intelligence, ne se plantent pas, plus on y est accro et plus on trouve des trésors d'imagination pour s'en procurer.
Je t'ai regardé vider ton sac, du même regard neutre dont je gratifais ceux qui venaient se fournir chez moi, j'en ai tellement vu des gens comme toi, même ici. Et si je t'avais connu en tant que client j't'aurai même pas remarqué avec ton regard de paumé, tu ne sors pas du lot. Pour moi, vous vous ressembliez tous. Sauf...
J'ouvris la bouche, ne prêtant pas attention à ta question, du moins pas tout de suite.

Non, j'en ai jamais pris. La première chose que tu apprends quand tu deales, c'est de ne jamais touché à la marchandise. Devenir comme les déchets qui me servaient de clients ne me tente pas plus que çà.

Je ne te juge pas Drake. Après tout, j'ai participé à cet empoisonnement massif. Je me suis servi de types comme toi  pour me faire du fric, pour gagner en puissance et asseoir mon autorité  dans mon gang et la partie qu'il contrôlait. C'est pour çà que je ne te demanderai pas ce que tu as fait, j'en ai une assez bonne idée. Junkie, ce 'titre' est pour les drogués, il irait pas mal aussi à leurs vendeurs. Mais je les ai toujours considéré ainsi, les réguliers, ceux qui finissaient par venir me voir chaque jour ou presque. Ceux qui à la fin n'étaient plus que les ombres d'eux-même. Au fond, ça a toujours été plus facile de les considérer ainsi et pas comme des humains. Ca m'aurait bouffé de l'intérieur, aussi.
J'ai passé une main dans mes cheveux, les yeux dirigés vers le carré bleu alors que mon regard se perdait parmi les nuages. Me souvenant de, ce qu'il y a encore moins d'un an, faisait parti de mon décor.

Mais tu as raison, la drogue m'a tout fait voir dans la rue. Même avant que j'en vende, même après que j'ai arrêté de m'en charger. J'ai vu mon ami en fabriquer et sa copine tabasser les mauvais payeurs. J'ai vu des drogués supplier à genoux pour avoir deux grammes de plus, des gens se vendre ou tuer pour elle. Je l'ai vu envoyé des gens au septième ciel puis les renvoyer en enfer. J'ai vu des gars mourir à cause d'elle...

Ma voix s'éteignit peu à peu. Il y en a un que je n'ai pas pu considérer comme un déchet, alors que je n'ai jamais pu le nommer. L'identité de mes clients ne me concernait pas, sauf lorsqu'ils essayaient de me baiser. Ca n'a jamais été son cas.
Si mes iris sont de glace, les siennes étaient d'acier. Intérieurement, je l'ai donc baptisé Kritsa, d'après un vieux prénom russe. Dans un autre monde, on aurait pu devenir ami. Dans celui-là, je l'ai buté. Il avait un truc que la came n'a jamais pu lui prendre, même si ce n'était rien de plus qu'une ombre dans le regard la dernière fois où j'l'ai vu en vie. Je l'ai regardé chuter, j'ai rien fait pour le relever, au contraire je l'ai tabassé à coup de rangers pour qu'il reste au sol. Son sang m'a éclaboussé et jamais rien pourra le nettoyer, j'suis souillé à vie et y a pas un instant sans que je me le rappelle. Je l'ai bien cherché.

J'aimerai tellement pouvoir te protéger, au moins toi Drake. Même si ça ne rachète rien, d'te façon je veux pas être racheté, j'peux pas. Mais... Je ne veux pas que tu finisses comme lui à cause de gars comme moi. Tu ne le mérites pas. Et pourtant, je ne peux pas te protéger de toi-même, je peux juste être là et prier pour pouvoir ramasser les morceaux à chaque fois qu'il le faudra.
Quittant le ciel, je reposais mes yeux sur lui, déglutissant avant de reprendre d'une voix ferme.

Et j'ai vu des gens lui dire non, lui dire de leur foutre la paix. Certains ont replongé, d'autres non. Mais je n'ai jamais vu un junkie ne pas regretter, ne serait-ce qu'un instant, d'avoir commencer. Je ne te crois pas Drako, c'est toi le menteur.

Je ne peux pas comprendre comment on ne peut pas regretter de s'être créé une dépendance et les chaînes qui vont avec.  Surtout si coûteuse, surtout si dégradante, une personne en manque est l'un des spectacles le plus pitoyable que peut offrir ce monde lui-même moche, cruel, pitoyable. Je sais, je me répète, mais je dois manquer cruellement d'imagination.
Mais pour l'instant, là n'est pas la question, j'aurais tout le temps de lui demander de m'expliquer. Sans lui laisser le temps de me contredire, j'enchaînais sur le plus important.

Pourquoi cette question? Pour savoir. Je savais que tu étais drogué, j'voulais savoir comment tu vivais çà en prison. J'avoue que t'es pu en acheter chez un autre m'avait pas traversé l'esprit.
L'idée qu'il aurait pu venir me voir me traversa l'esprit, je me sentais presque vexé. 'Fin c'est vrai qu'en cellule d'isolement, je n'étais pas des plus accessibles. J'espérais au moins qu'on ne lui avait pas donné de la merde. Et il n'y a qu'un seule truc que je pouvais faire pour lui éviter çà. Contre moi. J'suppose que çà sert à rien de te convaincre d'arrêter, t'as dû entendre ce discours de milliers de fois donc j'te l'épargne. A la place j'te propose de te fournir gratuitement si tu promets de te contenter de ce que j'te donne. Il te faut quoi?

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MessageSujet: Re: Safe and washable [Pv Aleksandr] Mar 3 Mar - 0:31


  • Tu te mis à chantonner, en regardant le ciel bleu au-dessus de toi. Ce même ciel qui avait la couleur de tes yeux, ce même ciel qu’ils voyaient tous. Ceux d’au dehors, ceux à qui la vie appartient, ceux qui avaient encore le droit de vivre. Tu étais étrangement songeur, c’était comme si tous tes sens c’étaient engourdis. Après avoir vomis ce trop de mot qui était coincés à l’intérieur, tout allait bien. « Bien » ça te faisait rire intérieurement. Comme si tu replongeais dans ta période emo, celle que tu avais eue au collège. Tu te trouvas con d’un coup, un peu idiot et un peu naïf. Tu l’as toujours été, ça, sinon, tu ne serais pas là. Mais ce n’était pas grave, rien n’était trop grave. La flamme s’était éteinte, peut-être  à tout jamais, laissant un goût amer et une froideur glaciale à ton être. Ses questions, ses réactions, tout ça ne te poussait même pas à te remettre en question. Et si tu ne l’avais pas fait ? Et si ce n’était pas arrivé ? Mais c’était ton destin, tu  ne pouvais te rebeller contre lui, c’était écrit à l’avance, il fallait l’accepter maintenant, et penser à une manière de se tirer. Même si tu risquais ta liberté, ça allait peut être t’amuser un peu de prendre des risques, tu as toujours aimé jouer avec le feu même si tu avais trop peur. Mais maintenant il ne fallait plus avoir peur Draco, maintenant il ne fallait plus avoir peur car tu n’avais absolument rien à perdre, c’était comme ça. C’était fini et tu étais prêt à tout pour tuer l’ennui, ça aussi, c’était écrit. Tu haussais les épaules d’un air distrait, les paroles de Sacha semblaient si lointaines, le fait qu’il t’ait indirectement traité de déchet –même si tu étais sûr que ce n’était pas son intention- ne te fis presque rien. Il avait raison après tout, quoi de pire qu’un camé ? Ces gens là étaient dégueulasses, pitoyables, pathétiques, tu en étais un. Tu le savais, c’est pour ça que tu es tout un mix de ces choses là, mais tu n’avais pas eu le choix. « Draco, te guy who had no choice », ta mère aimait tellement ce personnage. Tu ne comprenais pas pourquoi d’ailleurs, serait-elle heureuse de savoir que sa propre chair prenait la même tournure que lui ? Peut-être. Tu n’en savais rien. Encore une fois, elle te manquait et ça te tuait de le penser, de le réaliser maintenant, que ta mère, que cette putain te manquait. Et peut être qu’elle viendrait un jour, peut être qu’elle était venue sans te trouver ? Qui sait ? Nul ne pourra le savoir après tout. Tu soupires, tu le regardes, tu hausses les épaules. Tu croques encore une fois dans ta pomme, rien que pour lui faire plaisir, tu n’as plus le goût de manger depuis bien longtemps.

    Tu le regardais dans les yeux, ce bleu où les flammes du diable se reflétaient. Cet enfer qui te narguait, qui te faisais tellement envie. Tu mourrais d’envie de l’embrasser ;

    -Ne me pose pas de questions stupides si tu connais déjà les réponses Sacha.

    Tu ne lâchais pas son regard. Il y’avait tellement de non-dits dans ce regard et ça te faisais drôle et étrange. « Que veux-tu me dire ? »  C’est ce que ton regard criait. Qu’est ce qu’il cachait, il cachait tant de choses que tu n’avais pas envie de savoir et c’était peut-être mieux ainsi. Tu fis non de la tête, tu ne voulais le croire, non non. Qu’on puisse arrêter, tu étais trop lâche. Tu refusais, tu te bouchais intérieurement la tête. Non pas l’ombre d’un regret, tu ne laisserais jamais cette chose pénétrer ton être, tu avais déjà assez mal comme ça.

    -Peut être que je mens, peut être que je me mens, mais ça ne changera rien à rien. Ça ne sert plus à rien, je suis foutu. Je ne ressens même plus grande chose alors, du regret ? Moi qui est si émotionnel, tout se rapproche du gris à présent. Du gris, du gris, du gris, bordel ce que je hais le gris. La came me permet d’ajouter un peu de couleur, je ne m’en priverai pas. Si c’était pas la drogue ça aurait été autre chose. Quand t’es élevé comme moi, y’a pas trois milles chemins, foncer droit dans un mur ou alors foncer droit dans un bâtiment. Ça change quoi à la fin ? Rien. Je ne dis pas « Et si je ne l’avais pas fait ».  je l’ai fait, c’est tout.


    Tu marquais une pause. Tu te sentais un peu mal à l’aise d’un coup, te grattais l’arrière de la tête. Tu souris à sa demande, ça te touchais, mais c’était aussi un peu insultant. Tu eus envie de fumer, d’un coup, ça te prenait parfois, comme ça, étrange, vraiment. Tu ne cherchais plus à comprendre. Tu laissas retomber ta tête en arrière et avec ton rire de putain, tu répondis ;
    -ça me touche, réellement Sacha, merci. Mais j’te demanderai jamais de la drogue. Tu sais, le dicton qui dit « On ne chie pas là où on mange. » c’est un peu ça. J’mélange pas mes histoires d’amours et mes histoires de lit par exemple. J’ai pas l’air, mais je suis assez ordonné, haha.  Je m’en sortirai comme je m’en suis toujours sorti et, j’ai pas envie de te mêler à ça, franchement.

    Tu soupirais, en reportant toujours tes yeux vers le ciel ;

    -Tu n’aurais pas une clope, par contre ? ça fait longtemps que j’ai pas fumé, ça me manque ça.


    Tu avais envie de dormir, de partir, de tout plein de choses tout d’un coup et en même temps. Ça te faisait tout drôle, tu ne sus pourquoi tu prononçais ces mots, mais ils t’échappèrent ;

    -Sacha, je crois que ma mère me manque.  C’est peut être grave.

    Tu ne savais pas pourquoi tu lui disais ça, à lui, alors qu'il ne savait sûrement rien d'elle, ni de ton histoire. Après tout, tu ne te rappelais pas lui avoir raconter quoi que ce soit. Parfois ça te prenait, tu agissais étrangement, avec incohérence. Tu n'aurais jamais parlé de ta mère avec quelqu'un d'autre, et pas avec un mec rencontré y'a une semaine, mais Aleks était différent, il était pas comme les autres, c'était curieux mais c'était comme ça. Il te donnait envie de t'offrir, de t'ouvrir, il te donnait envie de faire des choses que tu n'aurais jamais faites.

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MessageSujet: Re: Safe and washable [Pv Aleksandr] Jeu 2 Avr - 14:14

C'est tellement facile de se dire qu'on n'avait pas le choix. Plus de responsabilité, plus de culpablité, plus de remise en question. Tu peux tout excuser, tout faire avec çà, j'aurai dû l'utiliser à mon procès, peut-être qu'on m'aurait acquitté. Ca n'aurait été qu'un mensonge de plus, je ne suis plus à ça près. Car on a toujours le choix et tant pis si c'est la phrase la plus bâteau au monde, ça change rien au fait que ce soit vrai. Même si ce ne sont que des choix de merde, respecter la loi et se faire baiser ou l'enfreindre et baiser les autres, Rester dans le gang au risque de se prendre une balle ou le quitter au risque de se prendre une balle. Foncer dans le mur ou foncer dans le bâtiment. Ou s'arrêter. Ou changer de route.
Ce que ça change? Ouais, rien. Si on m'offrait une chance de recommencer, pas sûr que je ferais autrement. A part que je buterai le flic qui m'a conduit ici. Je crois.

J'eus un haussement d'épaules, à ce rire que j'pouvais pas blairer, que l'on pouvait traduire par un "Fais c'que tu veux.". Pas que ça me regarde après tout. Si il voulait vendre son cul pour sa merde, car je voyais pas sinon comme il se la payait, c'était son problème, moi j'avais fait c'que je pouvais pour l'aider. C'est ce qui avait de plus raisonnable à faire, ne pas s'en mêler. Sauf que si j'étais un type raisonnable, j'me serai sans doute pas retrouvé en taule. Possessif, oui, ça je l'étais. Raisonnable, définitivement non.
Et parce que j'étais possessif, j'pouvais pas supporter qu'un autre de ses connards le touche. C'était illogique et je n'en avais rien à foutre. Je n'avais aucun droit sur lui et bien soit, ce droit je le prenais. Qu'il est en est envie ou pas j'm'en balançais. BB, c'était le type le plus intéressant que j'avais rencontré à Alvena. Il était à moi et personne touchait ce qui était à moi, sous peine de se retrouver avec quelques dents en moins et/ou un séjour à l'infirmerie, même si j'devais cogner toute la prison. Et cela, jusqu'à ce qu'il ne m'intéresse plus.

L'entendre parler de sa mère me calma d'un coup, tellement c'était sorti de nulle part. Cà et aussi entendre ce diminutif qu'utilisait que les russes et mes proches. Il avait dit ne pas mélanger histoires d'amour et histoires de lit, pas que je pensais ou désirais entrer dans la première catégorie mais j'espérais ne pas être classer dans la deuxième non plus. Tout comme lui ne faisait parti d'aucune des deux , j'savais même pas si j'pouvais le ranger quelque part.
Tandis que je dans les nombreuses poches de mon treillis à la recherche de la clope réclamée, je lui répondais, profitant qu'il ne me regarde pas pour le fixer. Il était beau ainsi, 'fin j'veux dire d'une manière étrangement poétique. Le ciel gris devenait bleu en se reflétant dans ses yeux.

Peut-être, je ne suis pas le mieux placé pour te le dire.

Enfin, je trouvais cette foutue cigarette, dans la poche du tibia gauche. J'avais depuis longtemps pris l'habitude d'en avoir une sur moi et c'était quelque chose que je n'avais pas perdu ici, parce que je ne le voulais pas je pense. Certains de mes co-détenus le savaient, jamais je refusais une clope si on ne me l'avait pas déjà prise, du moment qu'ils restaient parler avec moi le temps qu'ils mettaient à la fumer. J'aimai bien l'odeur. J'allais la lui tendre puis finalement je retrouvais des gestes anciens, presque des réflexes. Je la lui mis délicatement dans la bouche avant de tirer un Zippo métallique de la même poche pour la lui allumer.

Tiens. T'as de de la chance, mon fabricant est le plus grand fumeur que je connaisse, j'en avais toujours au moins une pour le dépanner. Ca m'est resté comme tu vois.

Lui aussi me manquait mais çà, je l'lui avais déjà dis. J'eus un sourire amusé au souvenir de Ash qui puait le tabac froid à trois mètres. On s'y fait rapidement, en tout cas je m'y étais fait rapidement. Je rangeais le feu de là où il sortait, il pouvait fumer tranquillement dans la cour, y avait qu'un garde et avec celui-ci on pouvait faire n'importe quoi du moment qu'on ne mettait pas la merde. Lassé d'être assis car je l'avais été la plus grande partie du temps au cachot, je passais en position couchée, m'allongeant dans l'herbe en croisant mes bras sous ma tête. Dans cette position je ne pouvais que voir que Blue Boy et sa fumée danser dans l'air, et le ciel ne semblait plus emprisonné. C'était cool. J'étais bien.

J'suis quoi comme histoire pour toi? Un bâillement m'échappa. Ou non, plutôt... parle moi de ta mère. Elle te ressemble?

Vraiment, ça m'intéressait, j'voulais en savoir plus celle qui avait élevé Blue Boy. Bien que la mère de Draco me soit à peu près aussi inconnue que la mienne. Pas de risque qu'elle vienne me voir ou juste qu'elle m'envoit une carte celle-là, pareil pour mon vieux, ça devait faire bien sept ans que je n'avais plus de leurs nouvelles. On ne s'était pas brouillé, non, nos chemins s'étaient seulement séparés, d'ailleurs sans doute l'avaient-ils fait bien avant la dernière fois où j'avais foutu les pieds là où on habitait. Il m'avait donné la vie puis nourri, chauffé, habillé quand j'étais môme. Et c'était tout. Des fois, quand j'y repense, je me demande pourquoi elle ne m'a pas avorté. J'ai vu des chats errants recevoir plus d'affection.

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MessageSujet: Re: Safe and washable [Pv Aleksandr] Ven 3 Avr - 23:43


    Tu saisis la cigarette allumée, le remerciant d’un léger mouvement de main, cela faisait longtemps que tu n’avais pas fumé une cigarette. La nuit où tu fus incarcéré, tu en avais fumé tellement que tu n’y pensais déjà plus. Ta façon de fumer est, a toujours été typiquement féminine. La cigarette tremblait entre les premières et deuxièmes phalanges du majeur et de l’index. Tu craches la fumée, pendant un instant, et tu la regardes s’envoler dans l’air, comme un enfant intrigué. Formant des arabesques et des fantômes. Le goût âpre se propage dans ta gorge, tu étais plus habitué à fumer des cigarettes mentholées, ou à piquer celles de Joséphine, à la cerise, c’était tes préférées. Mais cette cigarette faisait l’affaire, elle te procurait même beaucoup de plaisir, tu avais oublié presque ce que ça faisait, alors que tu étais un « heavy smoker» autrefois.  Tu stressais, tu stressais, beaucoup, pour un rien, et il te fallait ta came et tes cigarettes pour tenir le coup, tu ne disais pas non. Tu te sentais plus détendu, un peu comme engourdis, tu prenais ton temps, tu savourais chaque instant en la compagnie d’Aleks car elle était étrangement si rassurante, parce qu’elle était étrangement si douce, si précieuse. C’était étrange, tu n’éprouvais rien de spécial en ce moment, rien au cœur, mais tu te sentais bien, dans le sens d’humeur profonde, tu te sentais bleu. Tu te sentais léger, tu voulais que ça dure, la présence d’Aleks te faisais énormément du bien, tu aurais tellement voulu partager sa cellule, rien que pour le voir tous les jours, mais ça, tu le gardais pour toi, tu refusais de te l’avouer, comme tant d’autres choses que tu ignorais encore. Mais pourquoi se fatiguer la tête à réfléchir ? à précipiter les choses ? Tu étais tellement fatiguer, tu laissais les choses se faire toutes seules, fonctionner toutes seules, tu te laissais faire, tu te laissais tendrement enculer par la vie. Tu ne pouvais déjà plus t’opposer, tu ne faisais plus que céder. Céder et parler, et chercher à aller mieux tout en ne faisant rien pour changer les choses. C’était un peu idiot et lâche, mais depuis ton entrée à Alvena tu n’avais plus la force de ne rien faire, et puis le cachot t’avais changé, il t’avais juste fait réalisé à quel point tu ne valais rien, à quel point ta vie ne valait plus rien à présent, à quel point ici tu n’étais qu’un numero de cellule, rien de plus, on t’avait une fois de nouveau réduit à ton état de chose, d’objet et ça te calmait énormément. Tu te demandais d’ailleurs comment les gens comme Aleks vivent ça, comment vivre cette soumission quand on est si orgueilleux et si fier. Tu chassas cette pensée d’un mouvement de tête, ça ne te regardait pas.

    Tu restais dans ta position actuelle alors qu’Aleks s’était allongé, ça te gênais un peu, qu’il pouvait te regarder alors que toi tu en étais incapable. Mais tu demeurais dans cette position. Tu portais une nouvelle fois la cigarette à tes lèvres, inspirant. Tes yeux dévièrent sur le ciel, et pour un moment tu en oubliais presque la présence d’Aleks, tu te sentais tout drôle, tout étrange. Tu ne comprenais pas pourquoi tu avais parlé de ta mère, ni pourquoi elle t’avait manqué. Elle ne t’avait jamais manqué avant, tu ne l’as jamais appréciée. Mais peut être était-ce parce tu n’avais plus personne ici. Et que tu te sentais affreusement seul, alors c’était naturel, que tu ais envie d’un peu de consolation. Peut être aussi car tu étais déçu, qu’elle ne soit jamais venue, même pas une fois, alors que tu étais ici depuis bientôt deux semaines. Tu passais ta main libre dans tes cheveux, avant de répondre à sa question ;

    -Hm ? Et toi ? Tu fumes pas ? Je fumais beaucoup avant d’arriver ici, honnêtement, mais j’étais plus du type à piquer les clopes à mes mec. Mhh.

    Tu pris une légère inspiration. Tu souris un peu à la première question d’Aleks, ça te surprenais un peu qu’il s’intéresse à « ça ». Tu n’avais pas énormément penser avant de parler, mais tu ne le classais dans aucune de ces catégories là. L’une était trop inaccessible, l’autre n’était pas digne de lui. Avant de répondre à ça, tu pensais à sa seconde question. Ta mère, ta mère. Tu te mis à repenser à elle, jusqu’à la voir devant toi, sous tes yeux. Tu semblais d’un coup tout songeur. Tu lui ressemblais, énormément, et ça te tuait, de te dire ça. Ça te tuait de la voir dans la glace, de la voir se cacher entre tes traits, de voir cette femme que tu haissais tant, et que tu aimais à la fois, malgré tout ça, malgré tout ce que tu avais enduré.

    -Ma mère…..Oui, on se ressemble énormément. Elle est même une version féminine de moi, mais physiquement. Elle est plus petite, fait dix ans de moins que son âge. On m’a déjà dit qu’on avait les mêmes yeux, mais je ne sais pas, je ne l’aimais pas beaucoup dans mon enfance.  C’est un peu elle m’ayant dégoûtée des femmes. Ma mère est une prostituée, sans famille, je n’ai jamais  rencontré quelqu’un ayant mon nom, qui est celui de ma mère, puisque je ne connais pas mon père. Quand je lui demandais qui était mon père en étant gosse, elle me regardait d’un air froid et me disait qu’elle ne savait pas. Honnêtement, je la crois. Elle n’avait pas d’endroit où me laisser quand j’étais enfant, alors elle me gardait dans la pièce à coté quand elle faisait son travail. Mais elle ramenait rarement ses clients à la maison quand j’avais grandi, car je lui avais dit que je n’aimais pas ça. J’ai toute ma vie vécu avec elle. Ma mère était une femme si belle et si triste, je n’avais jamais pensé à ses raisons, elle devait en avoir, non ? Je ne sais rien d’elle, elle ne rentrait pas de la nuit, elle fumait beaucoup, et buvait occasionnellement, mais quand elle buvait, elle buvait beaucoup et elle avait l’alcool triste, alors elle se mettait à pleurer, et je devais arranger sa merde. Elle ne se souvenait jamais de ça au réveil, et faisait comme si de rien n’était. J’ai toujours du prendre soin de moi, je n’ai jamais vu « maman » comme étant ma mère. Elle aimait beaucoup lire, elle avait beaucoup de bouquins dans sa chambre, notamment tous ceux de Sartre. Et elle m’a un peu nommé à partir d’un nom de personnage d’un certain livre à la con. Elle m’a eu très jeune, à environ seize ans, et ne voulait pas de moi, mais devait me garder car elle ne pouvait plus avorter. Je crois qu’elle a un sacré syndrome de peter pan, puisqu’elle refuse de se voir vieillir, et qu’elle se voyait vieillir en moi. Mais ce qui était bien avec elle, c’est qu’elle s’en foutait de ce que je faisais et qu’elle « m’acceptait ». Je me rappelle encore ce moment, quand j’étais gosse. J’aimais porter ses fringues et me maquiller, j’étais tellement mauvais, du rouge à lèvre, je m’en étais mis partout. Elle était rentrée plus tôt, et m’avait vu, comme ça. Je m’étais sentie si mal, mais elle n’avait rien dit, elle avait essuyé mon maquillage et m’avait maquillé. Puis, elle m’avait dit que j’étais belle, j’avais pleuré, comme un con. C’était mon plus beau souvenir avec ma mère. Je n’ai jamais cherché à la comprendre, j’avais trop de haine envers elle. Je n’étais qu’un enfant, je n’aimais pas ce que j’endurais à cause d’elle. J’avais honte, j’avais honte d’être un fils de pute. J’avais honte car à cause d’elle on m’insultait alors que je n’étais qu’en primaire, parce qu’on m’harcelait,  parce que je n’ai pas eu une enfance normale parce qu’on ne voulait pas me parler. Je lui en voulais. J’étais trop occupé à la haïr pour essayer de la comprendre, car j’étais persuadé que ma vie aurait était autrement si elle n’était pas ma mère. Mais je m’en veux un peu, de ne pas avoir essayé à la comprendre. Depuis que je suis arrivé ici elle n’est pas venue me voir, je me demande si elle a remarqué que je suis parti ? Elle me manque sans raison. ça me tue mais elle me fait penser à moi. Si faible, si seule, si facile…Ma mère c’était une putain de sirène.


    Tu regardais la cigarette se consumer d’elle-même, tu tiras une dernière taffe avant de l’écraser contre le tronc d’arbre et te laisser tomber à coté d’Aleks. Ta tête bouillonnait et tout était confus. Tu te sentais étrange, c’était la première fois que tu parlais de ta mère à quelqu’un. Pendant tout le récit tes yeux avaient étrangement brillé, d’un quelque chose que tu ne te connaissais pas, tu te sentais un peu triste, nostalgique, il y’avait aussi un peu de regret dans ta voix. Maintenant allongé dans l’herbe, tu regardais le profil d’Aleks, il était vraiment beau et tu aimais sa cicatrice. Tu passais une main hésitante dans ses cheveux blonds, tu aurais voulu qu’il te parle de sa famille, mais tu hésitais, tu ne t’intéressais pas vraiment au passé des autres, hélas. Même si celui d’Aleks t’intéressais, mais tu ne voulais guère le froisser, ou quelque chose dans le genre. Tu eus un petit sourire malsain ;

    -Ce que tu es comme histoire, toi. Ahaha. Je ne parle pas de ma mère à mes plan cul, au fait, je ne parle pas à mes plan culs, je suce. Et je n’ai jamais parlé de mon passé à personne, tu dois être une toute nouvelle catégorie. ça te va comme réponse ?

    Tu cessas ton mouvement de main, tu attendais qu’il te regarde dans les yeux, tu voulais juste affronter son regard bleu, pour pouvoir y lire quelque chose, tu aimais vraiment son regard. Mais tu ne comprenais pas quel genre d’histoire c’était, et tu t’en foutais, tout ce que tu savais c’est qu’Aleks était inclassable, et que putain, tu appréciais sa compagnie. Tu n’étais pas sûr que tu aurais pu garder la raison si tu ne l’avais pas connu, en toute honnêteté, mais tu hésitais à lui dire, tu ne voulais pas en faire trop alors tu te tus.

    -Je suis surpris. Je ne croyais pas que ça t’intéresserait ce genre de choses.

    Tu dis cela plus pour le taquiner que pour autre chose. Puis, tu te retournais, maintenant tu pouvais voir le ciel. Tu souriais, tu te sentais déjà un peu mieux. Le ciel te faisait rêver, tu avais espoir, tu savais que tu pouvais te tirer d’ici. 

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MessageSujet: Re: Safe and washable [Pv Aleksandr] Ven 29 Mai - 9:45

Draco fumait comme une femme, et pendant qu'il me racontait je n'eus aucun mal à me la représenter, sa pute de mère. Je l'imaginais bien, dans une encadrure de porte ou contre un lampadaire, un mur, tenant sa clope de la même façon, avec ce regard aguicheur devant le client potentiel, sans doute accompagné de quelques mots prononcés d'une voix de fumeuse légèrement rauque mais charmeuse, et qui redevenait vide quand chaque homme partait. Elle avait tes yeux Blue Boy, et aussi tes cheveux, en plus longs et striés de gris. Elle était frêle, à la place des types qui l'a payée j'aurais eu peur de la casser, son visage était. Une poupée usée par le temps, c'est comme çà que je me l'imaginais, fatiguée, tellement fatiguée. J'en ai vu des putes, certaines étaient sous la protection de notre gang, et à un moment ou un autre, elles avaient toutes cet air là. Puis mon image mentale se brouilla la mère devint le fils, je te crois quand tu dis qu'elle était très belle si elle te ressemble.

"Ecris-lui Drake, écris-lui n'importe quoi mais fais-le. Dis-lui qu'elle te manque. Que tu voudrais la voir." Je secouai légèrement la tête pour chasser ses images de ma tête. "Si tu es anglais, j'suppose qu'elle vit là-bas. C'est loin, c'est cher pour venir et t'es ici depuis même pas un mois, laisse-lui le temps."

Personnellement, je crois que tu as essayé de la comprendre. Peut-être pas consciemment mais tu l'as fait Draco, toi qui as essayé d'être une femme quand tu dis qu'elles te dégoûtent. Enfin je dis ça mais je ne sais pas, je ne suis pas psy, c'est un truc qui m'aurait bien plu çà je crois, être psy, comprendre ce qu'il y avait dans la tête des gens, comment ils fonctionnent. Je tentais de m'imaginer le truc, moi en train d'étudier, de passer les exams, d'avoir un cabinet avec des gens qui m'appellent docteur ou monsieur. D'avoir une petite maison avec pourquoi pas un chien et un jardin, et tout ce qui va avec. Avoir une vie tout ce qu'il y a de plus normale, à l'american way of life. Et ce fut comme si je pensais à la vie de quelqu'un d'autre, celle d'un blond sans cicatrice. Ce n'était pas crédible, tout au plus un de ses rêves bizarres que l'on pouvait faire la nuit.

Sa main me surprit mais c'était agréable alors je ne dis rien. Je tournais la tête vers lui, avec un peu d'interrogation dans le regard et je me rendis compte que le sien aussi, que lui passait-il dans le crâne ? Quelque chose que je ne saurais jamais vu qu'il changea de sujet. En réponse à ce sourire qui l'enlaidaissait, j'eus un petit ricannement. Et en même temps, j'aurai bien aimé qu'il continue à me toucher les cheveux. Ca me détendait.

"J'aime bien être une catégorie à moi tout seul. La catégorie Sacha."

Je plaisantais aussi, je m'étais tourné sur le côté tout en me redressant sur le coude pour pouvoir le regarder. Et je pris son visage entre mes doigts, le tournant vers moi, et je me penchais pour l'embrasser, comme çà, parce que j'en avais envie. Je re-goûtais à ses lèvres qui, je m'en rendais compte maintenant, m'avais manqué durant cette semaine, je les pressais contre les miennes, elles avaient un goût de tabac, tandis que je glissais une main sous son haut pour lui caresser la peau du ventre avant de la lui griffer gentiment. Puis je le relâchais, et j'appuyais ma joue contre ma paume pour le fixer en souriant. Pour une fois je n'avais rien derrière la tête, j'étais tout simplement bien et c'était suffisamment rare ici pour ne pas en profiter. Putain ouais, il m'avait vraiment manqué le con. Surtout là où il était bien plus attirant que lorsqu'il faisait sa dramaqueen dans la cantine.

"Tu sens la clope. C'est cool. J'aime beaucoup cette odeur, peut-être parce qu'elle est associée pour moi à des trucs sympas. Tu pourras m'en piquer quand t'en auras envie. Mais non, j'fume pas, j'crois pas avoir essayé même. Parce que ça crée une dépendance et c'est quelque chose qui m'a toujours répugné, dépendre de quelque chose. Ou même de quelqu'un. 'Fin, j'veux dire, on a déjà suffisamment de chaînes dans la vie, j'vois pas l'intérêt de s'en faire d'autres." Pendant que je parlais, j'pensais à un truc qui me fit rire. "En plus, paraît que ça énerve quand t'as envie de fumer et que tu peux pas. Et j'ai pas besoin de çà, tu crois pas?"

Déjà que je démarrais au quart de tour. Je relevais un peu la tête pour regarder le ciel, profitant du léger vent qui venait me caressait le visage et jouait avec mes cheveux. Ca faisait longtemps que j'avais pas pensé à mes géniteurs, peut-être une pensée comme çà en passant. Il avait fallu que Drake parle de sa mère pour que je le fasse sérieusement. Des années que je leur avais pas parlé, pourtant ils avaient pas déménagé depuis que je m'étais cassé. Des fois, quand l'envie m'en prenait, j'passais devant chez eux le soir, et si j'les voyais par la fenêtre, je restais à les regarder. Jamais compris pourquoi je faisais çà. Ils n'avaient pas eu d'autres enfants, du moins j'avais pas entendu dire que j'avais un petit frère ou une petite soeur et j'avais jamais rien vu qui le laissait penser. Quoique je les comprends, après m'avoir eu ils ne devaient pas avoir envie de retenter l'expérience. Je racontais à BB, même si il devait en avoir rien à faire, il me l'avait dit l'autre jour que mon passé ne l'intéressait pas. J'savais même pas moi-même pourquoi je le faisais, peut-être pour passer le temps.

"Quand j'suis parti de chez moi, j'avais quinze ans. J'étais entré dans mon gang depuis quelques mois. Ils n'ont rien dit, de toute façon ça faisait longtemps qu'on ne se disait plus rien, même quand j'rentrais avec mes fringues déchirées ou que j'étais tâché de sang. Ils étaient jamais là, toujours au travail, au bar ou dans le pieu d'autres j'suppose. Même si j'étais jamais là non plus, déjà gosse j'devais passer plus de temps dehors que dedans. Et pour moi c'était normal, j'étais même content, ils me criaient pas dessus et ils me frappaient pas, j'avais de la chance. Puis j'ai compris qu'ils n'en juste avaient rien à foutre. J'sais pas, peut-être qu'ils pensaient qu'ils faisaient leur job de parents vu que j'avais un toit, des vêtements, à manger. J'ai jamais su si j'étais voulu à l'origine, je leur ai demandé une fois, on m'a dit de finir ma soupe au lieu de dire des conneries, ça m'a pas avancé des masses. Car j'suppose que si on a des mômes, c'est pour s'en occuper un minimum, leur consacrer, quoiqu'ils ont sans doute bien fait finalement, ça aurait été un mauvais investissement avec moi haha. Pareil, quand j'suis parti, c'est même pas suite à une engueulade, non c'était juste un délire avec mes potes. On avait des parents à chier, alors on pouvait très bien se passer d'eux. On a squatté dans différents endroits, des fois quand on en avaient marre, ils rentraient quand même chez eux, moi j'allais avec Ash, j'ai jamais refoutu un pied chez eux. Et ils m'ont pas cherché, peut-être qu'ils étaient soulagés, ils m'ont pas cherché ni rien, j'me demande ce qu'ils ont fait de ma chambre d'ailleurs. Ils ne sont pas venus à mon procès, ils ne m'ont jamais écrit aussi. J'espère que ça les a fait bien chier de voir leur nom écrit dans les journaux à côté de ma photo quand même."

Je m'étais de nouveau assis, contre le mur, une jambe pliée et l'autre détendue. Le menton sur le genou, je regardais maintenant Drake somnolait. Oui, je leur en voulais un peu. Si ils avaient été de meilleurs parents, j'aurai sûrement été un meilleur fils.

"La copine de Ash est comme toi, une fille de pute. Les autres gosses aussi se foutaient d'elle, jusqu'à ce qu'elle leur casse la gueule. T'aurais dû essayer, ça a été efficace avec elle. Elle haïssait sa mère aussi, j'crois que notre plus grosse peur de jeunesse c'était de ressembler à nos parents. Quand on est gosses, on essaie jamais de les comprendre."

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MessageSujet: Re: Safe and washable [Pv Aleksandr] Ven 17 Juil - 20:58


  • Et de ses baisers sur ma peau, naquirent des fleurs empoisonnées et des papillons fous à l’intérieur de mon ventre. Et je les sens me dévorer les intestins, s’agitant dans tous les sens, comme des démons maléfiques me tordant et meurtrissant tour à tour mon triste cœur endolori et candide, qui se cambrait et palpitait dans ma cage thoracique comme un pathétique poisson hors de l’eau. Il s’agitait, tellement que c’en était insupportable, heurtait avec violence contre ma poitrine, dans un omniprésent  bruit de marteau, comme détruisant les barrières que j’avais construites entre mon cœur et les autres, comme détruisant ces années de travail acharné de son regard, confusion. Son regard interrogatif se pose sur moi, et comme les yeux de Medusa, il me pétrifie sur place, d’une quelque force surnaturelle, je me sens flotter, je me sens tout léger, perdu, noyé dans le bleu douteux de ses yeux où je vois encore s’agiter les fantômes de toutes mes peurs et mes désirs les plus enfouis. Et ils m’effraient, autant qu’ils me fascinaient, ces yeux bleus qui n’avaient pas le même bleu que les miens. Une autre nuance de bleue, plus réelle, plus vive, beaucoup plus que le ciel morne des miens, un peu grisâtre parfois. Et aux yeux vifs s’ajoute le timbre de sa voix, et son rire léger, qui me fait sentir encore plus étrange. Mais qu’est ce qui m’arrivait ? Je sens mes yeux avides scruter chaque parcelle de peau, et graver dans la mémoire son image nouvelle, pour la garder à jamais intacte, vivante à l’intérieur de moi. Ce soudain intérêt eu sur moi l’effet d’une pierre que l’on jette dans un puits faisant écho dans tout mon être. Cette pensée se fane aussi rapidement qu’elle n’avait poussé, balayée par un sentiment singulier qui naissait à l’intérieur de moi. Et j’avais envie de pleurer, peut être de le repousser, car ça me brûlait un peu. Quelque chose me criait de prendre mes jambes à mon cou tant qu’il est encore temps. Mais je ne pouvais pas, je voulais encore plus. Mes paupières s’abaissent et ma main serre désespérément le tissu de son haut. Mais pourquoi, pourquoi maintenant ? Pourquoi m’embrasser ? Pourquoi alors que je disais toutes ces choses qui me donnaient envie de pleurer ? De disparaître ? Je ne savais pas. Et s’il ne faisait que jouer avec moi ?

    La réponse était déjà Claire dans ton esprit. “Alors faites que ce jeu dure  à jamais”. A jamais, a jamais, tu voulais te sentir ainsi, tu voulais sentir son souffle sur ta peau et sa présence près de toi. Mais surtout parce que c’était lui, Sacha, rien que ça faisait la différence. Tu ne savais même plus si tu étais heureux, ou alors si au contraire tu regrettais d’avoir fait  sa connaissance. Tu l’avais trouvé beau le premier jour où tu l’avais vu, et aujourd’hui encore tu le trouvais incroyablement beau. Beau comme une œuvre d’art, beau comme les peintures  que tu étudiais aux cours d’université que tu séchais à souhait. Mais pourquoi ? Confusion, confusion, confusion.  Là était la question. Qu’est ce qui le rendait si différent des autres ? Qu’est ce qui le rendait aussi différent des autres humains à tes yeux ? Si ce n’était que ce sourire qu’il trainait sur ses lèvres, ce sourire singulier, propre à lui, ce regard qui te brulait, ces pupilles où ton image se reflétait, ce rouge que tu enviais tellement, ce rouge que tu désirais, cette flamme qui te provoquait au fond des yeux bleus. Cette flamme qui embrasait le feu de ton cœur, cette flamme que même tes larmes ne pouvaient éteindre. Tu avais peur, tu avais ce léger goût âcre au fond de la bouche, ce mélange de cigarette et d’autre chose. Tu portais légèrement ta main à ta bouche, comme pris d’une soudaine nausée, que son regard avait atténuée. Tu le sentis se redresser pour t’embrasser de nouveau et ton cœur se serra encore une fois. Tu fermais les yeux, sentent sa main venir caresser et griffer ton ventre. Tu frisonnes au contact, comme une midinette tu te mords la lèvre inférieur. Ton pauvre cœur tremblait, à la vue de ce sourire qui fendit ses lèvres et c’était mauvais, très, tu avais un très mauvais pressentiment quant aux battements de ton cœur qui s’affolaient, et tu ne comprenais plus trop rien, tu avais peur, ça ne se lisait pas sur ton visage, mais les yeux ne mentent jamais.

    Ce sourire, putain ce que tu l’aimais, ce que tu le haïssais à la fois. C’était presque sincère et rien que ça te donnait envie de te réfugier dans ses bras et d’oublier.

    Mais qu’est ce qui t’arrivait à la fin ?

    Qu’est ce qui avait changé dans la manière dont tu le regardais ?

    -Ouai. J’aime bien l’odeur de la fumée aussi. Mes préférées c’était celles que je piquais à mes amis tout de même. Hmm…C’est vrai, que c’est pas tellement ton genre de dépendre de quelque chose. Ou de quelqu’un…tu ajoutais avec une petite voix.


    Tu ne savais pas pourquoi tu avais ajouté cela et tu le regrettais déjà. Une énième fois, tu mordille ta lèvre inférieure. Pourvu qu’il ne remarque pas la teinte cramoisie que tes joues avaient pris. Il relève les yeux vers le ciel et tu en profites pour scruter son visage comme si tu le découvrais pour la première fois, mais sans t’attarder trop sur un détail, tu avais un peu peur que ses yeux ne t’absorbent, tu avais peur que ses yeux ne te capturent et que jamais tu ne pourrais en sortir vivant ; tu avais oublié comment nager.

    Et il te parlait, et ça te fis du bien même si tu n’en avais qu’à faire du Sacha d’il y’a des années, celui qui t’intéressait ce trouvait là, devant toi. Mais ce qui te touchait le plus, c’était le fait qu’il s’ouvre à toi et non à un autre, que c’était à toi qu’il parlait…à toi. Et rien que ça te fis monter les larmes aux yeux, tu lui étais tellement reconnaissant, mais tu ne l’avoueras jamais. L’entendre parler de sa famille à lui atténua l’embarras que tu avais ressentis en parlant de ta propre génitrice. Tout au long du récit, tu le suivais avec attention, chaque mimique et chaque expression était importante et n’échappait pas à ton regard attentif. Et tu te sentais un peu mal, un peu mal pour l’enfant négligé qu’il avait été un jour. Et peut-être que tout s’explique, que tu comprenais mieux maintenant pourquoi il avait tourné ainsi. Peut être qu’il aurait pu être autrement si jamais ils lui avaient prêté de l’attention…Peut être qu’il n’aurait jamais été ici. Mais tu étais un égoïste, et au fond, tu étais un peu heureux qu’il était là, tu n’avais plus rien pour t’accrocher, et il avait sur toi l’effet d’une bouée de sauvetage. Même si la possible dépendance t’effrayait, même si la tendresse de ses gestes te faisait mal, même si le changement était impensable.

    Mais du coup tu te sentais un peu mal à l’aise, ne sachant que dire. Tu t’en doutais qu’il ne cherchait pas à être réconforter. Il se lève et s’assoit contre le mur, menton sur le genou te regardant alors que tes yeux se refermaient peu à peu.  Tu hausses les épaules ;

    -Je pense que tu peux très bien blâmer tes parents, ils avaient l’air de s’en foutre, mais peut être qu’ils avaient leurs raisons….Tu ne regrettes rien n’est ce pas ? C’est l’important d’après moi, il y’a tant de choses que je regrette. Et puis ce n’est pas comme si on allait rester ici à jamais…Mhh..

    Il continue, me parlant d’une de ses amies, qui avait apparemment été dans le même « cas » que toi, tu eus un rire un peu amer, te passant la main dans les cheveux distraitement lui faisant maintenant face. C’est vrai que tu n’avais jamais essayé de penser à ses raisons à ta mère et que maintenant tu avais envie de le faire, même s’il était un peu trop tard…

    -Oui, peut être que j’aurai du essayé, mais je suis et j’ai toujours été une mauviette, j’ai toujours eu  très peur. J’avais peur de devenir comme ma mère, mais voilà ce que je suis devenue. Une pute. Regarde moi, j’ai l’air profondément ridicule mis à nu, sans mes faux cils, mon maquillage et mes robes pour me cacher.


    Tu t’en voulais pour lui avoir montré toutes ces faces meurtries et fragiles de toi-même. Tu étais tellement fragile, tu ne reposais que sur un fil et il aurait pu te casser en deux facilement, rien qu’avec un mot ou un geste. Mais pour la première fois tu faisais confiance, pour la première fois tu avais envie d’y croire. Tu avais envie de croire en lui...et en toi…Et en ta mère. Non, tu y croyais et le ciel était déjà un peu moins gris, et tes démons s’atténuaient un tout petit peu alors que le cadenas rouillé qu’est  ton cœur se fissurait lentement.

    -Je…Je lui écrirai à ma mère. Je lui écrirai mais je dois me défoncer avant, mes mots  viennent plus naturellement….haha.

    Ton rire meurt au bout de tes lèvres. Tu le regardes de nouveau, mais cette fois tu baisses les yeux. Tu ne sais pas pourquoi, ça te gênait énormément et tu te sentais embarrassé. Juste le voir, le regarder, faisait incroyablement battre ton cœur. Celui que tu croyais mort. Tu refusais de comprendre, tu refusais  d’admettre que ce qui t’arrivait t’était si familier faute à ces nuits passaient en rêvassant. Tu chasses ces pensées de ta tête. La secouant de droite à gauche, et puis, tu ne sus pourquoi mais tu dis ;

    -Tu sais, je me suis branlé en pensant à toi. Quand j’étais là bas.


    C’était peut être ta manière à toi de lui dire qu’il t’avait manqué. Tu rougis légèrement te rendant compte de la bêtise que tu venais de débiter. Tu te sentis crisper, tout d’un coup. Tu le balaie de ton regard, tu chéries chaque instant, chaque seconde comme si c’était la dernière. Et d’un coup, elle vint, comme un éclair, comme une illumination, et ça te donnas envie de fondre en larmes même si tu en avais rêvé depuis tellement longtemps, même si tu l’avais voulu pendant tout ce temps. Tout ce que tu ressentais en ce moment était de la confusion de la peur, les battements désordonnés de ton cœur aussi.
    Putain ce que c’était bien, ce que c’était dégoûtant à la fois, tout ce mélange boueux de sentiments douteux que tu ne pouvais reconnaitre. Et ça te donnait envie de mourir, ou bien de te blottir dans tes bras. Mais le peux de fierté qui te restais t’obligea à te relever. Ca avait l’effet d’une bombe à retardement sur toi, lentement et sûrement, tu ressentais toutes ces choses que tu n’avais jamais ressenties, et tu te sentais légèrement déçu, mais aussi effrayé, très.

    -Ecoute Sacha je…Je dois partir, je me sens pas super. Enfiiin, on se parle tout à l’heure.


    C’était con, mais tu avais besoin de temps, de temps pour toi-même, pour pleurer, pour trouver une solution à toute cette merde, cette merde profonde dans laquelle tu t’étais enfoui.

    Et puis, c’était prévisible, c’était prévisible que tout allait se passer ainsi, et c’était foutrement ironique. Qui aurait cru que tu tomberais amoureux pour la première fois derrière ces barreaux ?

    Ces trois mots rebondirent contre tous les recoins de ta cervelle : Tu étais amoureux.

_________________

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