Tu comprends enfin ce que tu viens faire là. Oui coco, tu as été arrêté. Tu es méchant et tu es considéré comme un fou par la plupart des « gens du dehors » comme on les appelle ici. Mais ne t’inquiète pas. Méchant ? On l’est tous ici ! Fou ? Hum, je pourrais te dire pareil mais certain tenteront de te persuader qu’ils ont un mental sain… Bienvenue à Alvena mon mignon ! Je suis Monsieur le Directeur et je t’interdis de m’appeler autrement. Je suis le maître dans cette prison, et je me dois de t’informer de certaines choses. Ici ne sont enfermésque des hommes. Les motifs de leur présence sont divers et variés mais pas leur sexe. Même si la plupart des membres du personnel sont des femmes, attends toi à ne prendre la douche qu’avec des réservoirs de testostérone ! Bon je t’avoue qu’on est au XXIeme siècle, la loi sur l’homosexualité est passée,ça devrait t’éclairer sur l’orientation sexuelle de la plupart des détenus…

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(davidbell) + WELCOME TO WONDERLAND

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MessageSujet: (davidbell) + WELCOME TO WONDERLAND Ven 14 Nov - 14:36


we're all mad here
(prévert) ▽ Et je suis là près d'eux, vivant encore un peu, tuant le temps de mon mal, tuant le temps de mon mieux.  




Rose

Le patron voudrait que tu t'occupes de guider le nouveau. Fais-lui la visite, donne-lui les horaires, indique-lui quels sont les détenus dont il faut se méfier. Instruit-le aux habitudes d'Alvena. Première fois comme surveillant pénitentiaire. Je viens de lui dire de te retrouver à la cantine. David. Américain. Blond, yeux clairs, lunettes. Grand, mais moins que toi.


Téléphone dans une main, cigarette dans l'autre, coincée entre l'index et le majeur – d'étranges doigts, squelettiques et fragiles, dans un corps osseux et précaire –, il regarde. C'est un instant figé dans le temps : Bertrand ne dit rien, ne bouge pas, sa main dans l'air a suspendu son vol et sa tête s'est détournée du mégot pour lire le message. Il regarde. Le bleu de ses yeux s'éclaircit soudain et un voile opaque l'envoya loin dans ses pensées. Perdu quelque part dans sa tête, il ne dit rien, ne fait aucun commentaire – que personne ne pourrait entendre, de toute façon. Son regard s'est légèrement déplacé pour se poser sur un point invisible à l’œil nu, invisible pour tout le monde si ce n'est lui. Un long moment traverse l'espace et le temps où, juste comme ça, il ne pense à rien.
Il était là, tout seul, déjeunant, et bientôt il sera avec lui, à expliquer comment ici ça se passe, à discuter même, voire plaisanter, si le cœur y était. Maintenant, tout de suite, il se sentait idiot et il ne savait pas quoi faire. L'instant lui était absurde. Il n'avait jamais – jamais – été dérangé durant son déjeuner. Il le prenait toujours après que les détenus soient partis, et avant que ses collègues n'arrivent. C'était un moment qui n'appartenait ni au monde d'ici, ni au monde d'aujourd'hui ; un moment qu'il possédait, lui tout seul, comme une bulle, et David venait en gratter la surface du bout de l'ongle.
Il n'en était pas spécialement agacé, juste incroyablement surpris, et il avait du mal à y croire. Il relu le message plusieurs fois, pour chercher contenance et accroche dans cette réalité qui était maintenant, non plus la sienne, mais la leur, et il le sentait : il allait devoir vivre avec. Vivre, c'est à dire se lever, bouger, parler, rire peut-être – mais certainement pas pleurer. Bertrand était cet homme qui d'habitude, ne faisait que rarement tout ça : il s'asseyait, mangeait sans appétit, lentement, en déchirant bien des dents les feuilles de salades, et pendant ce temps, il avait les prunelles perdues, totalement ailleurs, là où la couleur des murs était différente, plus chaude peut-être. Calme, taiseux et doux, Bertrand n'est pas homme, dans le costume de son corps trop grand et trop frêle, qu'on imagine ici.
Il cligna des yeux et revint de son imaginaire jusqu'à la cantine. Il relu le message. David, le nouveau. Il haussa des sourcils, avant de les froncer : première fois comme surveillant pénitentiaire. Il eu envie d'appeler Rose, la secrétaire, pour qu'elle lui explique... il hésita, composa le numéro, se ravisa, hésita de nouveau, recomposa le numéro, et s'arrêta en se décidant que ce n'était pas nécessaire, que de toute façon il n'y avait rien à comprendre. Il n'y avait même pas de question. Il ne saisit pas bien pourquoi il est dérouté... peut-être est-ce l'heure, peut-être est-ce parce que d'habitude, personne ne vient jamais le voir au déjeuner. Personne ne sait jamais où il est, d'ordinaire, entre 12h20 et 12h50. Son visage fut de nouveau perplexe : personne ne sait jamais où il est, d'ordinaire... il soupira, et ne chercha pas à savoir comment Rose était au courant. Il reposa le téléphone et écrasa sa Lucky Strike dans le fond de son verre, l'y laissa, comme une signature, et repoussa son assiette. Il avait mangé, comme tous les jours depuis 5 ans, du chèvre chaud sur du pain grillé et une salade avec vinaigrette. Une clémentine en guise de dessert. Un repas frugal, somme toute. Il resta assis, et le menton dans la main, il surveilla d'un air endormi et rêveur les portes de la cantine.

Plusieurs personne sont passées déjà, avant que David n'arrive dans le réfectoire. Grâce à Rose, Bertrand le reconnu de suite. Il n'imaginait pas ses cheveux si longs, ni ses épaules si larges... pour tout dire, il ne sait pas trop comment il se l'était imaginé. David était un bel homme, costaud et imposant, mais Bertrand n'était plus impressionné par un tel gabarit après cinq ans. Aujourd'hui, ce qui surprendrait, c'est au contraire une silhouette menue, effaçable d'un souffle, comme une ombre. Quelque chose comme Bertrand Paupel, par exemple. « David ? » Qu'il demande, d'une voix grave, douce et chaude, un peu comme du miel.
Il ne bougea pas, il resta assis, son menton toujours dans sa main et ses prunelles toujours opaques, bien qu'elles soient maintenant plantées dans celles de David. Bertrand ne regardait jamais les gens que droit dans les yeux.
(c) AMIANTE


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MessageSujet: Re: (davidbell) + WELCOME TO WONDERLAND Sam 22 Nov - 18:20

C'est grand, tortueux, bétonné et grillagé de partout. David ne peut entrer dans la prison d'Alvena sans s'attarder un peu devant. Le même frisson le prend à chaque fois, comme lorsqu'il était encore flic. La sensation de danger imminent avant les descentes, d'être sur le point de foncer dans la gueule du loup. Sans l'équipe d'intervention autour de lui l'exaltation n'y est pas. Ce n'est qu'un frisson vite chassé d'un roulement des épaules. Sa silhouette élancée part à grands pas vers les portes. Procédure habituelle à l'entrée, puis direction les vestiaires pour passer son uniforme de gardiens.

L'endroit n'est pas tout à fait calme, trois gardiens se changent également pour retourner au civil. Des vestiaires et une armurerie, bien que sommaire, sont de nature à le détendre. Il passe l'uniforme, puis les bottes, et pour finir la lourde ceinture. La casquette reste au placard pour l'instant.

Le frisson se diffuse dans son corps, imprègne ses muscles pour s'y éteindre. Un brin de nonchalance allonge légèrement les foulées du tout nouveau gardien. Un infime sourire de satisfaction s'empare de ses lèvres fines. La radio fixée juste sous sous son épaule tire pèse sur le tissu, la ceinture épaisse et lourde gène ses hanches. À un calibre près il pourrait être encore flic.

Le réfectoire se dépeuple alors qu'il y entre, saluant les nouveaux collègues qui retournent au boulot. Suivant les indications, il ne tarde pas à repérer le grand sac d'os qu'on lui a décrit. Il hausse brièvement un sourcil en le découvrant. Difficile de l'imaginer retenant un homme déterminé à lui passer dessus pour s'évader, ou charger pour réprimer une émeute. Sa silhouette longiligne évoque plus les barreaux d'une cage qu'un molosse censé la garder.

Malgré son jeune âge, David en a vu d'autres dans sa carrière de flic. C'est donc avec un franc sourire qu'il rejoint cette grande perche échevelée pour une poignée de mains ferme.

" Bien vu ! Alors t'es mon rencard. Paupel, c'est ça ? "

Il porta les mains à sa ceinture en balayant la salle des yeux. Son regard revint à celui de son guide.

" Bon, bin la cantine : c'est fait. Qu'est-ce qu'on a après ? "
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(davidbell) + WELCOME TO WONDERLAND

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