Tu comprends enfin ce que tu viens faire là. Oui coco, tu as été arrêté. Tu es méchant et tu es considéré comme un fou par la plupart des « gens du dehors » comme on les appelle ici. Mais ne t’inquiète pas. Méchant ? On l’est tous ici ! Fou ? Hum, je pourrais te dire pareil mais certain tenteront de te persuader qu’ils ont un mental sain… Bienvenue à Alvena mon mignon ! Je suis Monsieur le Directeur et je t’interdis de m’appeler autrement. Je suis le maître dans cette prison, et je me dois de t’informer de certaines choses. Ici ne sont enfermésque des hommes. Les motifs de leur présence sont divers et variés mais pas leur sexe. Même si la plupart des membres du personnel sont des femmes, attends toi à ne prendre la douche qu’avec des réservoirs de testostérone ! Bon je t’avoue qu’on est au XXIeme siècle, la loi sur l’homosexualité est passée,ça devrait t’éclairer sur l’orientation sexuelle de la plupart des détenus…

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D comme Douche, Déprime, Draco Strand

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MessageSujet: D comme Douche, Déprime, Draco Strand Mer 13 Aoû - 3:41

D’un geste rageur, je retirais de mon épaule la lame brisée. Elle alla s’éclater contre le mur craquelé de la douche et rebondit sur le carrelage en un faible tintement.  Je regardai cette plaie, un fin trait rouge qui avait entamé la peau sur plusieurs centimètres. Rien de grave à première vue, même si le sang n’arrêtait pas de couler. Un petit ruisseau qui s’écoulait le long de mon bras pour gouter au bout de mes doigts, tâchant le sol de tâches pourpres. Profonde donc, les soins d’un médecin n’aurait pas été du luxe. A la place, je m’assieds sous la douche avant de l’actionner. Pour méditer sur la futilité de l’existence en général et de la mienne en particulier.

La vie en prison est aussi violente qu’absurde. Ce qui, en soit, me convient. Ça  me rappelle chez moi. J’crois que j’aurai eu beaucoup plus du mal à m’adapter si elle avait était un lieu où règne la gentillesse et l’amour plutôt que la brutalité et la haine. Ainsi donc, me faire planter pour un paquet de cigarettes ne m’a pas surpris autre mesure. Cela m’a mis en rogne, okay, mais surpris, définitivement non.

Midi. Tout le monde a suivi l’appel du ventre et se dirige vers la cantine. Dans la salle de sport, il ne reste plus que moi qui finis de m’acharner sur ce pauvre sac de frappe et un autre type qui lace ses baskets. Puis il se rencontre qu’il a perdu ses clopes. Quoique, vu sa réaction digne d’un toxico en manque, y avait sans doute des trucs encore moins légaux dedans.  Comme j’suis le dernier, il est convaincu que c’est moi qui l’ai pris. Le ton monte, les insultes fusent, on en arrive aux coups, il sort un cutter venu de je ne sais où et me l’enfonce dans mon épaule intacte. Assez violemment pour que la lame se casse. Comme il reste tout con avec sa merde inutilisable, je le pousse contre le mur et me tire sans demander mon reste.

L’eau froide imbibe mes vêtements. Elle entraîne le sang dans les canalisations en un filet rougeâtre. La tête appuyé contre le mur, je la laisse dégouliner sur mes cheveux, le long de mes joues, comme des larmes qui coulent de mes yeux fermés.
J'me doutais bien qu'un truc dans ce style allait finir par m'arriver. Pourquoi alors j'ai la rage? Car pour un paquet de cigarettes. Que je n'avais pas même pas pris. J'étais pas sûr de goûter à l'ironie de la chose. Enfin merde quoi, pour tout ce que j'ai fait et ce que je ferais, ça aurait pu arriver pour une vrai raison. Pas pour çà. Comme si je ne valais pas plus. Comme si on avait décidé que je ne valais pas plus. J'avais pris perpét' mais il ne fallait pas se leurrer, j'crèverai bien avant que cet infini prenne fin. Parce que ceux qui m'avaient condamné, car ma façon de vivre dérangeait trop leur système de valeurs, voulaient se débarrasser de moi mais n'avaient pas le cran de se salir les mains eux-même. Alors ils m'avaient jeter ici pour qu'un de mes 'camarades" face le boulot à leur place. Il aurait été moins hypocrite de me faire griller sur la chaise électrique.
J'en voulais à tout le monde, moi y compris et du coup je ne pouvais m'en prendre à personne. J'en avais marre de tout çà, voilà! J'étais juste fatigué...

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MessageSujet: Re: D comme Douche, Déprime, Draco Strand Mer 13 Aoû - 6:36


  • « Draco regarde-moi quand je te parle ! »
    « Draco répond moi quand je t’appelle. »
    « Draco, écoute ce que te dis la maîtresse. »


    Draco, Draco, Draco. Tu te repassais sans cesse le long film de ta vie, ennuyeux à en mourir, triste à en gerber. Mais quand on est enfermé dans une cage on n’a rien de mieux à faire, que de se livrer à soi-même, de s’abandonner à cette putain qu’est la conscience. Elle qui nous quitte quand on a besoin pour mieux nous narguer par la suite. Etait-ce ta faute d’être tombé sur la mauvaise ? Etait ce dû à ton éternelle poisse ? Ou est ce dieu qui te punie ? Tu l’ignorais, la cage se creusait en profondeur, la cage était redoutable, elle devenait de plus en plus étroite. Ta cage c’est la prison, c’est devenu ta boite crânienne, c’est devenu ton propre corps. Tu avais cette horrible impression d’être une poupée russe et chacune représentait une porte de celles de ta propre prison. La liberté, tu l’as toujours vue comme étant un état d’âme. On t’a offert la tienne bien trop tôt, tu l’as trompée, tu l’as troquée, tu l’as laissé t’échapper entre tes doigts maladroits, et aujourd’hui, tu as bon la rechercher, elle n’est plus là. Tu as bon hurlé il n’ya plus que les portes pour te rendre l’écho de tes appels désespérés. Il y’a plus que ta tête pour te faire souffrir, et des films. Des milliers de pellicules qui dansaient sous tes yeux et peu à peu tu réalisais ce qui « clochait chez toi ». Souvent, tu te demandais, « comment est-ce que j’ai pu finir ici ? » alors que la réponse flottait tout simplement sous tes yeux. Tu as mal grandi, tu as tout le temps était nourri pas un désir de devenir maîtresse. Tu voulais, toi aussi, petit comme tu étais, donner les ordres, ne pas en recevoir. Tu voulais grandir et devenir adulte, tu voulais grandir, pour avoir cette autorité. Mais ce n’était pas ainsi qu’on devient adulte, tu t’étais gouré de chemin, faute à la myopie de ton cœur. Tu étais un élève médiocre, qui refusait d’obéir cette vieille toute fripée, tu voulais fleurir, tu voulais, tu voulais, tu voulais. Mais, aujourd’hui, te voilà seul sans pour autant l’être et c’est d’un ennui. Tu t’ennuies, tu t’ennuies, tu t’ennuies et c’est étouffant. Vingt-cinq ans, vingt-cinq putains d’années à regretter les erreurs du passé. Ce que tu ne savais pas petit Draco, c’est que ce n’est pas tous les enfants qui deviennent des adultes, que ce ne sont pas tous les enfants qui grandissent, et que ce ne sont pas tous les adultes qui donnent les ordres. Qu’il y’a ceux qui ne grandissent jamais, comme toi, tu n’étais pas fait pour ça. Tu n’étais pas fait pour devenir adulte,  tu étais devenu maîtresse à ta façon mais ça ne te rendait pas plus heureux.  

    Cet endroit te rendait malade, ça te faisais perdre la peine, et parfois durant la nuit, tu chialais en silence, de peur de réveiller les autres détenus. Ton triste cœur pleurait larmes de sang, tu regrettais. Malgré cette petite « réputation » que tu t’es fait l’espace de cinq jours. Cinq jours avaient suffi pour que ton prénom coule sur la langue à tous. Cinq jours pour se faire une réputation de catin. Mais étaient ce des rumeurs ? Draco l’homme facile, Draco la pute du gardien ? Avais-ce une part de vrai ? Mais bien sûr, il y’a toujours quelque chose de vrai dans une rumeur, il y’a toujours quelque chose de bien croustillant derrière tout ce qu’on raconte dans les couloirs. Les rumeurs qui circulaient à ton sujet –et pas sur toi seule, d’ailleurs- t’avaient valus un joli coup de poing au visage ce matin ainsi qu’un terrible mal aux fesses. C’était horrible, mais encore, supportable. Tant que tu pouvais encore gémir de douleur, tout allait pour le bien, tu ne craignais plus la douleur physique, tu faisais avec, tu vivais avec, tu avais appris même à l’apprécier à y desceller une sorte d’attention. Et ça, juste ça te faisais sourire.

    Temps libre, tu avais bon crever la dalle, ton corps refusait cette immondice qu’on te présentait chaque jour au réfectoire. Tu pouvais encore endurer, encore un petit peu, encore quelques petits jours. Peut-être qu’avec un peu de chance on appellera une ambulance, peut être que tu pourras sortir, même pour aller à l’hôpital. Tu voulais ressentir un semblant de liberté, même un infime, même une illusion.

    Tu marchais le long des couloirs, tes yeux éteints étaient toujours les mêmes depuis ton arrivée ici. Tout le monde était occupé à manger, mais toi, tu n’en avais pas envie. Tu avais envie d’une putain de douche, tu avais besoin de te réveiller, de ce cauchemar qui ne prenait pas fin durant ainsi éternellement. La vérité est que, comme tout endroit dans cette prison maudite, tu détestais les douches. Tu détestais tout d’ici. Ta tête était bourrée d’échos, échos de ta conscience qui râlait sans cesse. L’air las, le visage encore plus fatigué que d’habitude tu ôtais ton T shirt blanc dévoilant quelques souvenirs violacés de plusieurs de tes amants, une brûlure de cigarette vers le bas de ton ventre et dans ton dos, une phrase. « Every sinner has a future ». Belle initiative, belle tentation de garder espoir en ce futur qui ne venait pas. Tu posas tes affaires tout en fredonnant « Love never felt that good » d’MJ. Bien entendu, tu avais une voix de tapette qui allait parfaitement avec ton apparence. Plutôt ironique de repenser à cette chanson maintenant. C’était la préférée de ta mère, celle qui n’a jamais connu le vrai amour, cette musique te donnait très souvent envie de pleurer. Tu portas une main à ta braguette, mais c’est seulement, et seulement maintenant que tu entendis le bruit d’une respiration dans ton dos ainsi que celui de l’eau couler. Pourtant, tu n’avais pas encore…Tu te retournais, et tes cheveux suivirent le geste. Juste de l’autre côté, se trouvait un homme, tête contre le mur. Cette scène te semblait irréelle. Irréellement belle, l’on aurait dit une sorte de...Peinture d’art contemporain. Tu as toujours été fasciné par cette couleur pourpre, et la voir maintenant couler le long de son corps, la voir ici sur le sol, tu étais juste captivé par cette scène, tellement que tu retins ta respiration. Pieds nus, tu t’avançais un peu, toujours ce putain de mal au derrière.

    De cette position il ne pouvait te voir, tu en profitas pour le regarder plus en détail, il semblait tellement délicat, c’était foutrement ironique car autant il semblait « délicat » autant il te semblait dangereux. Tu te sentis d’un coup étrange de penser ça, tes yeux regardèrent longuement le sol coloré de son sang. Une lame se trouvait un peu plus loin à terre, il était sûrement blessé, tu aurais voulu qu’il reste ainsi éternellement, car tu étais tellement captivé après tout tu as toujours été doué pour trouver la beauté là où elle n’y était pas. Ici, là, dans les douches, un homme se douchait habillé et pissait le sang, et toi ? Tu trouvais ça poétique, débile, débile, débile.

    Finalement, tu posas une main prudente sur son dos avant de l’enlever rapidement comme touché par la foudre. Tu n’avais jamais osé un contact physique avec quelqu’un ne serait-ce que pour passer dans son « lit ». Les paroles t’échappèrent, trop tard.

    « Magnifique. »


    Quel garçon saint d’esprit dirait ce genre de choses ? Ton fort accent british raisonnait clairement dans ce simple mot que tu venais de prononcer. Tu finis par passer une main dans tes cheveux bleus/gris. Tu remarquais ensuite qu’il n’était pas trop grand, et que vous devez tout juste faire la même taille et cela te fis sourire. Face à toi, cet homme était blessé et toi, comme un idiot, tu souriais. Tu secouais la tête pensant que tu devais avoir l’air dérangé, puis, pris un air inquiêt, un peu exagéré, tu aimais l’artifice. Ta voix trop basse raisonna de nouveau, c’était la première fois que tu usais ta voix pour autre chose que gémir depuis quelques jours. Tu inspectas la blessure des yeux.

    « Tu es blessé. Tu devrais aller à l’infirmerie. »


    Ce n’était pas un élan de bonté, loin de là, tu ne voulais juste pas paraître louche à le fixer de loin, souffrant dans son coin, ce n’était pas très humain, et humain, tu l’étais beaucoup. Aussi étrange que cela puisse paraître, tu n’as jamais voulu du mal pour les autres, jamais autant que pour toi, toi, toi. Toi c’était ok. Tu étais même plutôt « heureux » de ne pas être seul, à cause ou grâce à lui tu avais pu oublier ces voix qui hurlaient pendant deux secondes. Tu lui tendis la main le visage neutre;

    « Ça a l’air de faire mal, je pourrai t’aider à faire les bandages, je suis habitué. Enfin, je te dois bien ça tout de même, merci. »


    Oh, mais, bien sûr Draco, il ne pouvait pas savoir qu’il t’avait aidé à faire taire ces petits diables qui te criaient dessus sans cesse. Tu allais passer pour un barge, encore une fois, ou bien il allait croire que tu le prenais pour quelqu’un d’autre. Tu repris ensuite ;

    « Bref, tu devrais pas rester comme ça tout de même,  tu devrais te changer et…Désinfecter tout ce bordel, tu n’as pas envie de perdre un bras, tout de même ? »

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MessageSujet: Re: D comme Douche, Déprime, Draco Strand Jeu 14 Aoû - 1:27

Un contact sur mon dos, comme une brûlure pour nous deux, qui s'en va aussi vite qu'il est arrivé. Je me contracte, j'ouvre mes yeux bleus pour le plonger dans des plus foncés. Pas une trace d'étonnement de me retrouver observer par ce type que je n'ai même pas senti venir. J'crois qu'aujourd'hui, j'ai perdu ma capacité à m'étonner. Puis le mec qui allait avec lâcha ce mot. "Magnifique'.
J'aurai pu lâché un sourire ou un éclat de rire acide, le frapper ou juste l'ignorer. Je me contente de le jauger de mon regard froid. Magnifique? Je ne le suis pas, je ne l'ai jamais été. J'étais désirable quand je m'habillais comme une putain, un peu moins quand j'ai cramé à moitié mais toujours baisable. Et maintenant, je suis juste abîmé. Mais magnifique? Définitivement non.

Lui sourit. C'est si inadapté à la situation que ça en est normal. Tellement mieux que cet air faussement soucieux. Ta pitié, elle me donne envie de gerber, elle est aussi laide que convenue. Je ne sais pas pourquoi tu te sens redevable envers moi, mais j'efface ta dette, fous le camp d'ici avec tes paroles que tu récites car c'est ce qu'on attend de toi. Je ne veux pas de ton aide, je veux que, je veux que... Et puis merde, je ne sais pas ce que je veux, y a trop de trucs, je veux partir d'ici et je ne sais pas comment faire, je veux oublier qu'il y a une vie dehors et faire comme si ici c'était génial, je veux vous buter avant de me tirer une balle, rien qu'un coup de flingue pour un dingue...
Mais ça je ne peux pas le dire, qui ça regarde, qui ça intéresse? Sûrement pas toi. De toute façon, personne ne peut rien pour moi, que ce soit en ici ou là-haut. Alors oui, que mon bras pourrisse et tombe, que je pourrisse et tombe ou que je me consume enfin dans cette fureur sans non et qu'on ME FOUTE LA PAIX.

Cette main tendue, je refuse de la voir, je la repousse aussi fort que je le peux avec mon bras valide relié à cette épaule cramée. La douche s'est arrêtée de couler.

Ce dont j'ai envie c'est que tu la fermes, que tu te douches et que tu te tires.

La seule récompense de ton attention sera ces mots crachés pleins d'une rage à peine dissimulée et un regard dur. A moins qu'il soit plein de haine ou même désespéré, je m'en branle. Ils ne te sont même pas destinés mais c'est toi qui est là alors c'est sur toi que ça tombe. Injuste? Oh oui. Surtout que t'as l'air aussi bousillé que moi. Regarde moi ces bleus, écoute cette voix cassée. Et ce regard mort.
Je ris, un rire plein d'une amertume amusée car la dérision est un truc que l'on pourra jamais me prendre. Ce mec semble même pas capable de se protéger lui même et il veut m'aider?

Veille sur toi-même avant de t'occuper des autres. C'est ce que t'as de mieux à faire ici.

Pourquoi je lui dis ça? Aucune idée, après tout il fait ce qu'il veut de sa vie le nouveau, çà m'regarde pas. Peut-être parce qu'il me rappelle Mél. Il me rappelle aussi Ash, avec sa voix rauque et sa marque sur le ventre, on pourrait croire qu'il vient de s'enfiler un paquet de clopes. Remarque, un rien me fait penser à eux ces derniers temps.

Je me relève et m'adosse contre le mur. Il n'a pas tort n'empêche, faudrait que je m'occupe cette coupure. J'pensais qu'avec l'eau ça s'arrêterait de couler mais apparemment pas. J'enlève mon débardeur blanc devenu transparent sous l'eau. De toute façon il ne me sert plus à rien vu comment il me colle à la peau. Je me mets à le déchirer, en essayant de faire des bandes à peu près potable. Pinçant les lèvres alors que je tirai un peu plus sur ma blessure à chaque mouvement. La douleur et moi, c'est comme la violence, on est de vieilles connaissances donc je sais la gérer.

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MessageSujet: Re: D comme Douche, Déprime, Draco Strand Jeu 14 Aoû - 4:16

  • Pendant un instant, tu te perdais, te retrouvais dans un monde où tout était bleu. Ses yeux étaient bleus, plus pâles que les tiens, tellement purs, tellement fascinants. Tu ne sus te défaire de l’emprise de ces deux labyrinthes qui t’emprisonnèrent. Ils semblaient renfermer plusieurs secrets, plusieurs histoires, ils ne semblaient point avoir de fin, et tu plongeais dans l’inconnu sans pour autant savoir si tu allais arriver à trouver des repères dans cet océan mystérieux et glacial. Glacial, ô que oui, il l’était. Tout ton être s’était figé pendant quelques instants, ton sourire se fana sur tes lèvres aussitôt qu’il eut apparu remplacé par des lèvres pincées comme un enfant prit en faute. Il y’avait tant de haine, tant de mépris dans ce regard. Mais on dit que les gens qui arrivent à haïr autant sont des gens qui autrefois ont beaucoup aimé, d’une passion pure et ardente. Curieux comme tu étais, tu te demandais si ça avait un lien avec sa présence ici, avait-il commit un crime passionnel ? C’était tellement beau, mais quelque chose te disait que ce n’était pas ça. Tu l’enviais, d’un coup, toi, qui ne savait pas comment aimer, toi, handicapé du cœur, toi, qui n’a jamais su comment haïr correctement, comment haïr de tout son être. Parce qu’on ne t’a jamais aimé, ni appris à le faire. Jamais, jamais, jamais.

    « Oh, mais regardez-moi, moi aussi je peux vous aimer ! »


    Tu n’es peut être pas fait pour ça, pour éprouver des sentiments, tout ça, c’est ce que tu te disais et ça te déprimais. De toute façon, comment trouver de l’amour ici si on ne l’a pas trouvé ailleurs. Ça te déprimait, peut être que tu n’allais jamais être considéré comme être chose qu’une catin facile, qui écarte les jambes sur un coup de tête. Celle qu’on aime bien baiser puis ne jamais rappeler, ouai, exactement ça, ça t’allait si bien, tu aimais peut être ça après tout, hein, petite pute. Tes rêves de petite fille, ton imagination de tapette, tes ambitions pitoyables tout ça, on a incendié. Tout ça s’est envolé, d’un coup, d’un simple geste, avec la simple entrée dans cette putain de prison. Mais non, mais non, ça tu ne devais plus y penser . Ne pas y penser Draco, ne pas y penser, ne pas y penser, ah, ça allait déjà mieux. Ton attention se reporta toujours sur lui et tu regardas vers le bas, ne supportant plus son regard sur toi. Ce regard qui te brûlait, ce regard plein de reproches et de jugements, ça te faisait frémir. Tu relevais les yeux pour découvrir cette brûlure qui dévorait un quart de son visage. Elle semblait tellement profonde, et encore une fois tu t’en voulus de penser que c’était beau. Après tout, tu as toujours aimé les brûlures, les cicatrices, les plaies profondes, tu as toujours trouvé que ça renfermait des histoires, que c’était de beaux souvenirs, que ça devait pas être caché aux yeux des autres.

    Il refusa cette main que tu tendais, tu aurais peut-être fait pareil, il avait l’air d’être une bête blessée, ou un oiseau blessé. On pouvait deviner ce tatouage, une aile noire visible sous le tissu rendu transparent. C’était un oiseau souffrant. Il te graffita d’un regard hargneux et dur qui te blessa un peu, beaucoup ;

    « Ce dont j'ai envie c'est que tu la fermes, que tu te douches et que tu te tires. »

    Tu lui offris un regard désolé, blessé, touché. Un peu un mélange de tous les trois, même toi tu ne pourrais pas dire ce que tu ressentais. Très probablement rien, même si tu avais un peu peur et même si ton cœur battait plus rapidement. C’était la première fois que tu abordais quelqu’un de toi-même. Il eut un rire qui t’arrachas un second frisson à l’échine, un rire un peu sarcastique, un de ceux que tu connaissais si bien.

    « Veille sur toi-même avant de t'occuper des autres. C'est ce que t'as de mieux à faire ici. »


    Rougissant et avec une pudeur presque féminine tu croisais les bras, te disant que tu n’avais plus envie de te doucher, finalement. Tu le regardais se lever, enlever le sien et commencer à bander son pauvre bras. S’il croyait que ça devait suffire, il se trompait sûrement. Le voir ainsi s’obstiner à refuser ton aide avait quelque chose de puéril et d’attendrissant. Tu ne savais même pas pourquoi tu insistais ;

    « Je n’ai plus envie de me doucher. Puis, je ne m’occupe pas principalement des autres, et tant que c’est moi, ce n’est pas trop grave. Enfin, c’est compliqué, la douleur ne me dérange pas « tant que ça » tant qu’elle est supportable. »

    Tu fis non de la tête, le regardant toujours faire comme intrigué, voila, ce garçon t’intriguait. Tu voulais en savoir plus sur lui, sur la raison pour laquelle il était ici et surtout pour sa cicatrice. Tu as toujours aimé les histoires, ça tue très bien l’ennui et c’est amusant. Mais tu n’avais pas envie de lui demander et pas maintenant, ça serait d’un manque de délicatesse. Tu continuais ensuite ;

    « Tu sais je ne t’ai pas proposé ça par..Bonté ou, gentillesse ou qu’en sais-je. Mais..Je ne sais pas, juste car j’en avais envie ? Non, certainement pas par nécessité. Ça avait juste l’air douloureux, ça en a l’air, ça l’est ? »

    C’était une question un peu, trop stupide. Il saignait et tu ne trouvais rien de mieux à demander que..ça. ça putain. Tu ne voyais pas vraiment pourquoi il refusait, par fierté ? Orgueil ? Tu n’en avais pas la moindre idée.

    « Tu devrais laisser ta fierté, ou je ne sais quoi qui t’empêche d’accepter de côté, car ce n’est pas comme ça que ton bras ira mieux. Je..ne te veux pas de mal. Enfin, même si je le voulais, je ne penses pas que j’arriverai à te faire quelque chose, regarde-moi.. »


    Tu eus un rire un peu moqueur plus envers toi-même en regardant l’état dans lequel tu étais. Qui n’était pas si enviable non plus. D’un air demi las tu tendis la main de nouveau ;

    « Laisse-moi faire, s’il te plait ? »
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MessageSujet: Re: D comme Douche, Déprime, Draco Strand Ven 15 Aoû - 4:23

Il ne m'obéit pas. Il resta là à me saouler de phrases, comme si j'en avais quelque chose à faire, comme si cela changeait quoi que ce soit. Et moi, au lieu de le faire taire, au lieu de partir, je restai là aussi, à bander tant bien que mal mon bras tandis que ces mots, en moi, malgré moi, faisaient leur chemin.
Je l'écoutais donc sans rien dire, ce type étrange et que, pourtant, je compris. Lorsqu'il me parla de douleur. Non, ce n'était pas compliqué, je subissais ce dont il était en train de parler à l'instant même. Lorsqu'il parla d'envie. Je préférais que son souhait de s'occuper de moi prenne sa source dans un désir égoïste de satisfaire cette envie plutôt que dans la pitié ou le devoir.

Sans lever la tête de ma tentative se soin, je fis signe que oui, c'était douloureux. Si sa question n'avait pas été précédée de ces paroles, je l'aurais tout simplement ignorée. Mais à cet instant, cette curiosité, qui pouvait être qualifiée de malsaine, pour ma souffrance m'amusait. Elle était rafraîchissante.
J'avais obtenu un large morceau de tissu qui pouvait être qualifié de bande si on était pas trop regardant. M'aidant de mes dents, j'avais entouré mon épaule avec, serrant au maximum. Déjà, il se teintait de rouge. Et lui qui insistait toujours. Tu ne veux pas de mal? J'étais si pathétique que ça pour que tu te sentes obligé de le préciser? Mais c'est trop tard, d'une certaine façon tu m'en as déjà fait. Tu m'as surpris à un moment où j'étais vulnérable. Tu me l'as pris, ce moment où j'avais pensé pouvoir être moi, sans crainte. Et tu es resté, alors que je ne voulais pas être aidé. Alors que cette blessure, cette douleur, n'est rien qui mérite d'être soignée.

A ta demande, machinalement, je te regarde. Ou plutôt, je te jauge, je sais que mon regard est de glace, aussi dur que froid, cela fait depuis si longtemps que je ne sais plus le faire fondre, sans doute trop. De nouveau, tu me tends ta main, avec un rire que j'ai déjà entendu dans ma bouche, avec cette demande qui te fait paraître si fragile, comme si c'est toi qui avait besoin de soin. De nouveau, je me perds dans tes yeux éteints, ce regard que je connais par cœur, tellement de gens l'ont ici. Et pourtant, les tiens ne semblent pas totalement morts, même si je ne saurai dire pourquoi. Pour cette raison, je ne te repousserai pas cette fois. Et puis, sans doute me laisseras-tu tranquille après.
Je reste ainsi, quelques instants, sans rien dire puis je lui tend la charpie qui, il y a quelques instants encore, me servait de haut. Je doute qu'il se balade avec des bandages sur lui. Je lui met dans cette main tendue que je ne peux saisir, il y a des contacts que je préfère fuir et celui-ci ressemblait trop à une sorte de contrat, d'engagement, dont j'ignorais les conditions et les effets. Mais nos doigts se touchèrent, ce qui pour moi étais une approbation suffisante.
Puis je me mets à genoux par terre, car nous faisons la même taille et on voit mieux la plaie quand on est en hauteur par rapport à elle. Enfin je crois.
Froidement, je lui lâchai cette information.

Je n'ai pas peur que tu me fasses mal. Donc fais le si nécessaire.

Et une pensée me fit relever à les commissures des lèvres. La dernière fois que je me suis retrouvé à genoux devant un mec à moitié à poil, c'était moi qui administrait les soins et il étaient d'un autre ordre. Puis ce semblant de sourire ironique disparut aussi vite qu'il est venu.
"Moi qui pensais que tu te mettais à genoux que pour prier."

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MessageSujet: Re: D comme Douche, Déprime, Draco Strand Ven 15 Aoû - 8:04

  • Jamais tu ne t’étais senti aussi petit, aussi fragile, aussi sensible. Un simple mot était suffisant pour que tu t’envoles dans les cieux ou pour qu’au contraire tu t’enfonces plus bas que terre. C’était étrange, cette emprise que les mots avaient sur toi. En réalité c’était certainement parce que tu as toujours été quelqu’un qui se soucie beaucoup des autres, dans le sens où, toute ta vie tu t’inquiétais pour ce qu’on disait de toi, de ce qu’on pensait de toi. Même en le savant très bien, même en sachant qu’ils pensent tous la même chose, que t’es qu’un putain de mec facile bon à s’taper la nuit entre deux bouteilles de rhum. Ça te faisait penser à cette « histoire » avec ce gardien. Tu ne devais être qu’une pute pour lui, une pute à baiser quand on veut et où on veut. Ce statut ne te dérangeait pas, tant que tu pouvais être aimé, désiré l’espace d’une seule, d’une unique nuit. Tant que tu pouvais profiter de la chaleur d’un corps contre le tiens jusqu’au lever du soleil. Tout cela t’allait, même si tu te dégoutais aussitôt que cette rêverie prenait fin. Même si tu te détestais d’être aussi dépendant des autres, de leurs sentiments, de l’amour qu’ils portent pour toi qui pour le moment est juste introuvable, inexistant. Un peu comme un mythe, un peu comme une légende. Un conte de fée, mais les princesses n’existent pas dans ton monde de petit délinquant, Draco, les contes de fées ne deviendront jamais réalité. Alors, pourquoi, pourquoi t’efforces tu encore et encore à y croire ? Même si c’est malgré toi, malgré ta volonté. Tout au fond tu y croyais, et ça te rendait un peu plus heureux à chaque fois.

    Ta concentration qui commençait à dévier se reporta une nouvelle fois sur lui. Lui, cet homme face à toi. Lui qui refusait ton aide, lui, que tu avais tellement envie d’aider. Tu ne savais pas pourquoi, tu ne te sentais même pas capable mais quelque chose chez lui t’attendrissait et réveillait ce coté humain chez toi. Il t’inspirait étrangement confiance bien que c’était assez rare. Tu fus surpris, tellement lorsqu’il posa son regard de nouveau sur toi. Son regard était tellement intense, tu avais cette horrible sensation de malaise, comme s’il déshabillait ton âme. Comme s’il pouvait lire en toi et voir chacune de tes pensées. Comme s’il était tout puissant et toi, toi vulnérable, comme si c’était toi le pauvre oiseau blessé, comme si tu n’étais qu’un enfant jouant dans sa cour.

    Son regard dans le tiens t’intimidais à un point, mais tu fis de ton mieux pour le soutenir avant de finalement perdre et regarder ailleurs. Il regarda la main que tu avais tendu, et à ta plus grande surprise il déposa ce qui restait de son haut dedans. Ton cœur rata un bâtement lorsque vos doigts se frolèrent, tu étais heureux, étrangement, tu avais l’impression de l’avoir mérité. C’était idiot, de se sentir heureux juste pour ça, juste car il acceptait ce…geste. Ce n’était guère dans tes habitudes, c’était nouveau mais tu ne t’en plaignais pas. C’était une des rares fois que tu n’attendais rien de quelqu’un. Tu n’attendais pas de l’amour en retour, ni de gentillesse, ni rien, absolument rien. C’était juste quelqu’un qui était ici, quelqu’un que tu as vu et à qui tu as eu envie de parler. Normalement, naturellement. C’était foutrement étrange, tout ça. Mais, étrange, tu l’as toujours été un peu sous tes airs faussement ordinaires.

    Tu souris, d’un sourire sincère et spontané qui se fana rapidement dès que tu t’en rendis compte. Qu’est ce qui te prenait d’avoir un sourire aussi…Niais ? Tu repris un air un peu plus sérieux, le regardant se mettre à genoux. C’était étrange, jamais personne n’a été dans cette posture devant toi. Puisque, mine de rien, c’est très souvent toi qui l’es.

    « Je n'ai pas peur que tu me fasses mal. Donc fais le si nécessaire. »

    Tu crus le voir sourire pendant un instant, mais te dis que c’était peut être ton imagination. Tu fis non de la tête, la bougeant de droite à gauche, avant de te pencher. Puis et d’une douceur que tu ne te connaissais pas tu essuyas légèrement la plaie qui semblait encore plus profonde d’ici. Ta voix était presque inaudible, basse, irréelle ;

    « Je ne te ferai pas mal. »


    Tu commençais ensuite à bander son bras avec grande application, comme si ta vie en dépendant, comme si c’était quelque chose de sacré. Tes cheveux bleus retombaient quelques fois devant tes yeux ayant cette même couleur que tu n’aimais pas spécialement. Tu faisais de ton mieux, réellement. Tu fronçai légèrement les sourcils, toujours concentré sur ta tâche ;

    « Comment est ce que tu aurais pu te faire ça ? »


    Tu regrettais ensuite, tu aurais pu poser cette question au début. Pourquoi maintenant ? Et si il n’avait pas envie de répondre ? Tu ralentis un moment puis repris ton activité dans un silence presque religieux. L’ambiance était pesante d’un coup, étouffante, et tu finis par déchirer ce silence qui te déchirait les oreilles ;

    « Et..Sinon, je me nomme Draco. Enfin, j’imagine que tu t’en fous, tu n’es pas obligé de le retenir d’ailleurs. Et toi c’est quoi ? »

    Toi qui d’habitude est si silencieux, tu posais des questions, c’est quelque chose de bien, au moins, tu n’as plus cet air de sociopathe collé au visage. Et puis ça prouve que toi aussi, tu peux encore parler, former des sons avec ta bouche, faire des phrases, être curieux. Tu continuais sur cette même voie ;

    « Je..Me demandais si..Ton tatouage avait une quelconque signification ?
    c’est..intriguant. Je dois être trop curieux, haha. Ça fait juste longtemps que j’ai pas parlé à quelqu’un, ici, tout le monde est effrayant alors je fais de mon mieux pour les éviter, t’es le premier avec qui j’ai..une « vraie » conversation depuis cinq jours. C’est pas que t’es moins euh.. « Effrayant» mais je suppose que ça s’est fait tout naturellement. Argh, je dois avoir l’air un peu étrange tout de même.. »


    C’était tout toi, toujours te soucier d’avoir étrange, toujours culpabiliser d’avoir ouvert la bouche pour autre chose que de sucer. Tu voulais plutôt lui demander pour sa cicatrice, celle que tu ne pouvais quitter des yeux, mais tu t’étais retenu, puisque tu n’avais pas envie de lui rappeler des souvenirs peut être douloureux. Tu reculais d’un pas lorsque tu finis ce que tu avais à faire. Puis, tu ajoutai simplement :

    « Je pense que ça fera l’affaire pour aujourd’hui mais pense à aller à l’infirmerie plus tard, histoire de désinfecter la plaie et de remplacer les « bandages » . »
    Et maintenant ?...Maintenant quoi ? Maintenant rien. Tu étais resté juste là, planté sans rien faire.

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MessageSujet: Re: D comme Douche, Déprime, Draco Strand Sam 16 Aoû - 4:26

La voix de ce mec était agréable. Profonde. Une de ces voix que j'imagine chanter le blues. Blues, blue... Comme ses yeux et ses cheveux. Comme ces petites marques sur son corps. Marques qui racontent une histoire, des souvenirs, de ceux qui se créent la nuit entre les draps ou dans des endroits bien plus sordides. Oui, si tu étais une couleur, tu serais le bleu. Comme cette mélancolie qui émane de toi. Comme cette luxure gravée sur ta peau.

Sans rien dire je l'écoute, les yeux baissés vers le sol. Mes poings se serrent quand il touche la plaie, tout mon corps se crispe, je le sens délicat dans ses gestes mais malgré lui c'est douloureux. Une petite douleur de rien du tout. Je survivrai.
Je ne réponds pas à ses questions qui s'enchaînent. Non, je préfère le laissai parler, c'est comme une musique qui me distrait de ces soins. Je n'aime pas que l'on me soigne. Le verbe en lui même ne me plaît pas, car on me soigne mais je ne guérirai pas, on peut juste réparer l'extérieur, voilà réparer serait tellement plus juste. On me répare ou du moins on essaie, jusqu'à ce que je m'abîme de nouveau.
En fait si, je réponds une seule fois.

Aleksandr. Tu peux m'appeler Sacha.

Sacha. Il n'y a que quelques russes qui utilisent ce diminutif. Et une française. Et un irlandais. Mais je suis sûr que dans ta bouche, ça rendra bien, Draco. Draco. Ce prénom ne lui va pas. Trop majestueux, trop imposant. Blue te va tellement mieux, je n'oublierai pas ton prénom mais je me souviendrai de toi comme du Blue Boy.

Une fois qu'il eut fini, je me lève, sans me presser. Je regarde le résultat, je m'étire pour le tester. Tellement mieux que le mien. Il fera l'affaire, je sais d'avance que je n'irai pas à l'infirmerie. Supporter leurs questions, voir cette blessure apparaître dans un dossier déjà bien chargé, un nouvel élément à charge contre mes petites affaires louches.
Je ne le remercie pas, nous y avons tout les deux trouver notre compte je crois. A la place, je lui prends son menton dans ma main, doucement, pour que cette fois, il ne détourne pas les yeux, pour que je puisse lire sa réponse dedans.

Tu me trouves effrayant? Vraiment?

Ma froideur a était remplacé par la neutralité. Je reste quelques secondes ainsi puis je baisse la main, le délivrant. Effrayant... Si je veux être totalement objectif envers moi-même, je dois admettre que j'ai quelque chose de dérangeant quand on s'y attarde. Il y en a que ça excite, d'autres apparemment que ça effraie. Mais ça ne laisse personne indifférent. Ça me convient. Je ne supporte pas l'indifférence à mon égard.
Je fais quelques pas, je me penche, je ramasse le bout de lame, encore taché de mon sang. Puis je me retourne, j'aperçois son tatouage qui juste à présent m'était caché. La moitié d'une citation d'Oscar Wilde. Auteur anglais dont j'ai toujours trouvé l'ironie délicieuse. Je tends le morceau de métal à Draco.

Cadeau Blue Boy. En souvenir de ce moment en ce lieu. Et je rajoute, mon anglais américain contrastant avec son accent britannique. Because if every sinner has a future, every saint has a past.

Cette phrase était belle. Une phrase pleine d'espoir. Peu importe nos erreurs, peu importe à quel point on a sombré, on pourra toujours remonter, on pourra toujours faire quelque chose de bien de notre vie. Sans doute était-elle juste. Avant même d'arriver ici, la vie de Draco ne devait pas être très jolie pour qu'il se la soit fait tatouer.
Une fois qu'il eut pris mon 'présent', je m'adossai contre le mur, bras croisés.

Mon tatouage... Toi, tu ne veux pas oublier que tu as un futur, moi je ne veux pas oublier mon passé. C'est pour me rappeler mes erreurs et mes pêchés, tout ce que j'ai fait pour arriver où j'en suis. De mon but et de ce que j'y ai laissé. Aller le plus loin possible. Quitte à me brûler les ailes.

Même moi, je sentais la flamme dans ma voix. Je mettais mon âme à nue devant ce mec, je ne savais même pas pourquoi. Mais j'avais l'impression qu'il comprendrait.
Tant que j'y étais, je répondis à sa première question.

Un mec m'a agressé, il croyait que j'avais pris son paquet de clopes ou peu importe ce qu'il y avait dedans. Comme sur ce coup-là, j'étais innocent, j'pouvais pas lui rendre. Tu vois, rien de bien passionnant, ça arrive souvent ce genre de truc. Tu t'en ai peut-être déjà rendu compte.

Puis un sourire apparut sur mes lèvres. Le genre de sourires que j'avais quand quelque chose m'amusait ou m'intéressait. Je ne le quittait pas des yeux, curieux de voir comment il allait accueillir ce que j'allais dire.

D'ailleurs, vu l'origine de la blessure, j'ai pas envie d'aller à l'infirmerie. Si j'arrive à avoir le désinfectant et les bandages, tu voudras bien encore t'occuper de mon épaule?

Je soudoyais du personnel dans cette prison, avoir ça ne devrait pas me causer de soucis. Pourquoi je tenais à ce que se soit lui qui s'occupe de ma plaie, alors que quelques minutes avant je voulais qu'il se casse? Aucune idée mais même moi j'abandonne des fois d'essayer de me comprendre.

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MessageSujet: Re: D comme Douche, Déprime, Draco Strand Sam 16 Aoû - 7:41

  • « Ce qui est terrible, ce n’est pas de souffrir ni de mourir, mais de mourir en vain. »

    C’est ce que tu avais lu, un jour, dans le livre de chevet à ta mère. Ta mère, cette putain aux yeux trop bleus. Cette femme dont tu ne connaissais que les cris de plaisir et les crises de nerfs. Cette femme, cette enfant. C’était une femme enfant, fort jolie, fort usée. Elle avait l’habitude de lire, le soir, avant de dormir. Elle lisait beaucoup, des livres massifs auquel tu ne comprenais pas les titres. Parfois tu les trouvais drôles, ces titres. Tu t’en rappelais d’un, en particulier, « les mouches ». Sur le coup tu avais trouvé ça un peu étrange et fascinant. Souvent, quand elle n’était pas là, tu te faufilais dans sa chambre, le soir. Tu t’asseyais ventre à terre sur le tapis, dans cette chambre qui empestait l’odeur de cigarettes et de parfum bon marché. Tu ouvrais ses livres au hasard, tu plongeais ton nez dedans. Une habitude que tu as gardée depuis tout enfant. Tu aimes l’odeur des livres, du papier, de l’ancien. Tu aimes les livres sans même aimer lire. Tu lisais quelques phrases au hasard, puis tu les refermais rapidement, préférant utiliser ses produits de beauté à lire ses romans. Et pourtant, cette phrase, tu t’en rappelais encore et c’était bien la seule. Tu avais oublié de qui elle était, tu avais oublié de quel roman, nouvelle ou recueil elle était. Tu te rappelais juste de ces mots, gravés dans ta tête de grand enfant. Ces mots-là te serraient le cœur, te faisaient souffrir, te rappelaient ce que toi-même tu avais envie d’oublier. Oublier que de toute ta vie, tu n’as été qu’une larve inutile, vivant sans goût, sans but. Non, même pas, existant. Tu existais sur la terre comme les animaux existent « in the wild ». Emporté par le fléau de la vie, tu te laissais faire, par tout ce bleu, par tous ces gens qui croyaient que ce qu’ils faisaient est vrai. Tu assouvissais tes pulsions, suivais tes instincts bestiaux, mangeait, dormait, baisait. Tu existais ainsi, sans jamais avoir à goûter à la vie, celle qui brûle, celle qui, comme un train qui ne s’arrête pas aux gares, nous dépasse, nous échappe, nous fui. Si la vie devait avoir une couleur Aleks, ça serait le rouge. Le rouge passionné, le rouge vif, le rouge brûlant, le rouge sang. Si elle devait avoir une couleur, ça serait celle de ton sang parce que si Draco est bleu, alors tu seras et sans hésitation le rouge.

    « Aleksandr, Aleks’, Alex. De ma vie j’ai connu trois Alex. Et les trois étaient des connards. »


    Alors, et vu que tu portais une si jolie citation au dos, partant d’un élan d’espoir, appelons le « Sacha. » Fermons les yeux, espérons qu’un jour l’océan prenne feu, que le temps s’arrête de couler et que le terrain stérile de ton cœur puisse fleurir un peu.


    Son prénom sonnait comme le chapelet qu’il portait au cou. C’était tellement doux, tellement rassurant et ça te touchait tellement. Tu fis arrêter les soins, et il se releva, s’étirant. Il te saisis le menton, d’un geste doux qui te fit frémir. Tu ne connaissais pas la douceur, de ta vie tu n’as connu que griffures et morsures, et ça, ça t’allait très bien. Tu écarquillas les yeux, n’ayant pas le temps de masquer ta surprise. Tu te voyais, te refléter dans les vagues de ses yeux. Tu étais comme aspiré, il dévorait ton être tout entier. Ses paroles te glacèrent l’échine et comme un oiseau pris dans le piège, tu ne pus feindre l’indifférence. Tu ne pu répondre sur le coup, tu étais trop surpris pour le faire. Il te délivra de l’emprise de ses doigts, et tu restais, dans cette même position alors qu’il s’en allait, lentement. Revenant ensuite pour te tendre une lame, tu reconnus celle qui lui avait causé cette profonde entaille. Elle était encore tâchée de son sang. Qu’est-ce que ça signifie ? Tu ne comprenais pas mais tu la saisis du bout des doigts.

    « Cadeau Blue Boy. En souvenir de ce moment en ce lieu. Because if every sinner has a future, every saint has a past.”


    Tu tiquais à l’entente de cette citation au complet. Puis, tu eus un sourire amer. Souvenir, huh ? Dans ta tête se joua un instant l’intro de « Les yeux ouverts ». Des souvenirs, comme c’est beau, comme c’est nostalgique, comme c’est triste et comme tu en as peu. Il était très « wild », lui, Sacha ou Aleks ? Un peu comme une bête que l’on peut dresser, un désir fou d’être, de vivre. Il s’adossa contre le mur, il semblait plus grand, tellement plus grand que toi, plus âgé que toi. Il continua, il t’expliqua pour son tatouage, et avec les yeux d’un enfant tu le regardais. Admirable n’est ce pas ? C’était tout ce que tu n’arrivais pas à être. Alors, c’est ça ce qu’on appelle être un homme ? C’était peau, toi, petite bête faite de regret et rongée par le remord, tu le regardais comme enfant, tu regardais le feu dans les cheminées. Ce qu’il disait, c’était beau, pour toi, c’était utopique, c’était tout. C’était la pièce qui manquait pour finir un puzzle. Tu n’as jamais été doué pour ton jeu préféré. Il t’expliqua comment il a pu se faire cette blessure, raison que tu trouvais assez pathétique en soi.

    Il sourit ensuite, d’un air amusé ou quelque chose qui y ressemblait. Tu évitais de trop le regarder, sa présence était un peu intimidante, mais agréable. Il était assez imposant, preuve, tu ne voyais déjà plus les barreaux. Et pour une énième fois, sa voix fendit le silence ;

    « D'ailleurs, vu l'origine de la blessure, j'ai pas envie d'aller à l'infirmerie. Si j'arrive à avoir le désinfectant et les bandages, tu voudras bien encore t'occuper de mon épaule? »


    Encore une fois, tu ne pus cacher ta surprise. Et encore une fois, tu te sentais petit. Un sentiment de satisfaction te parcourût. Mais ton regard disait « Pourquoi » ? Question que tu ne posas pas. Tu te contentais d’un hochement de tête, et d’une voix assurée, tout en soutenant le bleu de son regard tu répondis ;

    « Je l’accepte, Sacha. Mais à une petite condition. »


    Ton regard devint fuyard d’un coup. Son prénom ressemblait à un chuchotement, sorti de ta bouche. Tu pris une brève inspiration, puis, avec maladresse reprit ;

    « Et, aussi. Je..ne trouve pas toi, effrayant. Mais, cette haine qu’il y’a dans ton regard…Elle m’aspire, elle semble si intense, c’est fou. Cette haine me fait peur, et on n’a peur que de ce qu’on ne connait pas. De ma vie je n’ai jamais haï quelqu’un, même si j’ai de très bonnes raisons pour le faire. Et de ma vie, je n’ai jamais aimé quelqu’un. Je ne crois pas avoir éprouvé de forts sentiments. Je pense que..Les gens qui haïssent beaucoup, sont des gens qui autrefois ont beaucoup aimés. Je t’envie, pour cette haine que tu as dans le regard. Même si elle m’effraie je suis pris par cette. ..Curiosité morbide. Cette envie de plonger dedans tout en sachant que je ferais naufrage. Cette haine, je la désire. »


    Tu avais cet air abattu collé au visage et tu disais ces mots d’un air si hésitant. Si peu sûr de toi, tu hésitais à continuer, mais finalement, tu le dis, tu le fis parce que le mal était déjà fait ;

    « Les gens comme toi, je les envie. Ma vie a été parcourue par un putain de sentiment d’envie. La raison pourquoi j’ai cette demi citation au dos…C’est..un espoir. Bien que vain. J’ai mené une vie terrible, creuse, vide. Je regrette les conneries que j’ai pu commettre, mon entrée à cet endroit. En entrant ici je me suis enterré vivant. Cette prison est ma putain de tombe. Je mourrai en vain, comme un chien dans ma cellule. Quelle fin pathétique. »


    Ton expression était partagée entre sourire amer et yeux larmoyants. Maintenant c’était à ton tour de t’asseoir, un peu en face dans un coin de la pièce vide. Les cheveux dans les yeux et le souffle manquant. Tu rassemblais ce que tu avais de dignités, pour continuer d’une voix tremblante ;

    « Ma condition..C’était que…Tu cesses de m’appeler « Blue boy » ! Putain que je déteste cette couleur ! Je ne veux plus être bleu…Le bleu c’est cette putain de couleur que tout le monde aime. Je pensais qu’en me teignant les cheveux de cette couleur, on me remarquera peut être plus que…Qu’on m’aimera peut être. Cette couleur tellement ordinaire, cette couleur glaciale. Le bleu c’est le vide, c’est le déjà vu, c’est ce que tout le monde veut que tu sois. C’est la peur…Mon passé est teinté de cette couleur. Un mélange boueux de bleu et de gris, un passé fait de trous. Je n’en suis pas fier, je dois être un peu…étrange mais. Oui, finalement je suis peut être bleu, vide, creux, ordinaire. Je n’ai jamais été quelqu’un de spécial, de spécialement intelligent ou autre. Ma vie, si j’ose dire, est ennuyeuse à en crever, dans ma tête c’est bruyant, ça me donne envie de gerber. Je n’ai jamais connu cette...Passion, ce quelque chose de…Brûlant, d’excitant. Alors, j’essaie de garder espoir en me disant que, peut-être, mon futur aura une autre couleur que celle-ci. »


    Tu te relevais, soupirant, franchement, qu’est ce qui t’avais pris de lui raconter ça. Ta tête te faisait affreusement mal, tu avais trop parlé. Tu te passais une main dans tes cheveux, puis ajoutai, culpabilisant ;

    « Oublie ce que je viens de dire. C’est pitoyable. »

    Tu avais enfin compris le sens de cette phrase, lue au hasard dans le livre de chevet de ta mère.
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MessageSujet: Re: D comme Douche, Déprime, Draco Strand Dim 17 Aoû - 4:42

Étrange scène que celle que nous devions donner. Deux inconnus dans les douches sordides d'une prison qui peut l'être tout autant. Moi tranquillement installé contre le mur, lui en train de me vider son sac. Combien de temps avait-il gardé tout ça pour lui? L'avait-il déjà dit à quelqu'un? Ou peut-être faisait-il le coup à chaque personne qui s'intéressait un minimum à lui, pour ce que j'en savais.
Je ne l'interrompis pas, le regardant s'abîmer petit à petit dans sa détresse, un peu comme on regarde un animal exotique. Je n'avais que rarement assisté à ce genre de spectacle. De là où je viens, c'était signe de faiblesse. Moi-même, cela m'agaçait prodigieusement. Mais là c'était si sincère, je sentais que ça venait du plus profond de lui. Et voir ce gars que je connaissais à peine mettre son âme à nu devant moi me... troublais. Je ne savais pas comment réagir et je n'aimais pas çà. Oui, il avait raison, il était pitoyable, mais aussi pathétique. Et comme je venais de lui expliquer, je n'étais pas fait pour l'oubli.

C'est avec ce trouble au tripes que je m'avançais vers lui, sans me presser. Quant il se releva, j'étais à un pas de lui. Je posais mes mains sur les deux murs, le bloquant dans son coin. Pour qu'il n'est pas d'échappatoire. Aux yeux félins, il n'y avaient jamais eu d'échappatoire.
Ainsi donc, il m'enviait. On m'avait déjà détesté et aimé, méprisé et supplié, mais envié, non, je ne pense pas. Je ne sais pas si je devais en rire ou le frapper. A la place, un sourire tordit mon visage, un sourire un peu givré que mes hommes avaient appris à craindre. Ma voix rauque était chargée d'une ironie acide et mes yeux encore plongés dans les siens.

Oh yeah Blue Boy, ma vie a été excitante. Brûlante même. Et t'as vu où ça m'a mené? Au même endroit que toi. Les mains tâchées de sang en plus et l'espoir de rédemption en moins. Comment je le savais? Je savais reconnaître mes pairs et lui, indéniablement, il n'en faisait pas parti. Mon ton se faisait agressif, allez savoir pourquoi, il m'avait énervé. T'as raison, j'ai la haine. Contre les enfoirés qui m'ont envoyé ici, contre les autres connards qui s'y retrouvent coincés, contre les salauds qui me garderont ici jusqu'à ce que je claque. Putain oui, je vous crèverais tous et j'irais me saouler sur vos tombes et baiser parmi vos cendres. Toujours souriant, je me fis plus malicieux, d'une malcie malsaine, plaçant mon visage à quelques centimètres du sien. Je pouvais sentir son souffle sur mes lèvres. Tu veux goûter à la haine? Et si je te frappais jusqu'à ce que mes jointures éclatent, si je te tirais dessus, si je t'insultais pire que la plus misérable des merdes, si je te cramais la moitié de ta belle gueule, tu crois qu'enfin tu la ressentirais enfin, cette émotion si forte que tu désires tant? Ou alors, tu pourrais arrêter de geindre et te bouger le cul pour être à la hauteur de ton tatouage.

Voilà ce qui l'avait foutu en rogne chez BB. Il se plaignait de son existence, mais il ne donnait pas vraiment l'impression d'avoir fait beaucoup d'efforts pour la changer. Et après il arrivait la bouche en coeur pour me sortir qu'il m'enviait, en s'branlant royalement de ce que ça m'avait coûté la vie que moi je menais. J'inspirai un grand coup et je continuai plus calme.

Tu sais, je n'ai jamais aimé quelqu'un. Du moins, pas dans le sens où tu sembles l'entendre. Je crois bien que j'en suis incapable. Par contre, aussi loin que je m'en souviens, j'ai toujours eu la rage. La haine, elle, m'est tombée dessus ici. Car moi, j'refuse de crever comme un chien dans ma cellule. Enfin bref... Ma bouche vint lui chuchoter dans le creux de son oreille.

I accept your condition, Drako.

Son prénom, je le susurrai à la russe. Il était plus mélodieux ainsi.
Je reculai de quelques pas pour le libérer, enlevant mon chapelet. Si un gardien le voyait, je doute qu'il me le laisse. Je le glissai dans une de mes rangers, dont je venais encore une fois de prouver que leur imperméabilité n'était pas à remettre en question. Bien, passons maintenant aux détails pratiques, l'affaire étant entendue. Pour le meilleur et le pire.

Passe demain à la cellule 114. Dans l'après-midi.

Cela me laissait le temps d'avoir le matériel et de convaincre Akihito de ne pas se pointer. Ah et de me renseigner sur Blue Boy. J'allai avoir un après-midi chargé. J'avais retrouvé mon self-contrôle, pas de cris ou de menaces donc, mais on entendait que cet ordre ne souffrirait aucune contradiction. Je n'avais pas perdu cette habitude de m'adresser aux autres comme si j'étais toujours le chef. Toujours aussi impérieux, on ne me changera pas.
Passant mes mains dans mes cheveux aplatis par l'eau, afin de leur donner un peu de volume et de les repositionner sur ma cicatrice, je continuai sur le ton de la conversation, comme si je ne venais de le menacer, de me défouler sur lui.

J'aime le bleu. Le bleu, la couleur du ciel et de la mer, de la Svyataya Mariya et de l'absolu. Il m'apaise. Et dans cet endroit où le ciel nous apparaît derrière des barreaux ou entre quatre murs, il me donne espoir. Après une courte pause, je conclus. Blue is the color of Freedom.

Okay, ça m'embête d'être comme tout le monde sur ce coup là. Mais le bleu n'était pas ordinaire. Sans lui, le rouge n'avait pas de raison d'être. Car le bleu était la vie dans toute sa sérénité et le rouge la vie dans toute sa rage. S'il ne devait rester que deux couleurs sur Terre, que ce soit celles-là.



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MessageSujet: Re: D comme Douche, Déprime, Draco Strand Dim 17 Aoû - 9:29

  • Tes poings se serraient jusqu’à ce que tes ongles violent la chair de tes mains. Le léger picotement et l’odeur métallique ne te dérangeaient pas autant, ne te blessaient pas autant que ces mots rythmés, balancés à l’improviste dans les douches d’une prison au milieu de nulle part. Tu te répétais qu’il ne comprenait pas, qu’il ne comprenait rien à toi, à comment tu étais, à comment tu fonctionnais. De toute façon, personne ne l’a jamais compris, certainement pas un taulard croisé l’espace de quelques dizaines de minutes. Du mépris, du mépris, du mépris. Son regard t’arrachait les paupières, te brûlais la peau, son regard était si intense, tellement expressif mais jamais assez. Son regard t’effrayait, te fascinais, t’emprisonnait. « J’ai honte, j’ai honte, j’ai honte » c’est ce que tu te répétais en boucle, dans ta tête. Tu avais tellement honte que tu voulais mourir à ce moment même. Ne plus faire qu’un avec ce mur contre lequel tu te collais davantage, te faisant encore plus petit. Bordel ce qu’il était imposant, bordel ce qu’il était absurde. Ce mec était tout à fait ton contraire. Un de ces gars à l’orgueil surdimensionné et à l’ego trop développé. S’il s’avait combien de gens avaient marchés sur le tien. S’il s’avait à quel point tu te laissais faire, tu te laissais aller. S’il savait à quel point tu y prenais plaisir, il te trouverait sûrement hideux. Un peu plus pathétique que tu ne l’étais déjà. Mais ce n’est pas grave, rien n’est jamais grave, Draco. Tes doigts ont déjà cessé de chercher à frôler l’impossible. Ton échine, trop fragile, a cédé sous le poids de ton pessimisme. Alors que tes paupières fatiguées se sont abaissées à jamais. Et là…
    .
    .
    .
    CLAC.


    Un « clac » sonore. Un peu comme le bruit d’une goutte d’eau qui s’échappe du robinet. Un son brusque, qui, ayant l’effet d’une gifle en pleine figure, t’arrache les paupières. T’oblige à regarder droit devant toi, t’enlève ce luxe paresseux de fermer les yeux sur ce qui t’entoure. T’ôte de force et encore une fois le choix de la facilité. Celui auquel tu t’entichais de toutes tes forces, avec grande maladresse. Tu en avais besoin, autant que ça te blessait, autant que ça te rendait mal. Il était près, trop prêt à ton goût, et tu lui offrais ton âme sur un plateau d’argent, si facilement. La facilité, ça te connais, voilà ce que t’es. Un putain d’homme facile. Un être dépendant, un petit animal qui remue la queue et qui ne demande qu’à être caressé et aimé en retour. Il était près, près, près, il pourrait même sentir ton cœur s’affoler, tu crus pendant un instant, que peut-être il pourrait les sentir, les entendre. Car ce bruit assourdissant te déchirait les tympans t’empêcher de réfléchir à quoique ce soit. Tes sourcils étaient légèrement froncés, et ses yeux dans les tiens te déstabilisaient. Une énième fois.

    « Ne me regarde pas, ne me regarde pas, ne me regarde pas. »

    Parce que si tu le fais, je vais….
    Tu vas quoi ? Quoi au juste Draco ? Tu ne le sais pas ? Fais un petit effort, tu le sais très bien, très très bien même. « Ne souris pas comme si je n’étais qu’un chewing gum retrouvé sous ta chaussure, ne souris pas comme si je n’étais qu’un rat. » Tu te sentais un peu plus dégouté de toi-même. De ce que tu es, ce que tu es devenu, ce que tu as toujours été. Tu avais bon avoir des yeux, de très beaux jolis yeux bleus, tu ne pouvais pas voir. Mais là, tu sentais. Tu te sentais pathétique, tu sentais son odeur sur toi. Sa voix profonde qui pénétrait ton esprit, facilement. Encore une fois, « facile ». Là est le problème. C’est peut être ici la clé, Draco, es-tu assez sage, assez grand pour pouvoir la saisir ?

    La réponse est non.


    Vite, un échappatoire. Mais rien, rien. Tu étais obligé à le regarder. Assez, assez, j’en ai assez entendu ! Tu la sentais, tu sentais la haine dans ses paroles, elle était si intense, si belle. Il était proche, très, et ça devenait dangereux. Son visage si près du tien, ces mots qu’il te balançait avec insouciance, tu voulais crier que tout ça était faux. Ton visage blêmit et tu ne pus te retenir de te mordre la lèvre inférieure.

    Un chuchotement dans le creux de ton oreille, te fit frémir, te fit frémir. Suivi d’un ordre que tu craignais tant. Encore du bleu, encore cette maudite couleur, encore, encore encore !

    « Assez ! J’en ai marre de ces histoires de bleu…Que…Tu fasses comme si tu me connaissais, comme si lire à travers mon regard était si facile. »


    Cette fois c’était toi qui le regardais, d’un regard faussement assuré. Ta peur était bleue. Tu ne savais pas quoi dire, ni quoi penser.

    « Tu ne sais pas ce que j’ai fait ! Qui je suis, comment j’ai vécu. Tu ne peux pas comprendre. T’es trop égocentrique pour ça. Tu ne sais pas combien de fois j’ai essayé. A quel point c’est dur de se voir devenir le type de loques que je méprise le plus sur terre, tu ne sais pas. »


    Ta voix tremblante contrastait avec les mots durs que tu prononçais. Tu ne te croyais pas capable, tu ne t’es jamais cru capable. Tu levais la lame devant tes yeux. Cette lâme encore recouverte de son sang. Tu baissas les yeux, caressant doucement le dessous de ton poignet du bout du métal, l’air presque serin, tu repris ;

    « La douleur ne m’effraie pas. Mon corps s’est habitué à elle, tellement qu’elle fait partie de moi. Je n’ai pas peur du feu quitte à me brûler les doigts. J’ai juste besoin de lumière, une lumière assez forte pour pouvoir m’absorber. Je n’ai pas peur de mourir, mais certainement pas comme ça.»

    Le sang coulait doucement de la plaie peu profonde. D’une jolie couleur rouge bordeaux. Tu portais celui-ci à tes lèvres léchant le sang y coulant, tes yeux plantés dans les siens. Le goût métallique était fort dérangeant. Se répandait dans ta gorge et te donnait envie de gerber. Tu pris soin ensuite de planquer le bout de métal en dessous de ta ceinture.

    «La haine…La passion…La colère…
    Le courage, c’est une arme à double tranchant. »


    Tu fis quelque vers la porte, enfilant ton T shirt et passant une main dans tes cheveux si bleus. D’une voix fragile et presque inaudible tu ajoutais ;

    « Je viendrai. »


    Ayant franchi le seuil de la porte, tu déposas ta main contre le cadre de celle-ci, retournant la tête au-dessus de ton épaule.

    « Good luck to find your beloved blue or…Should I say…Nipuka nipera ? “


    Tu eus un rire qui raisonna pendant un petit moment. Puis, qui cessa d’un coup, comme s’il n’avait jamais existé. Tu étais parti, rejoindre de nouveau ta cellule. Comme si rien n’avait eu lieu. Mais en sortant, les couloirs ne t’avaient jamais semblés aussi longs à traverser, ni les murs aussi gris à en crever.
    Ps:
     
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D comme Douche, Déprime, Draco Strand

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