Tu comprends enfin ce que tu viens faire là. Oui coco, tu as été arrêté. Tu es méchant et tu es considéré comme un fou par la plupart des « gens du dehors » comme on les appelle ici. Mais ne t’inquiète pas. Méchant ? On l’est tous ici ! Fou ? Hum, je pourrais te dire pareil mais certain tenteront de te persuader qu’ils ont un mental sain… Bienvenue à Alvena mon mignon ! Je suis Monsieur le Directeur et je t’interdis de m’appeler autrement. Je suis le maître dans cette prison, et je me dois de t’informer de certaines choses. Ici ne sont enfermésque des hommes. Les motifs de leur présence sont divers et variés mais pas leur sexe. Même si la plupart des membres du personnel sont des femmes, attends toi à ne prendre la douche qu’avec des réservoirs de testostérone ! Bon je t’avoue qu’on est au XXIeme siècle, la loi sur l’homosexualité est passée,ça devrait t’éclairer sur l’orientation sexuelle de la plupart des détenus…

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[YAOI] S comme Soins, Sacha, Strand Draco.

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MessageSujet: Re: [YAOI] S comme Soins, Sacha, Strand Draco. Sam 25 Oct - 1:31


  • « Et pendant un instant, pendant un moment mon monde fut rempli de lui, j’étais rempli de lui. Il était là à l’intérieur de moi, et non pas seulement dans ce sens mais dans un autre. Il était dans ma tête, il était sur les murs, il était peut être même dans mon cœur, il était dans l’air que je respirais puisque je ne pensais qu’à lui, puisque ma gorge criait son prénom, puisque mes ongles arrachaient sa chair. Puisqu’il était là, partout, et que je ne pensais qu’à lui, que ma tête était remplie de lui. Mais à la fin, ce n’était même pas ça, c’était moi en lui et non lui en moi. Il me dévorait, il me consumait, je le savais, je le sentais dans sa manière de me toucher, de me brûler la peau, d’incendier mon âme. Quand j’étais petit, j’étais tellement fasciné par ce feu dans la cheminée, je voulais m’en approcher, aujourd’hui, je me suis jeté dedans, je me suis-jeté dans le feu et je l’ai laissé me prendre, me brûler. Je l’ai laissé me manger, me dévorer, m’envelopper de ses flammes. Je l’ai laissé faire et je n’ai eu aucun regret sur le moment, sa chaleur me réconfortait, je me laissais faire. Je me laissais faire à cause de ce vide en moi qu’il remplissait, je me laissais faire alors que j’ai toujours eu peur, aujourd’hui ça a changé, pour lui ça a changé. Je m’étais rendu compte que tout ce qui m’effrayait ne comptait pas et que tout ce qui comptait fut lui en moi. »

    Tu l’aimais, tu l’aimais tellement en cet instant, tu n’avais jamais fait l’amour ainsi, jamais, jamais, c’était peut être ça ce que tu cherchais au fond, ou peut être pas va savoir, tu n’étais plus sûr de rien et ça ne comptait pas de toute manière. Tout ce qui comptait fut lui en toi, et tes cris, et tes pleurs étouffés. La douleur qu’il te procurait n’était que douce, aussi douce que ses gestes pourtant brusque, il te mordait, ça avait l’effet d’un baiser. Tu voulais te rappeler de lui à chaque fois que tu te verrais nu, demain, après demain. Tu voulais te rappeler, tu voulais graver chaque instant en mémoire et les revivre à jamais. Là, tu avais le droit de le toucher, de toucher cette cicatrice, d’embrasser ces lèvres, là il ne voyait que toi et ne pensait probablement qu’à toi, là il n’y avait que toi dans son chamsp de vision. Ça te suffisait, ça te suffisait qu’on ne vois que toi pendant ce laps de temps, tu te laissais faire et tu aimais ça. Tu aimais quand il te faisait crier, tu aimais lorsqu’il te prenait, quand il te parlait cette langue que tu ne comprenais pas mais que putain ça sonnait bien. Tu te sentais comme emporté, t’étais au nirvana. Tu n’avais qu’une hâte, qu’il vienne en toi, et il le fit. Tu lançais un dernier cri plus élevé que les autres te contractant sur lui, il demeurait en toi encore quelques instants avant de se retirer retombant sur le lit avec toi dans ses bras. Sa main reposait sur l’arrière de ta tête, ton visage contre son épaule et ton corps encore collé contre le sien, c’était une sensation unique et si belle.

    Puis, il fit quelque chose, il t’embrassa le front et tu eus envie de chialer, tu eus envie de chialer parce qu’on n’avait jamais faiit ça à toi, car tu n’avais jamais eu droit à ça et ça te fendait le cœur. Il te dit que tu pouvais revenir, tu voulus rester à jamais mais tu savais que tu ne pourrais pas le prendre dans tes bras demain, alors tu ne fis rien, tu te tus et tu profitas, tu profitais de moment ouvert qui s’envolera au lever du soleil. Tu fis oui de la tête en souriant, dessinant des arabesques sur son torse de tes doigts, profitant de ses petites attentions qui te rendaient pourtant très heureux. Tu finis finalement par dire ;


    « Je ne sais pas quand mais je reviendrai Sacha, tu n’es pas le genre de personnes qu’on oublie facilement. Ah, merde, tu m’as pété la voix. »


    Avais-tu fini par un petit rire, taquin. Tu te sentais bien, là, maintenant, c’était assez rare mais tu semblais comme un vrai petit enfant maintenant. Tes doigts se mirent à caresser légèrement le marque de tes dents dans son cou et sur son épaule, tu les frôlais du bout des doigts, puis, tu t’amusais à y déposer des baisers légers. Tu ajoutais ensuite sur ce même ton moqueur ;

    « Toi par contre, tu ne vas pas pouvoir m’oublier bientôt non plus haha, avec ça tu vas être obligé de repenser à moi haha. »


    Tu ramenais ta tête contre son cou, sentant son cœur battre contre le tien et sa poitrine se relever au rythme de sa respiration. Tu voulais rester ainsi à jamais, tu baillais ensuite, déjà trop fatigué tu l’avais fait deux fois tu voulais t’endormir.

    « Hum, je suis fatigué, tu m’as vraiment tué, je sens que je vais pas trop pouvoir bouger demain, haha. J’vais faire comment pour m’casser moi. »


    Un petit moment s’écoula avant que tu ne commence ;

    « Sacha ? »


    Avais-tu prononcé d’une voix douce presque inaudible :

    « N’oublie pas de prendre soin de ton bras. Même si je ne reviens pas bientôt. »

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MessageSujet: Re: [YAOI] S comme Soins, Sacha, Strand Draco. Jeu 30 Oct - 2:54

Marc Levy a écrit:
Les gens sont libres, et l'attachement est une absurdité, une incitation à la douleur.

Tu sais BB, je ne m'attache pas aux personnes qui croisent ma route. Ou alors par accident, comme Mél et Ash, ce ne sont que des accidents de parcours. Ce n'est pas par misanthropie ou par indifférence, au contraire. Mais on ne dit pas s'attacher à quelqu'un pour rien et je refuse de me créer des liens pour m'enchaîner, mes faiblesses me suffisent. Lorsque tu t'attaches, tu gagnes quelqu'un à protéger, c'est une force, mais aussi quelqu'un à perdre, c'est une faiblesse, car plus ne rien ne peux t'atteindre si tu n'as plus rien à perdre et donc tout à gagner.
BB, je crois que tu es un autre accident, cette fois je ne peux même pas prétendre l'erreur de la jeunesse, peut-être que j'ai juste été trop con pour tirer des leçons de mon erreur. Tu es entré d'un coup dans ma vie, d'un coup du destin ou hasard, au fond on s'en branle. Et tu viens seulement d'arriver et déjà j'ai l'impression que tu vas me quitter, et j'ai l'impression que cela me glace, un peu mais c'est déjà trop.
Je ne veux pas m'attacher, mais il est sans doute déjà trop tard. Je ne peux m'en prendre qu'à moi-même.

On avait ce même sourire idiot sur les lèvres et autant de motivation pour bouger l'un que l'autre. Je ne pensais plus qu'à ce garçon contre moi et ses doigts qui me caressait la peau. Profitant de ce silence, il était aussi agréable que les cris auquel il avait succédé. J'aurais bien embrasser Drake pour qu'il se taise, au lieu de ça je ris avec lui. A cet instant, "tait à la fois si désirable et si innocent que pour la première fois de ma vie, je trouvais adorable quelqu'un qui n'avait plus de dents de lait. Et avec ce sentiment naissait celui de le protéger. Je ne laisserai pas Alvena abîmer çà.
Je lâchais mon T-Shirt qui était aussi crade que nous maintenant pour effleurer les marques que j'avais laissé sur sa hanche. C'est vrai que je n'avais pas été de main morte mais je en vois pas l'intérêt de ce genre d'activités si c'est pour se retenir. Et encore moins cette fois-ci, si nous n'avions pas fait l'amour, cela avait été plus fort qu'une simple partie de baise.

Je ne t'aurai pas oublié BB, sois tranquille, je ne suis pas sûr que je le peux, avec ou sans marque. Tu peux dormir, j'te raccompagnerai dans ta cellule à l'heure du couvre-feu.

Posant mon bras le long de mon corps tandis que l'autre caressait ses cheveux aussi doucement que je lui avais parlé, je le regardais s'assoupir contre moi. Du moins je le croyais, car de nouveau il finit par rompre le silence. Ces mots me firent me redresser sur mon bras, le regardant pour essayer de lire dans ses yeux s'il ne me cachait pas quelque chose. Cela sonnait trop comme le début d'un adieu et je n'avais aucune envie d'entendre çà.

Y a quelque chose dont tu voudrais parler Drake? Car j'vois pas ce qui pourrais t'empêcher de revenir, elle est pas si grande que çà cette taule et le temps c'est pas ce qui nous manque ici. Si t'as des emmerdes, j'peux t'aider, j'ai pas mal de contacts ici. Et çà ne vaut pas que pour maintenant, même plus tard.

Sans contrepartie, je ne vois quel intérêt j'aurai à lui demander quelque chose en retour, et ce n'était pas comme si il avait une telle chose à m'offrir. Mon ton n'était pas agressif mais il exigeait une réponse. Si je ne l'aidais pas, personne ne l'aiderait. Surtout pas lui qui se montrait si inquiet pour une pauvre coupure alors qu'il m'avait l'air indifférent à son propre bien.

Te fais pas de bile pour mon bras, déjà là y a quasiment plus rien, tu vois? Donc te fais pas de souci pour lui, occupe toi plutôt de toi, tu ne mérites pas de te négliger.

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MessageSujet: Re: [YAOI] S comme Soins, Sacha, Strand Draco. Mer 5 Nov - 12:56

  • Ton pauvre cœur était bête, ton cœur stupide était illettré. Il n’avait jamais su déchiffrer les phrases de l’amour, il n’a jamais su le reconnaître parmi ces visages qui venaient et disparaissaient dans la foule. Il n’a jamais su chanter cette chanson qu’ils connaissaient tous sauf toi, il n’a jamais été capable de rien, absolument rien. Tu étais si triste dans ton coin, la réalité est que tu attendais, une histoire d’amour fantastique qui ne venait pas, des lettres que tu ne recevais jamais, un prince charmant qui n’est jamais apparu. L’histoire d’amour n’a jamais été écrite et les lettres ont été envoyées à la mauvaise adresse alors que ton prince, lui, s’était tout simplement gouré de la route. Et ils ne venaient pas, et ils ne viendront probablement jamais, mais peu importe ! Oui, tu pouvais dire « peu importe » pour une fois. Pour une fois ça ne te donnait pas envie de pleurer, de chialer, de te couper les veines. Pour une fois, tu ne faisais pas que ça, attendre. Tu étais dans ses bras, tu ne savais pas pour combien de temps ça allait durer, et si ça allait durer justement. Ce n’était pas ça que tu demandais, car tu ne pouvais pas demander à la pute de devenir sainte, c’était tout à fait impossible. Tu ne voulais pas trop demander, tu ne le faisais pas, tu fermais ta gueule et humait son parfum à l’ivresse, profitait de chaque instant qui glissait d’entre tes mains. Tu étais sage, tu étais serein, tu étais paisible comme un enfant. Rectification, tu étais un enfant. Tu tenais à Aleks, vraiment beaucoup même si tu ne croyais pas le connaître si bien, mais suffisament. Tu l’aimais bien, il y’avait ce quelque chose, tu sais, là, dans ton cœur. Cet organe que tu croyais mort depuis tant d’années, et bien non, il ne l’est pas encore à ton grand malheur. Il est là, vivant sous ton corps nu, sous les draps de ta chair et de la sienne, il est là, il crie sa présence et tu essaies de le taire à tout jamais. Ce n’était ni le moment ni le lieu, quelque chose d’aussi pur ne pouvait naître derrière les murs d’Alvena, ici tout est moche et corrompu. Ici, c’est un endroit pour les durs, pas pour les gens comme toi Draco, non non. Toi tu n’es pas fait pour ça, tu n’es pas fait pour les prisons, tu n’es pas fait pour cet endroit, tu n’es pas un rat de prison, quelque chose qu’on emprisonne car elle est dangereuse, toi, tu as peur.

    Tu as peur.


    Mais là, là tu n’avais pas peur, là tu te sentais un peu comme sur un petit nuage, là c’était magique, là tu te taisais. Tu te laissais et tu te laissais faire, tu te laissais aller, dans ses bras, contre son cœur. N’espérant rien de lui, mais peut être que si au fond. Peut être qu’il était un peu trop tard, peut être que tu avais sauté les étapes comme tu aimais le faire. Ses mains caressaient doucement tes cheveux et cette simple caresse suffisait pour t’apaiser énormément, tu lui en étais reconnaissant.

    Lui, te demandait si tu cachais quelque chose. C’était un peu stupide, tu n’as jamais rien caché car tu n’avais justement rien à cacher. Et tu n’avais rien à cacher parce que tu étais un mystère pour toi-même. Une contradiction, tu ne te comprenais pas et tu ne comprenais pas le monde qui t’entourait alors tu te contentais d’exister bêtement en attendant que cela change. Tu pourrissais dans ton bain de pensées bleutées, tu t’oubliais. Sa dernière phrase te fis un bien fou, tu te sentais protéger. Cela sonnait comme une promesse et tu aimais cela. Même si maintenant il y’avait ce fil invisible qui vous reliait, même si une part de toi n’a jamais aimé les liens, l’autre est subordonnée. L’autre a tellement attendu, longtemps pour pouvoir se réveiller, et il lui offrait cette opportunité et pourtant. Il ne la saisissait pas, et il ne la saisirait jamais.

    Tu évitais son regard pendant un instant, fuyant. Tu ne savais pas quoi répondre et pourtant son regard exigeait des explications que tu n’étais pas prêt à offrir, tu ne savais pas, tu ne pensais pas, là, tu vivais le moment.

    -Je…ne sais pas. V..Vraiment pas Sacha, ce n’est pas aussi simple que ça, je suis ici depuis moins d’une semaine.

    Tu te serrais un peu plus contre lui, tu avais du mal, beaucoup de mal à t’y faire, à t’habituer. Hier encore tu étais dans un drôle d’état, tu ne voulais pas quitter Aleks, pas maintenant, tu avais peur de rester seul avec tes idées, tu avais peur de ce que tu pouvais penser, peur de tout. Peur de chaque meuble ici qui ne t’appartenait pas et qui te rappelait ton emprisonnement. Peur des visages que la lassitude a marqués, peur de devenir comme eux. Tu voulais qu’on laisse ton âme indemne, mais tout ce qui entre à Alvena n’en sort que plus rongé et usé.

    -Cet endroit n’est pas fait pour moi. Hier encore je croyais devenir fou, j’ai peur de ce que je pourrai devenir. J’ai peur de tout ce qui se passe dans ma tête, rien n’a jamais été facile là-dedans. J’ai peur de moi-même avant même d’avoir peur des autres.


    Cet endroit allait user ta jeunesse, tout ce qui te restait de passion et ton consumer à jamais. Cet endroit allait être ta mort, on t’avait enterré vivant c’est ça. Tu n’arrivais pas à te faire sortir ça de la tête, maintenant tout te semblait irréel. Le « Dehors » était devenu une légende, comme celle qu’on raconte aux enfants, il n’était plus.

    -Mais…Je dois survivre. Et pourtant je n’ai plus de raison d’être, j’ai envie de me tirer d’ici, j’supporte pas cet endroit. J’ai envie d’oublier, je ne sais pas, qu’on me dise que tout ceci n’est qu’un mauvais rêve. Vivre avec l’espoir de sortir un jour… Non, non ce n’est pas une vie ça. Et toi qui n’a aucun espoir, qu’est ce qui te pousse à te lever le matin ? Comment fais-tu. J’ai l’impression qu’il y’a un secret, quelque chose. Ça me démange, ma vie me semble tellement stupide et sans valeur. C’est con.


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MessageSujet: Re: [YAOI] S comme Soins, Sacha, Strand Draco. Lun 10 Nov - 10:16

Pendant qu'il parlait, des images de mes premiers jours dans cette taule me revenaient. Le gris des murs froids, toutes ces langues qui se mélangeaient à des bruits nouveaux qui remplaçaient d'autres inexistants. L'absence d'intimité et le matelas douteux à même le seul. La boufe dégueulasse. L'absence de choix. Le ciel toujours prisonnier entre des murs ou des barreaux. Le soulagement quand on m'a foutu au cachot car enfin, j'étais seul. Enfin physiquement, car jamais je n'avais autant ressenti la solitude qu'entouré de tout ses gens. Et pas de Ash ou de Mél sur qui m'appuyer. Le premier truc que j'avais compris était qu'ici encore plus qu'ailleurs, le moindre instant de faiblesse me serait fatal.
Ces mecs qui me regardaient comme s'ils attendaient qu'une occasion de ma part de ma part pour me sauter à la gorge. Pourtant, ils me faisaient moins peur que ceux qui avaient le regard vide. Avec les premiers, j'me trouvais en terrain connu, avec les deuxièmes... j'avais qu'une peur, devenir comme eux. Je dois les remercier car chaque fois que je flanche, il me serve de rappelle. Je me laisserai pas bouffer par Alvena.

Draco vidait son sac, je l'ai écouté sans l'interrompre. Sa pression de son corps contre le mien se fit plus forte, je lui ai déposé un baiser sur l'épaule, un autre dans le cou. Pour la première fois depuis mon arrivée ici, j'me sentais responsable de quelqu'un. Je ne l'avais pas choisi, cependant j'devrais me débrouiller avec çà à partir de maintenant et jusqu'à... 25 ans maximum. Une éternité moins longue que la mienne, c'était ce qui nous servait de temps, des éternités de différentes longueurs.
J'aurais aimé pouvoir le lui dire ce secret, vraiment, pouvoir rassurer ce garçon apeuré. Sauf qu'il n'existait pas et qu'il n'existera jamais. Et je ne lui mentirais pas, car se faire des illusions n'est pas un bon moyen de durer en prison.
A la place de celui-là, je lui murmurais à l'oreille un autre secret.

Tout le monde a peur ici. Les faiblards et les gros muscles, les chefs officieux et leurs larbins, les nouveaux et les anciens, ils ont peur, non, nous avons peur. Certains le cachent mieux que d'autres, il y en a qui l'ont oublié même, mais c'est un fait. Nous avons peur des autres, peur de nous faire planter par un autre prisonnier ou de nous faire tabasser par un gardien. Nous avons peur de nous-même, des faiblesses qui se cachent dans notre tête et de faire la connerie qui signera notre arrêt de mort ici. Nous avons peur du temps, d'en avoir trop et de nous retrouver avec ces pensées qui nous bouffent ou de ne pas en avoir assez et de ne jamais revoir un ciel sans barreaux. Tu t'habitueras à beaucoup de choses ici, la routine t'y aidera, sauf à çà.

BB était nouveau, cela le lui semblerait peut-être impossible à croire, mais on se faisait réellement à beaucoup de trucs. Enfin, moi je m'étais fait à beaucoup de trucs, mais j'avais grandi dans la violence, ça avait sans doute aider. La peur n'en faisait pas parti, on pouvait apprendre à la maîtriser jusqu'à un certain point, pas plus. On était tous dans la même merde, personne n'avait de savoirs ou de compétences magiques, le savoir l'aiderait peut-être.

C'est moche ici hein, tu crois quoi, t'es pas le seul à avoir envie de l'oublier et d'avoir envie de le quitter ou d'avoir peur en l'avenir et pourtant de refuser qu'on te le prenne. Ces mots que tu prononces, on pourrait tous les dire. Moi aussi j'ai peur. Mais çà, sois sympa, le répète à personne.

Ces deux dernières phrases, je les avais à peine soufflées, mon front contre le creux de son cou. Neuf mois, j'avais attendu neuf mois pour l'avouer à voix haute. Même dans mes lettres j'avais été incapable de l'écrire, bien qu'ils l'aient lu entre les mots. Pourquoi maintenant, pourquoi à ce garçon? Aucune idée, peut-être que le voir se confier ainsi m'avait délier la langue, peut-être parce que je sentais que je n'avais rien à craindre de lui. Peut-être parce que ce serait ma seule occasion de le dire à quelqu'un qui pourrait me comprendre. Parlant un peu plus fort, je continuais avant qu'il ne m'interrompe. Je savais que je ne pourrais pas reprendre s'il le faisait. Trop d'années de barrages.

Tu sais Drako, j'ai encore un espoir. Celui d'arriver à m'évader. J'étais sérieux quand j'disais çà, tout à l'heure. Pour toi s'en est peut-être pas un mais c'est le seul que j'ai. J'refuse de crever ici. J'les laisserais pas m'avoir, j'deviendrais pas un pauvre mouton qui n'attend qu'une chose, qu'on l'abatte. Au fond, ce qui me fait tenir ici, c'est mon orgueil, j'veux pas perdre face à ceux qui m'ont foutu en taule ni contre personne ! La colère se disputait à l'hésitation dans ma voix, d'une certaine façon j'enviais Blue Boy de pouvoir lâcher ce qu'il avait sur le coeur aussi facilement. Moi j'y arrivais que pour les sentiments 'virils', pitoyable. Mais... L'espoir, c'est une arme à double à tranchant. Un espoir non satisfait te ronge jusqu'à ce que tu y passes. C'est le temps qui me fout la frousse, le temps qui passe et qui n'attend personne, un jour j'aurais plus ma place dehors et plus d'espoir dedans! C'est... c'est une putain de course contre la montre et je joue contre moi-même, déjà j'commence à être claqué. 'Fin merde ! , j'suis ici depuis même pas un an et déjà j'me dis parfois que me faire saigner dans un coin est ce qui pourrait m'arriver de mieux.

Ainsi, tout ce sera fini, j'aurais perdu mais je ne serais plus là pour le voir. Je me tus quelques secondes, chassant la lassitude qui avait pris place. Je regrettais déjà de lui avoir balancer çà. Quel intérêt, je m'étais promis de ne jamais m'appesantir là-dessus, je ne savais même pas dire si je me sentais plus soulagé. Je rangeais tout au fond de moi, l'endroit ça n'aurais jamais dû sortir. Je ne redressais pas la tête, au contraire, je me calais plus confortablement entre son cou et son épaule, j'avais même mis le drap sur nous pour qu'il est pas froid s'il avait décidé de dormir. Je ne voulais voir son regard, puis j'étais bien là, je pouvais sentir son pouls et son odeur.
Ricanant pour me foutre de ma propre connerie, je repris, plus neutre.

Oublie, j'vois pas pourquoi j'te raconte tout çà, ça va te déprimer encore plus. Il n'y a pas de solution miracle, chacun se démerde comme il peut pour tenir. J'peux juste te donner un conseil, apprend à ne laisser aucun temps mort dans la journée pour penser et épuise toi à la salle de sport. Tu dormiras mieux la nuit et ça peut pas te faire de mal. Moi j'm'occupe de nous tirer d'ici, j't'ai promis un voyages aux USA après tout. Ça nous fait toujours une motivation en plus pour pas laisser tomber. Ne te fais pas avoir par Alvena, c'est çà qui serait vraiment con.

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MessageSujet: Re: [YAOI] S comme Soins, Sacha, Strand Draco. Sam 15 Nov - 15:39

  • Mais non Draco, non, pas de potions magiques. Très mal pour toi, qui t’attendait à quelque chose, à un sort que tu pourrais prononcer les yeux fermés, à une quelconque magie qui pourraient te transformer en oiseau, et voler loin, très loin d’ici. Loin de ces murs qui t’étouffaient, de cette couleur grise qui t’asphyxiait. Couleur qui coulait sur les murs et sur les visages, cette couleur, le symbole de ton enfermement. Non, cette fois il n’y a pas de secret, pas de solution de facilité, ici il faut attendre. Il n’y a pas moyen de choisir la facilité une fois de plus, tu vois à quoi elle t’a mené ? Elle t’a mené ici, à cet endroit que tu détestais tant. Alors non, non, tu n’as plus le choix, il n’y a plus de choix à faire. Ici il faut se taire, et s’empêcher de penser. Mais t’as toujours eu une grande gueule même si tu te laissais marcher dessus, et penser, tu ne faisais que ça, ici ça ne sera pas facile Draco, il fallait s’habituer, ça aussi ça sera dur, mais tu ne voulais pas y penser là que tu étais avec Aleks, mais tu craignais après, après tu ne savais pas comment tu allais réagir face à ce silence, tu ne savais pas, c’était ça la tragédie. Tu te contentais de l’écouter, de l’entendre parler encore et encore après avoir vidé ton sac, c’était à son tour maintenant. Tu ne l’avais pas obligé, mais tu étais sûr qu’au fond tu l’avais un peu fait. Sa voix au creux de ton oreille, elle te faisait frissonner, cette voix rauque que le temps avait brisé, cette voix qui sonnait si proche et éloignée à la fois. Il te disait ce secret, ce quelque chose qu’il n’avait jamais raconté à quelqu’un et ça avait l’effet d’un calmant sur toi, jamais quelqu’un ne t’avait compris aussi bien que lui à cet instant.  Jamais personne ne t’avait compris aussi mal. Il te charmait, sa façon de parler, de te regarder avait quelque chose d’unique qui te plaisait énormément. Il était si beau, ses paroles étaient si belles et si vraies, tout sonnait différemment de sa bouche. Ton prénom, et cette réalité que tu refusais de voir, tout était acceptable à présent. Savoir que tu n’étais pas le seul, que vous aviez tous ce destin commun ici, savoir que tout le monde a peur, ça, ça te rassurait, car tu n’étais pas le seul, car cette phrase était au négatif, tu ne supportais pas la solitude autant que tu l’aimais. La routine, cette chose qu’il détestait mais qu’il était obligé de porter jusqu’à la fin de ses jours, ce fardeau, cette enclume, il ne l’aimait pas. Mais pour Aleks, pour lui, il était prêt, pour le peu d’espoir qu’il avait réussi à accumuler, pour le peu d’amour propre au fond de lui-même.

    Oui, ici c’était trop laid, ici c’était tout, sauf supportable, mais on avait à le faire, car il n’y a pas d’autre choix. Ici c’est soit mourir ou se taire. Jusqu’à où iras-tu pour elle ? Qu’il te dise que lui aussi, Sacha avait peur, ça te rassurait énormément et tu en étais plus que reconnaissant, tu te serrais un peu plus contre lui profitant de sa chaleur, sachant que demain ça ne serait déjà plus possible. Il te parlait et c’était comme s’il se mettait nu devant toi, encore plus qu’il ne l’était déjà. Ça te faisait plaisir car tu savais qu’Aleks n’était pas ce type de garçon qui parlaient facilement de leurs problème, alors ça te flaittait énormément et tu eus envie de le rassurer même si aucun son n’arrivait à sortir de ta bouche. Il te parlait, te disait toutes ces choses et toi…Toi tu l’écoutais car c’était ce que tu savais faire de mieux, tu n’as jamais été très doué avec les mots.

    -ça..ça me rassure de savoir que je ne suis pas le seul à avoir peur…Vraiment…C’est horrible d’être plus seul que je ne le suis déjà…


    Tu pris une respiration profonde pensant à ce qu’il t’avait dit, tu ne savais vraiment pas quoi lui répondre, s’il s’attendait à quelque chose en particulier, tu ne te sentais pas capable de le rassurer, c’était lui qui le faisait, toi tu n’étais qu’un garçon, qu’un pauvre gosse perdu dans cette prison trop grande, un garçon qui s’était retrouvé ici par faute. Un garçon qui voulait sortir d’ici par toutes les manières, et tu n’étais pas le seul à le vouloir, tout le monde le voulait.

    -Mais….Je…Je l’aurai ce putain d’avenir. Et j’compte pas attendre vingt cinq années non plus, je veux pas devenir vieux. Je veux pas devenir repoussant, hideux et moche. J’veux encore la jeunesse, j’veux pas perdre les plus belles années de ma vie ici, je ne l’accepte pas.


    Tu avais dis ça alors que tes yeux s’embuaient de larmes que tu ne pleurais pas, tu déposais ta main sur son torse avant de continuer ;
    -On l’aura cet avenir Sacha, on se tirera d’ici, je pourrais me taper tous les mecs que je veux puis trouver le bon. Et toi..Et toi tu reprendras ce que t’as à faire. Je refuse de mourir là..Je veux sortir…Et…Je suis sûr qu’on le fera…


    Tu disais ça à lui, alors que toi-même tu avais besoin de quelqu’un pour te le dire, tes paupières étaient lourdes et tu commençais déjà à t’endormir dans ses bras. Tout se mélangeait, et avant, tu pus prononcer, sombrant dans un lourd sommeil ;

    -Merci pour tout Aleks…

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MessageSujet: Re: [YAOI] S comme Soins, Sacha, Strand Draco. Lun 17 Nov - 8:03

Bien sûr qu'on le fera Drake, bien sûr qu'on se tirera d'ici. Je ne sais pas si j'ai envie de retourner un jour à ce que je faisais avant, je crois que je suis las depuis bien longtemps, mais je le ferai. Et ce jour-là, je t'abandonnerai car tu n'es pas fait pour la violence et son rouge sang Blue Boy. Elle te détruirait tout comme elle m'a abîmé et quel intérêt aurais-je à te garder près de moi si pour c'est pour au final obtenir une pâle copie déformée de ce que tu es maintenant. Mais en attendant ce jour, nous partagerons le même avenir.

Il ne chercha pas à me rassurer, secrètement je l'en remerciais. Je n'en avais pas besoin et je n'aurais pas su comment les recevoir, sans doute aurais-je envoyé balader ces mots d'un geste agacé. Les consolations m'énervaient car je ne savais pas comment réagir face à elles, comme les larmes, je crus un instant que tu allais pleurais mais tu ne l'as pas fait, j'en fus soulagé. Je n'aime pas me sentir impuissant face à quelque chose et contre les tiennes, je n'aurais même pas pu me foutre en rogne. Ce n'est pas ta faute si notre situation est triste à en pleurer.
Ce que tu disais été tellement cliché que je ne pus m'empêcher de sourire, heureusement tu ne le vis pas. Personne ne voulait vieillir mais encore moins en prison. Ici le Temps est un paradoxe, il s'étire à l'infini alors pourquoi nous use-t-il aussi vite? Et pourquoi tout le monde pensait que les plus belles années de la vie était la jeunesse? Ou alors peut-être ne pouvais-je pas le comprendre car j'avais jeté les miennes aux ordures. Je n'avais voulu dépendre de personne, j'avais juste réussi à vivre sur le malheur des autres. Je me demande ce que ma vie aurait été si je m'étais contenté de ce que j'avais, si je ne n'avais pas voulu plus. J'aurais pu collectionner les job minables et m'endetter à vie pour des études, j'aurais pu finir serveur dans un bar glauque en priant afin de boucler les fin de mois. J'aurais pu me payer ma dose de rêves chauqe jour après m'être vendu, j'aurai pu être planté pour vingt dollars ou buté par une balle perdue. Au fond, quoi que je fasse, j'étais bon pour la prison et les chaînes, Victor Hugo avait raison.
Je pris la main qu'il posa sur mon torse et je la serrais, lui aussi luttait à sa façon. C'est dans cette position qu'il s'endormit, je lui répondis en un souffle alors que déjà il ne pouvait plus entendre:

De rien Draco...

Ses mots avaient sonné étrangement à mes oreilles, comme s'il ne m'était pas destiné. Ca faisait longtemps que je ne les avais pas entendu prononcer pour moi car cela faisait longtemps que je n'avais rien fait pour les mériter. Sans doute aurais-je dû le lui dire à lui aussi parce qu'ils me firent un bien fou. En le regardant dormir contre moi, je me sentais en paix. Et je me pris à croire que oui, un futur m'attendait, même si je n'étais qu'un pêcheur qui ne le méritait plus. C'était un mensonge mais juste pour une fois, juste l'espace de quelques heures, j'y crus de toute mon âme corrompue.

***

Je me réveillais sans avoir pris conscience que je m'étais endormi. Il n'était plus là, me laissant juste quelques traces de son passage. Le bandage à moitié défait et une odeur légère dans mes draps. Son sperme séché sur mon ventre et ses traces sur ma peau. Avec ça tu vas être obligé de repenser à moi.
Comme si je pouvais faire autrement.

_________________
Sacha te parle en français, t'insulte en anglais et t'aime en russe. Tout çà en #00ccff

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[YAOI] S comme Soins, Sacha, Strand Draco.

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